BULLETINS DES TRAVAUX DE LA SOCIETE MURITHIEWE DU ¥J^LAIS ANNÉES 1877 & 1878 PUBLIÉS SOUS LA DIRECTION DE MM. Wolf, président, à Sion ; Favrat, vice-prcsideiit, à Lausanne D' Morthier, professcnr, à Ncuchâtel. Vlh ET VIII' FASCICULES LAUSANNE IMPRIMERIE GEORGES BRIDEL 1879 BULLETINS DES TRAVAUX DE LA r f' SOCIETE MURITHIENNE DU ¥iLLAIS ANNÉES 1877 & 1878 PUBLIÉS SOUS LA DIRECTION DE MM. Wolf, président, à Sion ; FaYrat, vice-président, à Lausanne D'' Morthier, professeur, à Nenchâtel. Vlh ET Vlll*^ FASCICULES JUBXAML LAUSANNE IMPRIMERIE GEORGES BRIDEL 1879 PROCÈS -VERBAL de la séance du 16 août 1877, à Lavey-les-Bains. Le 16 août 1877, la Société murithienne, suivant décision prise à Martigny, tenait sa séance annuelle à Lavey-les- Bains. Les membres qui avaient répondu à l'appel du comité trouvèrent une bienveillante réception à l'hôtel des Bains, où M. Pasche mit un élégant salon à leur disposition. La séance commença à dix heures. M. le professeur Wolf, président, ouvrit la session par une allocution, où, com- mentant succintement l'activité de la Société, il constata, malgré les embarras financiers, un progrès continuel, une augmentation sensible du nombre des membres et l'exten- sion croissante de l'échange des communications scientifi- ques. M. le professeur Roux, de Nyon, présente ensuite à l'as- semblée un échantillon complet cVAsclepias syriaca, et il expose les propriétés et qualités de cette plante au point de vue de l'industrie et de l'apiculture. (Voir aux mémoires.) M. Jules Emonnet, de Marligny, lit une biographie de M. le chanoine G. Delasoie. Le ton ému, les paroles élo- quentes de M. Emonnet, ravivent chez tous les sociétaires le souvenir de la perte douloureuse que la Société vient d'éprouver dans la personne du savant chanoine, qui fut un de ses fondateurs, son président pendant longtemps et un de ses membres les plus zélés et les plus instruits. M. Favrat, de Lausanne, vice-président, lit une notice sur la vie et les mérites de M. le D'' Jean Muret, de Lausanne, _ 4 — juriste distingué et savant botaniste, une des gloires du canton de Vaud. L'assemblée, sur l'invitation de son président, se lève tout entière en signe de sa vénération pour la mémoire de ces deux pionniers des sciences naturelles. Viennent ensuite des communications botaniques de MM. Favrat, Wolf et Mermod. M. Favrat présente deux hybrides rares et nouveaux : 1" Le Saxifraga Aizoon-Co- tyledo7i, trouvé par lui sur Algabi, Simplon, le 18 juil- let 1877, et le jour précédent, à la descente du Simplon, par MM. Christ et WolL 2» Le Polenlilla Fragariastrum-micrantfia , qu'il a trouvé au Mont, sur Lausanne, en compagnie de M. Vetter. Il montre ensuite de beaux échantillons du Rosa vestita Godet var. lalifolia Godet, provenant du Bouveret, station unique, pour le Valais, de ce magnifique rosier. Il présente aussi le Capsella rubella Reul., qu'il a trouvé pour la première fois en Valais, au Bouveret, en juin 1877 (plante retrouvée abondamment en 1878, par M. Wolf, aux environs de Roche) ; puis le Galium Wirtgeni Fr. SchuUz, conslaté depuis cinq ou six ans dans le bassin du Léman et le Bas-Valais jusqu'à Sion. Il présente enfin un singulier Aster, trouvé par M. Wolf, sur des rochers calcaires, en-dessus de la route de Sion à Vex. Cette plante rappelle au premier abord VA. alpinus, mais elle en diffère par un port plus élancé, plus grêle, et surtout par ses fleurs presque bleues et non lilas ; on pour- rait croire un instant à un Aster Arnellus- Alpinus , mais la plante est toujours monocéphale et il n'y a pas d'AmeUiis dans la contrée. Pro memoria, et en attendant qu'il ait vu la plante vivante et sur place, M. Favrat l'a nommée Aster Wolfii. Dans la 3« édition de son Excursionsflora, M. Gremli a admis cette plante comme variété, et il la nomme Aster alpinus L., var. Wolfii Favrat. M. Wolf, qui continue d'explorer fructueusement les Alpes valaisannes, fait part à la société d'une superbe collée- — 5 — tion d'Hieracium rares ou intéressants récoltés par lui dans les Alpes de la vallée de Cogne en Piémont et au Galogne, près de Bovernier. Plusieurs des formes exposées sont cri- tiques et du plus haut intérêt. Nous citerons, entre autres : H. pallidiim Biv,, pag. 83 de l'Epicrisis g. H. de El. Fries. (Vallée de Cogne.) H. lanalellum Arvet-Touvet. (Vallée de Cogne.) (Arvet-T., Monographie des Pilosella et des Hieracium du Dauphiné, pag. 35.) H. pteropogon Arvet-Touvet, qui est une forme du H. lanatum Vill. (Vallée de Cogne.) Le lanatum Vill. ne se trouve pas en Valais. H. incisum Koch {subcœsmm Pries), très belle plante du pied du Catogne, près de Bovernier. M, Mermod, instituteur à Bex, a fait une découverte d'un grand intérêt, celle du Jimcussquarrosiis, sur l'alpage dlse- nau, Alpes vaudoises, plante dont l'unique station en Suisse était celle du Gotthard, vallée d'Urseren. M. Mermod pré- sente de nombreux échantillons de cette belle plante. Il est ensuite procédé aux élections bisannuelles. Au pre- mier tour de scrutin sont nommés : Président, MM. Wolf, professeur à Sion, Vice-président, Favrat, professeur à Lausanne. Secrétaire, Henzen, préfet des études à Sion. Caissier, Borel, Marc, pharmacien à Bex. Bibliothécaire, Muller, G., pharmacien à Sion. M. Taramarcaz, ancien caissier, a donné par lettre sa démis- sion, en rendant les comptes. La séance est levée et un mo- deste banquet rassemble les sociétaires dans un autre salon. Des toasts chaleureux terminent dignement la première par- tie de la fête. La majeure partie des membres se rendent ensuite à l'in- vitation de MM. les chanoines de Saint-Maurice, pour visiter l'abbaye et son précieux trésor. Une promenade à la grotte des Fées, une des curiosités naturelles des environs, est en- suite décidée, et la Société s'y rend en corps. — 6 — Le fond de la grotte, éclairé aux feux de Bengale, produit avec son lac et sa cascade l'effet le plus magique et le plus saisissant. L'aimable attention qui préside à cette promenade se re- trouve au sortir de la grotte, et la collation du départ est gracieusement offerte à MM. les botanistes par M. le préfet Chapelet. De bonnes paroles sont encore échangées, puis une partie des membres rentre dans ses foyers, tandis que l'autre se met en route pour une excursion botanique du côté de la dent de Mordes. (Voir aux mémoires.) Zermatt, au pied du mont Cervin, a été désigné comme lieu oe réunion pour 1878. Ont été reçus membres de la Société à la réunion de Lavey : MM. D'" GiTz, Viège, Valais. D"" Christ, Hermann, Bàle. D-- Alioth, S., Bâle, t 1878. Schneider, Ferdinand, pharm., Bâie, Rév. chanoine Carron, Cam., prof, au Grand Saint- Bernard. Chenevard, Paul, à Genève. ScHMiDELY, A., naturaliste à Genève. Walther, pasteur à Aubonne. Sandoz, pharm. à Aigle. Rey, instituteur à Vevey. Anex, Phil., inst. à Gryon. Mayor, h., stud, théol. à Lausanne, Roux, Félix, inst. à Sainte-Croix. Vetter, inst. au collège d'Aubonne. D"" en philosophie Gottfried Haller, de Berne. Outre MM. Delasoie et Muret, la Société a aussi perdu, en 1876, M. le D*" Dixon, un de ses membres les plus assidus. DIX -HUITIÈME RÉUNION DE LA SOCIÉTÉ MliRITHIEPil DE BOTANIDllE DU VALAIS à Zermatt, vallée de Viège, les 23, 24, 25 et 26 juillet 1878. L'assemblée générale a lieu le 23 juillet, à 2 heures, en plein air^près de l'hôtel du RifFel. Présidence de M. Wolf, professeur, président. Membres présents : MM. Favrat, professeur, vice-président, Lausanne. BoREL, Marc, pharmacien, caissier, Bex. MuLLER, pharmacien, conservateur de l'herbier, Sion. Thomas, Jean-Louis, naturaliste, Bex. Daval, inspecteur forestier cantonal, Vevey. D"" MoRTHiER, professeur, Neuchâtel. Bertrand, Edouard, Genève. Jaccard, instituteur, Aigle. Barberini, Edouard, Sion. DuFLON, inspecteur des écoles, Villeneuve. Vetter, instituteur, Aubonne. Tripet, Fritz, instituteur, Neuchâtel. Martin, Charles, Genève. Rév. J. C. W. Taskers, Glarens. D-- H. Ghrist, Bâle. F. Paillard, notaire à Bex. Ce dernier remplit les fonctions de secrétaire ad hoc. — 8 — M. le président souhaite la bienvenue aux sociétaires qui ont répondu à l'appel du comité en venant assister à la réu- nion de Zermatt. La parole est accordée à M. Borel, caissier, pour donner connaissance des comptes de l'exercice de 1877. Les recettes se sont élevées à Fr. 1042 30 Les dépenses à » 893 20 Excédent des recettes sur les dépenses Fr. 149 10 L'assemblée décide de déposer ce solde à la caisse ouvrière de Bex. Le résultat heureux et inattendu de l'exercice de 1877 est dû, d'une part à la souscription ouverte par le comité et fa- vorablement accueillie par les sociétaires, dont les dons se sont élevés à la somme de 284 fr. ; et d'autre part à la géné- rosité de l'Etat du Valais, qui a fait à la société une alloca- tion de 250 fr.jCe qui a permis de boucler les comptes sans déflcit, malgré les charges qu'a fait peser sur la caisse l'im- pression des fascicules 5 et 6, augmentés de la Flore du Simplon. M. Borel donne lecture de quelques lettres de sympathie, qu'il a reçues à l'occasion de la souscription. L'assemblée vote à l'unanimité de sincères remerciements au conseil d'Etat du Valais, pour l'appui bienveillant qu'il a donné à la société, ainsi qu'à M. Borel, pour son activité et ses soins dévoués. — Le comité est chargé de communi- quer au conseil d'Etat du Valair^ le vote qui le concerne. Sont annoncés comme démissionnaires : MM. Béranger, père, Lausanne. Blanchet, Charles, Montagny (Vaud). BlOLEY. Contât, François, Monthey (Valais). Mermod, ancien instituteur, Sépey (Vaud). M"!*' Muller-Conus. Ont refusé de payer leur cotisation et sont considérés comme démissionnaires : - 9 — MM, Spiess, pharmacien à Porrentruy (Berne). Franc, pharmacien à Monthey (Valais). Bader, pharmacien à Genève. L'assemblée décide de nommer un comité de rédaction composé de trois membres. Ce comité aura pour mission de veiller à la composition du bulletin et d'en soigner la publication. Sont nommés par acclamation membres de ce comité Messieurs Wolf, président; Favrat, vice-président; doc- teur MoRTHiER. Ensuite de la proposition de M. Muller, conservateur, il est accordé un crédit de 30 francs pour entretien de la bibliothèque et correspondance de l'année courante. M. Vetter annonce qu'il a découvert à Aubonne un hy- bride entre le Capsella Bursa pasloris et le C. rubella. M. Jaccard annonce qu'il a trouvé le Malaxis Lœselii Sw, à Barges près Vouvry (Valais). M. BoREL propose que le comité de rédaction soit chargé d'étudier la question de la publication d'une nouvelle Flore du Valais. M. Tripet estime que pour le cas où la proposition de M. BoREL serait adoptée , il faudrait se borner à publier un simple catalogue avec indication des localités. M. Vetter se joint à cette dernière proposition ; seule- ment il propose d'ajouter , comme dans le catalogue de Reuter, quelques notes sur les plantes critiques. Sur la proposition de M. Morthier, l'assemblée décide le renvoi pur et simple de la question au comité de rédaction, qui fera rapport à la prochaine réunion. Il est entendu que le comité fera appel aux membres, pour renseignements sur les plantes et localités. Sont reçus à l'unanimité membres actifs: MM. Tripet, Fritz, instituteur, Neuchâtel. Schnetzler, professeur, Lausanne. Chavannes, Sylvius, inspecteur des collèges commu- naux, Lausanne. - 10 — Martin, Charles, Genève. CoRTHÉSY, Félix, instituteur, Bex. Rév. J. C. W. Taskers, Clarens. Dr ScHACHT, Sierre. La ville de Sion est choisie comme siège de la réunion de 1879. Si le temps le permet, il sera organisé une excur- sion dans la vallée d'Hérens. M. le président clôture l'assemblée en remerciant les membres présents, qui tous sont venus de loin à la réunion. L'assemblée se disperse ensuite de côté et d'autre , sous la direction des chefs d'excursions , pour explorer les envi- rons de l'hôtel du Rifîel, si riches en plantes rares et en vues splendides sur le mont Rose, le mont Cervin, le Weiss- horn, et leur cortège de glaciers. Pour le compte rendu des excursions, voir aux mémoires. Le secrétaire ad hoc : F. Paillard. NOTICE BIOGRAPHIQUE SUR LE CHANOINE GASPARD DELASOIE CURÉ DE BOVERNIER PAR JULES EMONNET ÉTUDIANT EN DROIT, A MARTIGNY- BOURG ' Messieurs, Invité par notre président M. Wolf à donner une notice nécrologique sur le chanoine Delasoie, je reculai d'abord devant cette tâche aussi difficile que nouvelle pour moi. Mais , considérant que le principe fondamental de toute société est l'aide mutuelle, que chacun de ses membres doit concourir au but commun dans la mesure de ses forces et selon les moyens dont il dispose, je revins de ma première détermination, et me décidai enfin à acquiescer au désir de notre président, en premier lieu, pour faire preuve de ma bonne volonté, ensuite, pour céder à un sentiment de pro- fonde gratitude envers ce vaillant et illustre promoteur de la science, qui a bien voulu m'honorer de son amitié et à qui je dois le plaisir de me trouver en ce moment au mi- lieu de vous. C'est à ce double titre que j'entreprends cette notice. Gaspard Delasoie est né à Sembrancher le 30 juillet 1818. Doué de précieuses qualités et de grands talents, il manifesta de bonne heure un goût très prononcé pour tout ce qui a — 12 — trait à la science. Après avoir commencé ses études dans son lieu natal, il alla les terminer à l'abbaye de Saint-Maurice où il obtint des places distinguées. Cette maison était pour notre canton, alors comme aujourd'hui, le rendez-vous des jeunes gens avides de puiser à ce foyer de la science une éducation sérieuse et une solide instruction. Les premières années du jeune étudiant s'écoulèrent paisiblement dans la soumission et le travail. L'amour de l'étude s'alliait chez lui à la gaieté la plus expansive : il était afïable, d'un caractère franc et ouvert, d'une humeur joyeuse et prévenante; aussi sut-il s'acquérir toutes les sympathies. Elevé dès sa plus tendre enfance dans la pratique de la piété, la vocation du jeune Delasoie n'était pas douteuse. C'est vers l'âge de vingt ans qu'il manifesta ouvertement l'intention de se vouer au service du Seigneur et de s'ense- velir dans la retraite dans cet antique et célèbre hospice, sublime monument placé par la religion sur le chemin de l'humanité en péril. Il entra le 13 septembre 1838 dans la congrégation des chanoines réguliers du Grand-Saint- Bernard, à laquelle il s'attacha irrévocablement. C'est avec la plus courageuse résolution qu'il va grossir les rangs de ces victimes du dévouement et du sacrifice, d'è ces anges tutélaires de la faiblesse humaine, isolés sur ces rochers escarpés, loin de toute vie, de toute végétation, seuls au milieu des ruines dans le fracas de la lempêle. Il n'hésite pas à se retirer dans cette lugubre solitude qu'on pourrait appeler le chaos du monde et qui serait mortelle à toute existence humaine, si l'esprit de Dieu n'y résidait pas. A l'instar de ses devanciers qui, depuis Muriih, ont pour la plupart occupé un rang distingué dans les annales des sciences naturelles en Valais, le chanoine Delasoie, déjà à cette époque, considérait la botanique comme son délasse- ment favori ; aussi lui consacrait-il ses rares moments de loisir. Les sommités voisines étaient souvent le but de ses excursions et les pics les plus dangereusement escarpés ont été témoins de ses courses alpestres. Aussi le soir le voyait- — 13 — on rentrer à l'hospice, non comme le chasseur teint du sang de sa victime, mais le cœur content et sa boîte garnie d'un butin plus précieux. Mais sa vie, déjà bien restreinte dans l'intérieur du couvent, va désormais se mouvoir dans un cercle plus étroit encore. Son activité et son intelligence ayant attiré sur lui l'attention de ses supérieurs, il occupe le poste d'économe avec charge de la réception des voyageurs, du mois d'août 1845 au mois de novembre 1848. Ce poste honorable, mais harassant, lui fait lier connaissance avec maintes notabilités scientifiques ou autres avec lesquelles il fut plus tard en relation. Pour- tant voilà plus de dix ans que M. Delasoie vit dans celte at- mosphère glacée à 2473 mètres au-dessus du niveau de la mer. Puisse-t-il bientôt respirer un air plus salubre et plus tempéré! C'est ce qui advient. En novembre 1848, il est nommé chapelain et professeur à Sembrancher. Là nous le voyons prêtre fervent, pasteur zélé, patriote éclairé, professeur dévoué, prenant part aux récréations de ses élèves, s'associant à leurs jeux et à leurs joyeuses évolu- tions. C'est ici, d'autre part, que se montre dans tout son jour sa réputation de botaniste. Déjà son nom a franchi les fron- tières valaisannes, déjà cet infatigable touriste a vu ses honorables efforts couronnés de succès. C'est pourquoi , en savant désintéressé , il sent le besoin de communiquer le résultat de ses recherches et le fruit de ses travaux. Le 21 août 1861 la « Société helvétique des sciences naturelles » le reçoit dans son sein. Le 13 novembre de la même année nous le voyons à Saint-Maurice membre fondateur de la « Société Murithienne. » à la vice-présidence de laquelle il est appelé dès la première séance. Le 22 mai 1862, il est reçu membre de la « Société d'histoire de la Suisse romande. » — L'histoire, cette école des mœurs et de la politique, comme chez tout homme de cœur, exaltait son âme d'un noble en- thousiasme. Comme membre de la Murithienne, son action a été im- mense et prépondérante. Il fut constamment fidèle à toutes — 14 — les réunions, qu'il orna des richesses de son esprit et de ses remarquables talents. Son prennier soin est de donner, dans le but d'indiquer l'altitude et la situation des plantes, un tableau lixant la hau- teur en mètres de plus de 400 stations, à partir du Léman aux plus hautes cimes du pays ; ensuite, il présente un cata- logue des //î'erada croissant spontanément dans notre flore, par où il nous montre combien la science avait progressé depuis Murith, dont le Guide du botaniste portait le nom- bre des Hieracia à 33 et lui à près de 60. Ce sont depuis, dans chaque réunion, des communications scientifiques du plus haut intérêt, qui toutes font honneur à son travail et à son esprit investigateur. Tantôt il nous exhibe des échantil- lons de plantes rares, telles que VAndrosace imbricala , le Polentilla inclinata, etc. , tantôt des plantes nouvelles pour notre Flore, telles que le Saxifraga Murithiana, le Hieracium Miirithianium , le Hieracium corymbosum , le Sempervivum Delasoiei, le Rosa Delasoiei, \e Roua Boverneriana, etc., toutes cueillies par lui jusque sur les escarpements des rochers et inconnues même pour la Suisse. Nous lui devons, de plus, de riches collections de roses, dont une ci-haut nommée porte son nom, un catalogue complet des arbres et arbustes du Valais, un autre catalogue détaillé de 150 plantes les plus rares de notre flore et enlai bien d'autres travaux analogues. Les excursions alpestres étaient, je l'ai dit, une des nobles passions de M. Delasoie. En véritable observateur de la na- ture , toujours il en tirait d'importantes conséquences pour la science. Tl en rend compte avec un charme attrayant. Ces nombreux rapports tous imprimés dans les bulletins, par- semés de saillies, ont été accueillis avec de vives marques d'approbation ; c'est que l'écrivain sait conduire le lecteur à travers forêts et prairies tout en folâtrant et l'instruisant des curiosités du sol. N'oublions pas non plus ses importants mémoires roulant l'un sur le Gui, ce parasite si vénéré chez les druides, l'au- - 15 — tre sur les Fougères , où il entre dans d'utiles et minutieu- ses recherches sur ces cotylédones cryptogames, dont il décrit les qualités et le mode de propagation , un troisième sur les Semperviva , extrait de sa correspondance avec le regretté D' Lagger. Ce genre difficile, dont il a recherché toutes les formes différentes, a par ses soins notamment enrichi la flore valaisanne. Une de ces espèces porte son nom et rend hommage à son mérite dans nos ouvrages scientifiques. Jusqu'ici M. Delasoie a constamment conservé son poste de vice-président de la société, dès le 13 novembre 1861. Dans la huitième séance , tenue à Aigle le 15 septembre 1868, il en est nommé président en remplacement de M. Tissières décédé. Ce poste d'honneur donne libre cairière aux res- sorts de son éloquence, car l'art de bien dire lui est familier. Son discours d'ouverture de la réunion d'Aigle témoigne de ses vastes talents oratoires. Ce discours magnifique, inséré aux bulletins (deuxième fascicule) , auxquels nous ne sau- rions faire mieux que de renvoyer ceux qui seraient désireux d'avoir une juste idée de sa verve entraînante et de sa parole choisie, traite des diverses productions organiques et inor- ganiques du Valais. Il nous prouve qu'il s'est montré le digne successeur de M. Tissières. Remarquable aussi est son discours d'ouverture de la réunion de Sierre du 9 septembre 1869. Comme le précédent, conçu en termes poétiques, plein de nobles et patriotiques pensées, il nous manifeste clairement le but constant de ses dignes efforts : la propagation de la science en Valais. « Vous voyez, dit-il, toute l'importance qu'il y a à ce que notre société aille chaque année placer sa tente dans les diversen- droits du canton ; elle y porte le goût de l'étude, elle y laisse d'agréables souvenirs, elle réveille des intelligences en- dormies , en un mot, elle provoque une généreuse émula- tion. » L'orateur fait l'éloge de la botanique et en démontre les charmes. Mais ce n'était pas seulement la botanique qui occupait le savant chanoine, rien de ce qui touche à l'histoire naturelle — 16 — ne lui était étranger. La zoologie, la minéralogie, surtout la géologie faisaient partie de son programme. A cet égard, il nous a laissé une intéressante notice géologique du Valais, déterminant exactement les différents terrains (\m s'y ren- contrent en suivant les deux grandes chaînes de montagnes qui bordent la vallée. Cette étude jette une vive lueur sur la formation géologique du canton. M. Delasoie a écrit la biographie du chanoine Chavin, curé de Compesières (Genève), membre de la Murithienne. Il a recueilli un herbier contenant, en 1866 déjà, 3000 espèces ; considérablement enrichi jusqu'en 1876, il en compte aujourd'hui plus de 4000. En outre, il nous reste de lui des notes manuscrites pour un mémoire sur la botanique. Comme membre des sociétés « Helvétique des sciences naturelles » et « d'Histoire de la Suisse romande, » ses vastes connaissances le firent justement apprécier et furent toujours d'un grand poids dans leurs délibérations. La section Monte Rosa du Club alpin , dont il était mem- bre honoraire, avait en lui un aimable touriste et un orateur désopilant. UEclio des Alpes, N» 1 de l'année 1876, organe des sections romandes du Club alpin suisse, a reproduit sa charmante description de celte merveille encore inconnue jusqu'à ce jour : les Gorges du Durnand. Ces quelques lignes, que je regrette de ne pouvoir rappeler ici , donnent le véri- table cachet de son humoristique et élégante plume. Fidèle au but qu'il poursuit, il termine en indiquant aux natura- listes les richesses qu'ils peuvent rencontrer dans ces som- bres abîmes. Nous avons laissé M. Delasoie chapelain et professeur à Sembrancher pour le suivre comme membre des sociétés savantes. Reprenons le fil de sa biographie. M. Delasoie demeure à Sembrancher de novembre 1848 à septembre 1865 , époque à laquelle il est nommé curé de Bovernier. A tout autre, ce séjour dans unevallée resserrée, dans la gorge même d'Entremont, eût peut-être paru mono- tone, mais lui qui consacre tout son temps à Dieu et à la — 17 — science, l'ennui ne peut l'atteindre. Aimé et respecté de ses fidèles, vénéré des pauvres, pour lesquels les trésors de sa charité sont inépuisables, entouré de l'estime de tous, le brave curé a vécu onze ans dans ce village, heureux comme un père au milieu de ses enfants. Gravir le versant d'une colline, la boîte au dos , la pioche sur l'épaule, ou s'enfoncer dans l'épaisseur d'une forêt à la recherche d'une plante rare ; correspondre avec les natura- listes des divers cantons de la Suisse et même de l'étranger ; escalader montagnes et glaciers, sonder chaque roche, chaque caillou qui roule sous ses pieds, pour étudier les phénomènes de la formation du globe ; s'adonner à la culture de son jardin entourant le presbytère, scruter les merveilleux travaux des abeilles dont il fait une étude spéciale, tels sont les divertissements auxquels il sait courir en dehors des charges inhéi^entes au sacerdoce. Un autre jour , c'est le mont Chemin qui attire ses pas, Chemi7i où sont pittoresquement assis les gracieux , mais trop rares chalets de Martigny, à l'ombre desquels il aime à se prélasser. C'est là que, dimanches et fêtes, il vient célébrer les saints offices dans cette rustique chapelle , où il semble que le cœur s'épanche mieux, que l'âme s'élève avec plus d'ardeur au milieu des merveilles de la création. La musique, la plus noble expression du sentiment, il la cultive aussi avec bonheur, car il ne néglige rien de ce qui peut orner le cœur et l'esprit. Combien de touristes pour le Grand-Saint-Bernard se souviendront d'avoir trouvé un gîte ou un abri sous l'humble toit du charitable curé et d'avoir bercé leurs oreilles aux sons harmonieux de ses instruments. Sa porte est toujours ouverte, non seulement à la jeunesse de Martigny ou des environs avec laquelle il aime à se récréer, non seulement à l'indigent manquant de pain, mais aussi au voyageur exténué ou surpris par les éléments déchaînés. Cependant vers la fin de 1876 la santé de M. Delasoie dé- cline sensiblement. Il quitte sa paroisse pour se rendre à Martigny, où il endure les plus cruelles souffrances avec la 2 — 18 — résignation du véritable chrétien. Bientôt les ressources de la nnédecine sont impuissantes à conjurer le mal et Dieu le rappelle à lui le 27 février 1877, à l'âge de cinquante-huit ans. Ses obsèques ont eu lieu le l^r mars à Bovernier où il avait désiré être enseveli. Une foule compacte, accourue des diverses parties du canton , l'accompagna à sa dernière de- meure. Sa mort a été vivement ressentie par tous ceux qui l'ont connu. La congrégation du Grand-Saint-Bernard a perdu en lui un membre distingué, la société Murilhienne un savant infatigable, la patrie un bon citoyen. Modèle de tolérance, il avait su, tout en conservant digne- ment ses convictions, se faire les meilleurs amis des per- sonnes dont les idées étaient diamétralement opposées aux siennes. Sa cordialité avait gagné tous les cœurs. Heureux donc d'avoir emporté avec lui dans la tombe l'estime et la considération de tous ses confédérés, particulièrement de ses bons amis de Vaud. La presse suisse unanime exprima ses regrets par des paroles pleines d'éloges pour le défunt. Dors en paix dans ta couche funèbre, vaillant champion de 1-a science, digne continuateur desMurith, des Blanc, des Bion, des Tissières. Jouis du bonheur que le ciel t'a octroyé en retour de tes vertus. La patrie reconnaissante te bénit. Récemment encore, à la réunion de Martigny-Bourg,tubus à la santé des vétérans en encourageant la jeunesse à mar- cher sur leurs traces. Oui, cette jeunesse que tu aimais s'ap- pliquera à suivre leurs traces en te prenant pour guide, comme le phare lumineux qui devra la conduire au port. Dors en paix sur tes lauriers : ton souvenir ne périra point parmi nous. Ton exemple sera suivi et le Valais marchera en avant dans la voie du progrès scientifique. Martigny-Bourg, 2 juillet 1877. j^^^^ EmONNET. Le comité de rédaction croit devoir ajouter à cette intéressante notice qu'un des grands mérites botaniques de l'excellent chanoine, c'est sa dé- couverte du mont Clou, sur Bovernier, cotnme station botanique des plus riches, surtout (jour les Rosa et les Sempervivum. C'est là qu'il a trouvé entre autres ces deux rares et belles Montanœ : le Rosa longepedumulata et le /{. sanguisorbella. NOTICE BIOGRAPHIQUE SUR LE D' JEAN MURET, DE LAUSANNE Messieurs, Les lignes qui suivent ne sont point une étude complète sur la vie et les travaux de l'homme éminent dont nous dé- plorons la perte, il faudrait pour cela un volume, et c'est une simple notice que j'ai l'honneur de vous présenter. Au surplus, une foule de détails sur la vie et le caractère de notre regretté Jean Muret sont consignés dans les spiri- tuelles correspondances de M. le professeur Rambert pu- bliées dans la Gazette de Lausanne, les 1, 2 et 3 mai 1877. Ces trois lettres sont ce qui a paru de plus complet jusqu'à présent sur notre savant ami, et j'y renvoie ceux de nos so- ciétaires qui ne les connaîtraient pas; ils les liront avec le plus grand plaisir. Les articles de M. Rambert me parais- sent d'ailleurs un engagement pris de nous donner un jour le volume dont je parlais plus haut, et de faire ainsi pour Jean Muret ce que l'éminent professeur a si heureusement fait pour Alexandre Vinet. Je demeure donc dans le mo- deste cadre que je me suis tracé, et qui est plus en rapport avec celui de notre bulletin. Jean Muret naquit le 21 mars 1799. Son père, Jules Muret, avocat distingué, était alors membre du sénat helvé- tique et résidait à Lucerne; il devint plus tard conseiller d'Etat et landamman du canton de Vaud. C'est un des ma- — 20 — gistrats qui, avec Henri Monod et Auguste Pidou, ont le plus contribué à l'organisation du canton de Vaud, lors de son entrée dans la Confédération, en 1803. Destiné à la carrière du droit, le jeune Muret fit ses pre- mières études au collège et à l'académie de Lausanne, Il alla les poursuivre et les achever en Allemagne et à Paris. Dès qu'il eut obtenu son doctorat, il rentra à Lausanne, où il ne pratiqua pas longtemps, appelé qu'il fut de bonne heure aux fonctions de juge au tribunal de première instance, puis au tribunal d'appel, dont il fut l'un des membres les plus distingués. Il en fit partie jusqu'en 1845, où la révolution l'écarta. Mais le peuple ne tarda pas à lui rendre justice et il fut élu membre du Grand conseil. Dès lors, à chaque nou- velle législature, conservateurs et radicaux le portèrent à l'envi sur leurs listes, et il fut toujours l'un des premiers élus. C'est que, des deux côtés, on savait qu'on avait affaire à un homme droit, consciencieux et d'une fermeté de carac- tère à toute épreuve. Muret, en effet, ne coridamnait jamais une idée à priori et parce qu'elle venait du parti opposé, il la pesait et l'examinait, et dût-il déplaire à ses amis poli- tiques, il votait selon sa conscience el jamais selon le mot d'ordre. Il présida souvent le Grand conseil, et soit comme président, soit comme député, il contribua par sa parole nette et persuasive au développement et au progrès des in- stitutions et des lois. Muret n'était jamais verbeux et am- poulé, comme nombre d'avocats, « qui sont la plaie des assemblées délibérantes. » (C'est lui-même qui me le disait un jour.) Il se contentait d'aller droit au cœur de la ques- tion et de la résoudre par une argumentation serrée, à laquelle il était difficile d'échapper. Appelé à la constituante, lors de la révolution pacifique de 1861, Muret en fut élu président à une immense majo- rité. Son dernier acte officiel fut la proclamation qui porte sa signature et qui fut adressée au peuple pour lui recom- mander l'acceptation de la nouvelle constitution que cette constituante venait d'élaborer. Mais sa carrière de citoyen — il — n'était point close et il continua de s'intéresser vivement à toutes les questions publiques, politiques, sociales ou reli- gieuses, et dans tous ces donaaines il avait des idées larges, libérales, mais avecsagesse et prudence. Né sous la république unitaire, il fut, lui, fédéraliste convaincu, et il vota énergique- ment contre les deux révisions. Il était pour le régime des concordats dans toutes les questions délicates où l'on risque de froisser des populations très diverses. Mais il trouvait que la centralisation de 1848 était nécessaire et il l'avait votée. « Laissez donc les cantons s'entendre entre eux, disait-il, quand ils en sentiront la nécessité, mais ne les forcez pas. » Messieurs, ce résumé de la carrière politique de Jean Muret est bien incomplet, mais j'ai hâte d'en venir au côté qui nous intéresse tout particulièrement dans cette longue et laborieuse carrière. Avant 1845, la botanique fut loin d'être pour notre ami l'amie de toutes les heures. Les devoirs du magistrat pas- saient les premiers. Ce n'est pas à dire que la science aimable par excellence n'ait pas commis quelques indis- crétions, car enfln il est difficile d'être botaniste à demi. Un jour, par exemple, Jean Muret faisait avec le tribunal criminel en corps une inspection des lieux où s'était commis un homicide. La circonstance était très grave, l'accusé pré- cédait le cortège entre deux gendarmes. C'était dans les bois qui dominent Mex, village du district de Cossonay, à l'occi- dent de Lausanne. Les juges étaient en habit noir, comme il convenait. Tout à coup, Jean Muret aperçoit un Carex nouveau pour lui , ou du moins qu'il n'avait pas encore récolté lui-même, c'était le Carex pilosa. Il eut un instant d'indécision, puis rapidement il arracha le pied, le plia en deux et le glissa dans son portefeuille. La dignité du tribu- nal n'en fut pas amoindrie, et le cas n'en fut pas moins consciencieusement instruit et jugé. Si mes souvenirs sont fidèles, ce serait à la suite d'une indisposition que notre excellent ami aurait commencé à s'occuper de botanique. C'était dans les premiers temps de 22 sa carrière judiciaire. En séjour de convalescence dans une cure de village, chez un pasteur de ses parents, il faisait des promenades journalières et en rapportait quelques plantes qu'il déterminait. Mais, peu à peu „ ce qui n'était qu'un passe-temps devint une étude sérieuse et méthodique, et Jean Muret conçut l'idée de composer un herbier helvé- tique. Jusqu'en 1862, la botanique dut compter avec les devoirs de l'homme d'Etat, mais dès lors il s'y livra tout entier, sans toutefois négliger ses devoirs de citoyen et sans man- quer un seul scrutin, sauf une seule fois qu'il s'arrangea avec le professeur Rambert, qui, dans le cas particulier, était d'une opinion contraire , et ils ne votèrent ni l'un ni l'autre, ce qui ne changea rien au résultat. Le fait est qu'on était au mois des violettes et qu'il y en avait de fort intéres- santes, critiques et nouvelles dans la contrée de Montreux et de Villeneuve. Il avait dû conserver pourtant une fonction publique, celle de membre du conseil communal, mais il la résigna bientôt, ou plutôt il déclina une nouvelle réélection, et il se trouva entièrement libre. Au fait, il avait fourni une belle carrière politique, et il lui était bien permis, à l'âge de 65 ans au moins, de se retirer du monde officiel pour ache- ver l'exploration de son domaine favori, la flore helvétique. Quand on quitte la magistrature pour la science, même pour la botanique, ce n'est pas précisément prendre sa retraite et se livrer au repos. Et pour Jean Muret, du moins, jamais il ne fut plus actif que dans les dix années qui s'écoulèrent encore jusqu'au moment où Tâge et les infirmités ralentirent peu à peu son ardeur infatigable. Les résultats de ses investigations, qu'il a poursuivies du- rant une quarantaine d'années, constituent un herbier con- sidérable qui a été acquis par l'Etat de Vaud, et qui dépose au musée cantonal à Lausanne. C'est sans contredit l'her- bier suisse le plus complet et le plus authentique; les échantillons sont bien préparés et nombreux; et pour les plantes rares, qui ne comptent que peu de localités, toutes — ^23 — les localités sont représentées. Il ne comprend que les pha- nérogames ; les fougères et les plantes inférieures ne s'y trouvent pas. Notre ami a été sage, il s'est restreint, et il a pu ainsi donner tous ses soins, toute son attention, au champ qu'il a exploré. Il aurait pu, d'un autre côté, sortir de nos limites politiques et faire entrer dans la composition de son herbier les plantes de la Valleline, de Cogne et de l'Italie subalpine, y compris le Salève et le Jura français; mais il a préféré s'en tenir à un herbier national, car c'est bien le nom qu'il faut lui donner, herbier qui lui a dotmé suffisam- ment de travail et qui constitue un véritable monument. Ses idées étaient à ce sujet si bien arrêtées, qu'il s'enquérait toujours minutieusement des limites, quand il allait re- cueillir quelque plante sur l'extrême frontière. Le Crépis jiibala, par exemple, croît sur le revers tyrolien du Fimber- pass, dans la basse Engadine méridionale. Quand on lui donna ce renseignement. Muret hocha la tète en disant que ce n'était pas en Suisse. Mais sur de nouveaux renseigne- ments, il consulta la carte Dufour, et vit avec bonheur que la limite se trouvait fort au-dessous de la ligne de faite, et que le rarissime Crépis croissait sur terre suisse. Alors il partit et trouva la charmante composée. « Ainsi, vous, ju- riste, vous n'exerceriez pas même votre droit de l'amelage^ lui disais-je un jour. Vous savez, quand les rameaux de l'arbre du voisin pendent chargés de fruits sur votre terrain, les fruits vous appartiennent. — Bislinguo, me répondit-il, ce sont deux questions : il y a le code rural et la botanique. Une plante a beau étendre ses rameaux sur territoire suisse, si elle est enracinée sur sol étranger, je n'y touche pas.» Entre les années 1860 et 1870, Muret fit un grand voyage en Alle- magne et en Autriche, où il visita entre autres son ami le bourgmestre Schneider, de Magdebourg , mais il n'herbo- risa pas. Il m'a plus d'une fois répété, en me parlant de ce voyage, que si jamais il avait été tenté, c'est sur les hauteurs de Buda-Pest, oîi il trouva une végétation splendide, variée, tout orientale et naturellement toute nouvelle pour lui. 24 Pourtant il tint bon : en botanique, comme en politique, il avait ses principes et il y restait fidèle. Le récit des nombreux voyages botaniques de Jean Muret et des mille et une aventures et anecdotes qui s'y rapportent formerait un gros volume, un Miiretimia bien autrement original et piquant que celui du XV!" siècle. Parmi ces aventures, il en est au moins une que je voudrais citer, parce que Victor Ruffy, de Lutry, qui fut président élu de la Con- fédération, y joue un rôle essentiel. C'était à l'époque de fièvre qui a précédé et suivi la révolution vaudoise de 1845. Victor Ruffy, alors jeune licencié en droit, donnait tous ses loisirs à la botanique, et il avait accompagné Muret dans un voyage aux Corni-di-Canzo et au lac de Côme. Or un soir, à Lecco, au retour d'une riche herborisation, nos deux amis mettant leurs plantes en papier dans une chambre aux fenê* très toutes grandes ouvertes, Ruffy, dans l'exubérance de sa gaîté, se mita chanter tout son répertoire d'étudiant, y com- pris la Carmagnole. A l'ouïe de ces affreux couplets, la po- lice autrichienne accourt. On demande aux botanistes stu- péfaits d'où ils viennent, ce qu'ils font à Lecco, et l'on exige leurs pnpiers. Conduits au poste, on les interroge et on veut les incarcérer comme suspects d'idées subversives. On les relâche enfin, mais en leur intimant l'ordre de vider les lieux sur-le-champ. — Mais enfin qu'avons-nous fait, demandent nos deux amis ? — Vous avez chanté des chansons révolutionnaires, leur répond-on ; et ils doivent déguerpir. Muret a souvent rappelé à V. Ruffy sa malencontreuse Carmagnole. Sans avoir rien écrit durant sa longue carrière botanique, le savant docteur a rendu de signalés services à la science, en communiquarit généreusement à ses nombreux amis et relations, soit en Suisse, soit en Allemagne et en France, les précieux résultats de ses herborisations, accompagnés de notes critiques toujours précieuses et ordinairement décisi- — 25 — ves. Il n'a guère créé d'espèces, il était très prudent de ce côté-là, et l'on ne peut citer que le Hieracium Favrali, des bois du Jorat, sur Lausanne. Mais de bonne heure, et dès l'é- poque où Nœgeli publiait son excellente monographie du genre Cirsium et en débrouillait les nombreux hybrides, Muret constatait les mêmes faits dans le genre Primula. En 1837, il découvrait au col de l'Albula un Primula nouveau, qu'il n'hésitait pas à considérer comme hybride des P. gra- veolens Heg et integrifolia L. ; c'est le P. Muretiana Moritzi. Fort de ce fait, il observa attentivement la primevère poly- morphe connue sous le nom de Primula variabilis Goupil, et il fut bientôt amené à la conviction que le type nommé P. variabilis était composé de deux hybrides, les P. grandi- flora-officinalis et grandi fïora-elatior. Enfin, le P. média Pe- term. est devenu le P. elaiior-ofjîcinalis. Ces faits dûment acquis ont donné chez nous et ailleurs une nouvelle impul- sion à l'étude des hybrides. Sur la question de l'hybridité, notre ami n'admettait pas que certaines espèces s'en allas- sent les unes dans les autres par une série d'intermédiaires; il admettait des formes, des variétés et des hybrides ; aussi n'était-il pas d'accord avec les botanistes qui ne veulent rien savoir des hybrides et ne voient partout que des espèces. D'ailleurs il était peu refendeur , comme il disait ; mais quand il avait acquis sur le vif la conviction qu'un type était constant et distinct, il séparait hardiment, et parfois même il confirmait l'auteur et le rassurait sur la valeur de son espèce. C'est ce qui arriva, entre autres, pour le Capsella rubella de Reuter, qu'il a longtemps observé, et sur le compte duquel il a rassuré le savant botaniste de Genève : « C'est sa meilleure espèce et il a l'air d'en douter I » l'ai-je entendu dire plus d'une fois. En effet, le G. rubella est un type excellent, qu'on a retrouvé dès lors en France, en Italie et en Hongrie, et qui a passé dans le domaine des faits acquis. Dans les dernières années de son activité, Jean Muret a surtout poursuivi les plantes rares, critiques ou nouvelles pour la Suisse, et pour arriver à ses fins, il n'épargnait ni le — 26 — temps ni la peine, et faisait, s'il le fallait, trois ou quatre voyages à la recherche de la même plante : c'est ce qui a eu lieu pour le Ccirex slrigosa et pour les Pyrola umbellata et média, pour ne citer que celles-là. Dès qu'une plante intéres- sante lui était signalée, il se renseignait, prenait des notes et, le moment venu, partait directement pour la localité indi- quée. Un ami lui adressait-il quelques beaux échantillons d'une plante qu'il n'avait pas encore recueillie, il en mettait deux en herbier, notait l'époque et la station, et l'année sui- vante la plante nouvelle était poursuivie et il la rapportait triomphalement. Ce qu'il voulait surtout, c'était de voir les plantes vivantes chez elles et de les récolter lui-même. Aussi les étiquettes étrangères sont-elles relativement rares dans son herbier, sauf pour les deux genres Riibus et Rosa, qu'il n'a pas abordés et pour lesquels il s'en est remis aux spé- cialistes de ses amis, MM. Fischer, Mercier et Gremli, entre autres, pour les ronces, et M. Rapin pour les roses. En 1875, Muret fit encore plusieurs voyages : il revit entre autres le Tessin, un des cantons qu'il a le plus visités, et où son ami, M. le conseiller national Franzoni, était sûr de le voir venir une fois par année, au printemps ou en été. Au mois de juin, il avait déjà fait le voyage de Zurich pour aller dénicher le Pyrola média aux sources de la Tœss, et à la fin d'août on le voyait à Payerne et à Avenches, pour le Chenopodium urbicum, et à Courlevon, entre Morat et Fri- bourg, pour un Sedinn que M. Wolf lui avait indiqué comme étant le Fabaria. Puis il n'herborisa plus. Il ne lit plus même sa promenade d'automne aux Pierretles sous Lausanne, pour faire sa moisson habituelle tï Heleocharis Lereschii. Il était abattu et souffrant. Il ne lui fut pas même possible d'intercaler les plantes de l'année dans son herbier, qui avait déjà été transporté au musée, et il dut me charger de ce soin. L'année 1876 se passa de même dans l'abattement et la souffrance. Il allait et venait dans l'appartement, mais il ne sortait plus guère. Il lisait volontiers, mais plus de choses attachantes pour l'esprit, cela le fatiguait. Ce qu'il préférait, — 27 — c'étaient des récits gais, simples ou naïfs. Il relut avec bon- heur les Contes de Perrault et le Docteur Festus de Tôpffer. De botanique, il n'en était plus question, sauf qu'il mit de l'ordre dans ses doubles qui forment eux-mêmes un herbier assez considérable. Il demeura plus ou moins debout jus- qu'au milieu de janvier 1877 ; mais à cette date, ou tôt après, il dut se mettre au lit pour n'en plus sortir, et le 8 février il était enlevé à sa famille, à ses nombreux amis et à la science ; il était âgé de près de 78 ans. Vous parler des nombreuses relations de notre cher et savant ami m'entraînerait trop loin. J'ajouterai seulement que dès qu'on avait fait sa connaissance, on l'aimait, c'était irrésistible : sa bonne humeur, sa gaîté de bon aloi, sa cor- dialité vous gagnaient. Et quel précieux compagnon dans les courses ! Comme il était au courant de tout, des plantes, des localités et des auberges. Et quelle joie témoignaient par- tout les aubergistes et les bonnes gens chez lesquels il avait l'habitude de loger, quand ils revoyaient sa bonne figure épanouie reparaître à l'horizon avec la grande boîte blanche et le piolet ! Parmi les mots qui lui revenaient souvent après une riche herborisation, il aimait à répéter celui de son excellent ami Emmanuel Thomas : Ah ! nous sommes bien malheureux ! une sorte d'ironie à rebours à la façon de Voiture. Eh bien. Messieurs, il me semble que nous pourrions aussi nous appliquer ce mot, m.ais sans figure cette fois et dans son sens propre; en effet, Jean Muret tenait assez de place dans nos affections et dans la Société murithienne pour m'auto- riser à dire ce que vous pensez tous : c'est que nous som- mes bien malheureux de Tavoir perdu 1 L. Favrat. NOTICE SUR 111 PLANTE TEXTILE COMMUNIQUÉE A LA SOCIÉTÉ MURITHIENNE RÉUNION DE LAVET-LKS-BAINS, 1877 par M. Fréd. ROUX, ancien pharmacien, à Nyon. Dans une notice sur le papier, préparée en 1867 à l'occa- sion de la réunion à Lausanne de la Société suisse de phar- macie, je signalais la pénurie de matières premières où se trouvaient les papeteries par suite de la disparition des chiffons, employés à d'autres usages, et la nécessité pour ces établissements de s'adresser à de nouvelles substances, telles que le bois de sapin et autres, pour donner suite à leur in- dustrie. Cette question dès lors n'a pas cessé de m'intéresser, et j'ai cru trouver dans la plante qui fait l'objet de cette notice une matière textile de valeur assez sérieuse pour m'engager à vous la signaler. Je veux parler de VAsclepias syriaca L., qu'on pourrait facilement acclimater dans notre pays, et qui donnerait, je crois, les meilleurs résultats. Dans Vllluslration suisse du 1" mars 1873, page 119, on lit : « On vient de découvrir, dans le Turkestan, une plante fibreuse, à laquelle on a donné le nom scientifique à^Apocy- num venatum et qui pousse à l'état sauvage avec une telle abondance qu'on peut s'attendre à la voir bientôt paraître sur les marchés commerciaux. Les fibres, aussi tendres, aussi délicates que celles du lin, aussi fortes et aussi ré- sistantes que celles du chanvre, la rendent, par la combi- naison des qualités propres à chacune de ces plantes, bien — 29 — supérieure à toutes deux. Les Russes vont probablement essayer de la transplanter en Europe. » Je ne connais pas encore V Apocynum venatuni (ou plutôt venetum, car je soupçonne ici une faute d'impression), dont il est question dans cet article, mais je suis convaincu que tout ce qu'on en dit peut s'appliquer également à VAsclepias syriaca L., qui, introduite dans ma propriété il y a quelques années, s'y est propagée d'une manière remarquable, même sur une terrasse, à travers des couches assez profondes de gravier, et malgré tous les soins qu'on a pris pour l'extirper des endroits qu'elle envahissait. L'Asclepias syriaca L., appelée aussi Herbe à la ouate, est originaire de l'Amérique du Nord et non de la Syrie, comme son nom, imposé par erreur, pourrait le faire croire. Decaisne, pour éviter toute confusion, l'a appelée Asclepias Cornuli, en mémoire de Cornuti, qui, en 1665, décrivit les plantes du Canada. Cette plante présente une souche vivace longuement tra- çante; des tiges annuelles herbacées, épaisses, dressées, simples ou très rarement rameuses, pubescentes et s'élevant jusqu'à près de deux mètres, quand le terrain est frais ; les feuilles opposées, ovales, elliptiques, sont courtement acu- minées, glabres en dessus, pubescentes en dessous, briève- ment pétiolées, à nervures secondaires parallèles; les pédon- cules extra-axillaires ou terminaux supportent des ombelles formées de nombreuses petites fleurs rougeàtres, odorantes, à lobes de la corolle ovales, trois ou quatre fois plus courts que les pédicelles; les follicules ovales, enflés, tomenteux, sont hérissés de pointes molles inégales ; les graines sont fixées sur un placenta longitudinal et portent au sommet des aigrettes longues et brillantes. Toute la plante contient un suc laiteux abondant, dont les propriétés n'ont, à ma connaissance, pas encore été étudiées. Les tiges de l'Asclepias, outre qu'elles ont deux ou trois fois l'épaisseur de celles du chanvre, présentent une couche de tissu fibreux proportionnellement plus forte, et si nous - 30 — établissons un parallèle entre ces deux plantes, nous croyons que l'avantage est à l'Asclepias. En effet, le chanvre, plante annuelle dioïque, exige pour sa culture le meilleur terrain, beaucoup de soins et d'engrais ; il produit des tiges relative- ment minces, recouvertes d'une couche de fibres assez mince aussi, et en plus sa graine. L'Asclepias est une plante vivace, très rustique, hermaphrodite, se développant presque sans soins ni engrais dans des terrains graveleux peu propres à d'autres cultures; elle produit des tiges épaisses, recouvertes d'une couche épaisse aussi de tissu fibreux; les aigrettes dont ses graines sont surmontées peuvent être utilisées comme un édredon végétal qui a bien sa valeur comme garniture de coussins et de duvets; enfin ses fleurs fournis- sent un précieux aliment aux abeilles, au point que les api- culteurs de la Suisse et de l'Allemagne en propagent la culture autant qu'ils le peuvent et que depuis plusieurs années je reçois de tous côtés des demandes de graines, aux- quelles je ne puis répondre que très imparfaitement. L'Asclepias, comme toutes les plantes vivaces, croît lente- ment et ne donne de fleurs et de fruits que la 4« ou 5«= année; encore chaque tige porte-t-elle à peine trois ou quatre fruits, malgré ses nombreuses fleurs; mais une fois en train la plante se propage sans secours. Je crois donc pouvoir recommander la culture de VAscle- pias Cornuti Den. en raison des nombreux avantages que présente cette plante, et de l'excellent parti qu'on en peut tirer, soit comme plante textile, soit comme plante à papier. F. R. Note de la rédaction. L'Apoeynum venetum L. croît en plusieurs loca- lités au nord-est de l'Adriatique. Voir Koch et flores locales. Si c'est bien la même plante que celle du Turkestan, il n'y aurait pas à l'introduire en Europe, comme le pensait V Illustration suisse de 4873. LISTE de quelques localités nouvelles de plantes rares ou intéressantes du Valais. Draba Traunsteineri Hoppe, Saas, près de la chapelle de Hoh-Lerch, comme M. Wolf. Fumaria Schleicheri Soy-Will. ; F. Alpina Rion, Saas, Polygala alpina Perr. et Song (Polygala glacialis Brûgg.), Zwischbergenpass. Trifolium saxalile Ail., Simplon (entre Algabi et la ga- lerie de Gondo). Oxylropis fœlida DC, Gemeinealp (Zwischbergenpass). Oxytropis cyanea MB., Corne de Sorrebois, Gemeinealp. Aslragalus aîislatiis l'Hérit., Simplon, avec Trifol. Saxal. Getimi ncUnalum Sch\e\ch. (G. montanum-rivale), Riederalp sur Mœrel. Rosa alpina adjecla Deségl,, Binnthal, Eislen (Lœlschenthal). B. Grenieri Deségl., Binn, Simplon. B. longicruris Chr. (Alpina-pomifera), Simplon, Binn. B. monlana grandifrous Christ., Eisten (Lœtschenihal). B. rubrifolin jiirana Gaud,, Simplon, au-dessus d'Algabi. B. Franzonii Christ. ( pomifera - rubrifolia). Eisten (Lœ- tschental). Alchemilla piibescens MB., Allmagell, Bislinen. Sedum repens Schleich., Corne de Sorrebois. Semperviviini barbulaium Schott, RifTel. S. Funkii Braun, Binnthal, Gemeinealp. S. tomenlosum Lehm et Schnittst., rochers de la galerie sur Bovernier. - 32 — Semperviviim Gaudini Christ, Gemeinealp. C'est le S.Wul- feni du Synopsis de Gaudin , pour ce qui est de la localité de Zwischbergen, et le globiferum de la FI. hel- vétique du même auteur. (M. Schneider, dans une note subséquente, rapporte sa plante au S. Piltonii Schott, ce qui mérite confirmation. Le S. Gaudini Christ se trouve à Cogne, au Val Tournanche, au Saint-Bernard, sur Macu- gnaga, pied du Monte -Moro et aux Zwischbergen.) La plante du Saint Bernard et celle du Val Tournanche m'ont été données pour S. Grandiflorum Haw., ce que je n'ai pu contrôler, n'ayant pas de description. Jusqu'ici je n'ai vu en Suisse que deu.x Seinpervivum jaunes, le Wul- feni de l'Engadine et le Gaudini. (Note de L. Farrat.) Hhaerophyllum aureum L., deux formes tout à fait glabres, Ried (Lœtschenthal). Laserpilinm Gaudini Moretti, Zwischbergen. Pleurospermuin auslriacum Hoffm., gorges entre Simplon et Algabi. Galinm pumilum Lam., Simplon. (Retrouvé en 1876.) Arleinisia nnna Gaud., Gemeine Alp. Achillea Mille folium-iomenlosa,e\\\.i^e Stalden et la Huteck. (Septembre 1859.) A. alrala-moschata , un seul échantillon, Langenthalalp (Eginen). ChnjsaïUfiemum alpinum, var. minimum Gaud., Gemeine Alp. Cirsinm acaule-heterophyllum, Fee (vallée de Saas). Centnurea nigrescens Willd, Gondo, Zwischbergen. Cenlaurea axillaris Willd (G. seusana Gaud.). Dans la forêt de sapins au-dessus de Schallberg (Simplon), chemin de Staffelstatt, avec Hier, piclum et lanalum. Hieracium Pilosella, capilnlis pluribus, Binnerfurge. H. Auricula- Pilosella (H. auriculaeforme Fries), Schalbet. H. sphœroceplialum FrœL, AUmagell. H. sahinum Seb. et Maur., Binnerfurge. H. glanduliferum Hoppe var. calvescens, Blinnenalp. — 33 — H. glaucopsis Gren et Godr., Fee (Saas). H. Schmidlii Koch, Eisten (Lœlschenthal), Saas, entre Viège et Stalden. H. alratum Tries, Maieiiwand. H. Trachselianum Ghristener, Binnthal. 6 var. hirsulum, Rawyl. H. pseiidoporreclum Ghristener gorges de Gondo. H. iridenkUum Fr., route du Simplon au-dessus de Gondo. H. slriclum Fr., au-dessus d'Algabi, le long du sentier vers le village du Simplon ; dans le Gerenthal. H. valdepilusiwi. Vill., alpe de Louvie (Bagnes). H. Valesiamm Fr., au-dessus de Goppenstein (Lœtschen- thal). //. cydoniaefolmm Vill., Gerenthal. Campanula hononiensis L., Fory (Sembrancher). Eiiphrasia alpina Lam., Langenthalalp (Eginen). Betonica hirsula L., au-dessus de Ried (Lœtschenthalj, aux Ravins, alpe de Louvie (Bagnes). Galeopsis Reichenbachii Reut., Saas. Stalice alpina Hoppe, Betlelmatten (1860), Gemeinealp. PolijcnemuDt majus Alex. Br., Gampel. Nigritella angnslifoUa-odoraiissima (N. suaveolens Koch), Riederalp sur Mœrel. Listera cordala R. Br., Oberwald. Molinia serolina M. et K., Gampel, montant dans le Lœ- lschenthal. Equisetum hiemale L., Binnenfurgge. F. Schneider, pharmacien. Juillet 1877 et novembre 1878. NOTE sur le Capsella rubella Reiit. Remarque préliminaire. A la fin de mai 1878 j'avais en- voyé cette notice à M. le président de la société vaudoise des sciences naturelles pour communication à la société. Comme il n'en avait pas été question dans les séances sui- vantes de la société, je la croyais oubliée ou perdue. Voilà pourquoi , lors de la réunion de la société murithienne à Zermatt, le 23 juillet de cette année, je me suis cru en droit d'en faire la communication à la société murithienne. Mais je fus tout à coup surpris, en recevant en octobre le bulletin de la société vaudoise, N" 80, d'y voir figurer ma notice, de sorte qu'elle fait ici double emploi. J'aurais seulement à y ajouter que depuis lors j'ai appris que la plante hybride en question était déjà connue de quelques botanistes français, entre autres de feu M. Grenier, qui lui avait donné le nom de Capsella gracilis et qui avait tiré de ce fait d'hybridité les mêmes conclusions que moi. Quoique la plupart des botanistes modernes aient admis le G. Rubella, découvert par M. Reuter, il y en a cependant encore un certain nombre qui, s'appuyant sur la grande ressemblance de cette plante avec sa congénère si poly- morphe le Capsella Bursa pastoris, ne veulent voir dans la première qu'une variété de la seconde. Le fait suivant me semble lever tous les doutes à cet égard. — 35 — J'avais introduit, il y a une douzaine d'années, à Aubonne, le Capsella riibella provenant de Montreux. Cette plante s'était beaucoup répandue dès lors, et quoiqu'elle se trou- vât souvent mêlée au Capsella Bursa pastoris , je n'avais jamais eu de difficulté à la reconnaître immédiatement. Ce printemps j'observai, dans un endroit en friche, beau- coup de plantes hybrides : Capsella Bursapasloris X ru- bella , au milieu d'innombrables parents. Les plantes hybrides tiennent le milieu entre les deux parents, quant à la coloration et à la grandeur des fleurs. Elles sont ordi- nairement plus élevées que les parents, ce qui se voit sou- vent dans les plantes hybrides en général ; leurs grappes fructifères sont très allongées, portant sur des pédoncules assez courts de petites silicules stériles (!) dont la forme a aussi quelque chose d'intermédiaire entre les deux parents. Or comme on n'a jamais observé d'hybrides stériles en- tre une variété et son type, mais seulement entre deux es- pèces du même genre, il résulte du fait observé que le Cap- sella nibella Reut. doit être considéré par tous les botanistes, quelle que soit l'école qu'ils suivent, comme une bonne espèce. J. Vetter. Aubonne, le 25 mai (16 nov.) 1878. NOTE sur le Ranunculus Rionii, Lagger, PAR F.-O. WOLF Gremli dit dans la 3^ édition de son Excursionsflora fiir die Schweiz, page 55 : Ranunculus aqualilis L. d. R. Rionii Lagg. — Etarnines plus courtes que l'ovaire, réceptacle conique; fruits 80-90. (Les var. pancistamineus Tausch. , DroueiH SchuUz et confervoides Fr., n'ont que 20-30 fruits.) Valais, Sion, Sail- lon. Ducommun, dans sa Flore suisse, décrit ce Ranunculus comme espèce, pag. 14, et il se trouve aussi mentionné dans Nyman (Sylloge Florae europaeae), pag. 174, sous le nom de Ratracliium Rionii Nym., et dans la Flora de Ra- tisbonne nous trouvons, année 1848, pag. 49 et 50, la note suivante de notre regretté confrère le D' Lagger : Ranunculus Rionii, nouveau Ranunculus aqualilis de la Suisse, par le D'' Lagger, à Fribourg en Suisse. Mon ami Rion, de Sion en Valais, m'écrivait, il y a déjà trois ans, qu'il croyait avoir trouvé un nouveau Ranunculus aqualilis, qu'il ne pouvait rapporter à aucune variété dans l'excellente Synopsis de Koch. — 37 — Je le priai sans retard de vouloir bien observer ultérieu- rement ce Ranunculus, et de m'envoyer l'année suivante quelques exemplaires frais pour les examiner ; mais des occupations nombreuses retardèrent la réalisation de ce désir jusqu'à l'automne passé, où mon ami, en tournée ad- ministrative, rencontra par hasard la plante en question, qui était en pleine fleur et en fruits. Son opinion qu'il avait afl'aire à une nouvelle espèce fut confirmée par des observations répétées et il me communi- qua un certain nombre d'exemplaires bien conservés et instructifs. En les examinant de plus près, je pus me con- vaincre que le Ranunculus soumis à mon examen n'avait pas encore été décrit. Cependant pour ne pas précipiter la publication d'une hypothèse et augmenter ainsi la confusion en établissant de nouvelles espèces insoutenables, je soumis l'opinion de mon ami et la mienne, ainsi que des exemplaires de la plante en question, par l'entremise de M. Buchinger à Strasbourg, au célèbre connaisseur de Batrachium, M. Godron à Nancy. Voici ce qu'il me répondit : « Le Ranunculus que vous m'avez transmis est en eff"et une nouvelle et bonne espèce, qui se rapproche surtout des Ranuncuhis paucislamineus Tausch. et Ranunculus Drouetii Schultz. » Affermi par ce jugement non équivoque et catégorique d'un botaniste aussi distingué que Godron, je n'hésite plus à désigner la plante nouvellement découverte sous le nom de mon respectable ami, qui depuis nombre d'années s'est acquis tant de mérites en ce qui concerne la Flore valai- sanne. J'y ajoute la diagnose suivante : Ranunculus Rionii mihi. Caulis obtusangulus. Folia omnia submersa, setaceo-multitîda, peliolata, laciniis undi- que patentibus. Alabastra depresso-globosa. Flores parvi, petalis quinque obovatis, albis, ungue flavo. Fovea neclari- fera margine prominulo crassiusculo , saepe in tubulum — 38 — membranaceum oblique Iruncatum producta. Stamina ova- riorum capilulo breviora. Stigmata linearia. Carpella mi- nima, subturgida, transverse rugosa, immarginata, subglo- bosa, in capitule saepe 80-90. Receplaculum pilosum , ovato-vel etiam elongato-conicum. In stagnis quibusdam circa Sedunum (Sien) in nullius alterius Batrachii consortio ; floret sub finem Augusti et initium septembris. La nouvelle espèce, comme le fait observer M. Godron, se rapproche surtout des Ranimculus Droiielii Schultz et paiicistammeus Tausch. ; toutefois il s'en distingue entière- ment, surtout de ce dernier, par ses étamines plus courtes, son réceptacle conique et son style, ainsi que par sa flo- raison plus tardive. Ne connaissant pas, malheureusement, le Ranunculus Drouetii, je ne puis comparer ma plante avec ce dernier. Dans l'herbier de feu M. le chanoine Rion, conservé au Musée cantonal de Sion, j'ai trouvé la note suivante écrite de la main même de M. Rion : Ranunculus Rionii Lagger vel Ranunculus Sedunensis mihi. Gaule obtusangulo, foliis omnibus submersis setaceo multifidis petiolatis, laciniis VNmQVE patentibus j alabaslris DEPRESSo-GLOBosis ; peUiUs QuiNQUE obovalis ; slaminibus ovariorum capitula breviopjbus, stigmatibus linearibus, carpellis subturgidis transverse rugosis, immarginatis, sub- glabris, apice breviter apiculalis. Habitus, rameaux, feuilles et fleurs du Ranunculus aqua- tilis à petites fleurs, et à feuilles toutes submergées. Mais notre plante s'en distingue facilement par les étamines rela- tivement courtes et par la forme des bourgeons à fleurs et du style, qui rappellent le Ranunculus divaricatus , dont elle s'éloigne par ses pétioles et la forme de ses feuilles, et par la proportion des étamines relativement à l'ovaire (Fruchtknotenkœpfchen), qui montre son affinité avec le Ra- nunculus fluilans, dont elle s'écarte cependant par la forme -so- dés feuilles, le nombre et la forme des pétales, ainsi que par la forme des bourgeons à fleurs. Etang de la Maladeire près Sion, où il ne se trouve aucune autre forme. Parmi les Ranunculus aquatilis qui dans les alentours abondent dans tous les fossés et tous les étangs, je n'ai jamais pu la découvrir. II est remarquable que chez nous le Ranunculus aquatilis n'ait pas encore été vu avec des feuilles flottantes. Descriptio plantœ vivœ. Caulis obtusangulus. Folia omnia submersa setaceo-mul- tifîda, petiolata, laciniis undique patentibus. Alabastra de- presso-globosa. Flores parvi, pelalis quinqtie obovatis. albis, ungue flavo. Fovea nectarifera margine promimdo, cras- siusculo , saepe in tubulum membranaceum oblique trun- catum producto. Stamina ovariorum capitula breviora. Stig- mata linearia, Carpella minima, subturgida transverse rugosa, immarginata, subglabra, in capitule seepe 80-90. Receptaculum pilosum, ovato-vel saîpius elongato-conicum. In stagnis quibusdam circa Sedunum, in nullius alterius Batrachii consortio, floret sub finem Augusti et initium septembris. L'étang de la Maladeire est aujourd'hui desséché, par conséquent la localité classique du R. Rionii est détruite. Mais il se trouve encore au lac de Mont d'Orge près Sion, dans les petits lacs du bois de Finges près Sierre, sur les bords desquels fleurit VEuplirasia viscosa L. à l'ombre du Pinus sylveslris, et à Saillon dans le bas Valais. Je l'ai encore reçu des environs d'Augsbourg en Bavière, récolté par M. SafTnisch. Il y est tout à fait identique au nôtre. COMRIBITION A LA BRYOLOGIE DES ALPES PENNINES NOTE COMMUNIQUÉE PAR M. KŒRNER, PHARMACIEN A AIGLE, DE LA PART DE M. PAYOT , DE CHAMOUNIX Feu M. Dewies, ensuite d'une excursion dans les Alpes pennines, a eu l'obligeance de faire part à M. Payot d'une partie de ses récoltes, et ce dernier a bien voulu nous com- muniquer la liste suivante, dont quelques espèces peuvent intéresser les bryologues. Dicranum virens. Au Riffelberg. Desmatodon Laureri Schp. Au Riffelberg. Desniatodon latifolius Schp. Au Riffelberg. Barbula gigantea Hopp. Cascade de Pissevache. Bryiim latifoliiim, var. Schleicheri. Argentière. Bryum torquescens. La Bâtiaz. Bryum ÏAidivigii Schp. Glaciers du Tour et du Trient. Trichostomum glaiicescem. Findelen, Zermatt. Mnium orthorynchum. Findelen, Zermatt. Grimmia leucophœa. Sommet du Monte-Moro. » commutata. Martigny. » conferla. Les Pozettes et Zermatt. » SchuUzii. Tête-Noire, Martigny. » anodon. Tète-Noire, Martigny. — 41 — Philonotis seriata. Mitten, entre la vacherie et l'hospice du Grand- Saint-Bernard. Encalypta rhabdocarpn. Zermatt. » ciliala. Zermatt. Dissodon Frœlicfiianus Grew. Zermatt. Meesia uliginosn. Zermatt. Barlramia granntensis. Entre les glaciers du Tour et du Trient. Cynodontium polycarpon Schp. Riffelberg. Didymodon denliculatns Schp. Sur les confins du Valais, près des glaciers du Tour et du Trient. Orlholrichum tenelltim. slramineum. ) ^^ descendant du col de la speciosum. p^^^,^^ , Martigny : » obtusifoltum. ' » pallens. Sur les saules, près du Rhône. Anomodon allenualus. Schw. J Près des gorges du Trient, Leucodon morense. ) rochers onrjbragés. Eurhynchmm slrigosum. Fentes de rochers près de l'hospice du Grand-Saint-Bernard. Diphyscium foliosum. Zermatt. Grimmia elalior Schp. Zermatt. Grimmia commuUUa Schp. Zermatt. Chamounix, 1" avril 1876. EXCURSION BOTANIOUE DE MORCLES APRÈS LA RÉUNION DE LAVEY 16 et 17 août 1877. Le massif de la dent de Mordes, entre les cantons de Vaud et du Valais, est au point de vue botanique une des contrées les plus intéressantes des Alpes suisses. La flore des Alpes granitiques et celle des calcaires s'y abordent et s'y mélan- gent, grâce aux terrains de transition qui s'y trouvent. Le Polygala alpina Perr. et Song., VAnemone siilfurea, le Bu- pleurum stellahim, VAchillea moschata, VAndrosace carnea, le Sisymbrium pinnalifidiim et le Luziila liilea, entre autres, y représentent la flore des terrains siliceux. A l'arête de Javernaz, contrefort sud-ouest de la dent, il suffît de passer du flanc nord au flanc sud pour s'apercevoir d'un changement dans l'aspect du tapis végétal. Ces circonstances ont fait du massif de la dent de Mordes une des stations les plus anciennement visitées des botanistes , puisqu'au milieu du dernier siècle Haller y signalait déjà bon nombre de plantes. Vu du midi, le massif se présente sous la forme d'une pyramide écrasée , étayée à l'est et à l'ouest de puissants contreforts. La pente méridionale est brisée par le ressaut de Ballacrêta, sorte de large corniche ondulée et coupée de couloirs, au pied de laquelle la pente fuit de nouveau pour s'arrêter au Creux de Dzéman , sous le contrefort de l'ouest, — 43 — et au vallon de Mordes sous celui de l'est. Au centre la pente descend jusqu'au Rhône, coupée de couloirs fort raides et de légers ressauts où s'étalent quelques alpages. Tel est, à grands traits, le champ d'exploration que le comité avait arrêté. Malgré tout l'attrait d'une pareille course, trois sociétaires seulement se sont décidés à accompagner le vice-président, qui devait diriger l'excursion. Ce sont MM. Wolf, président, M. le pasteur Walther, d'Aubonne, et M. Pittier, instituteur au collège de Chàteau-d'Œx. Avant d'énumérer les principales trouvailles faites sous la dent de Mordes, le rapporteur doit signaler deux plantes trouvées sous la grotte de Saint-Maurice : le Solidago vale- siaca Bor., qui ne paraît être qu'un Virgaurea forma um- brosa, et un Rosa canina, très grand et très flaccide, rapporté au Rosa fiUformis Ozanon par le D'' Christ ùi lilt. arfFavrat. Ce rosier croît à l'ombre et au nord, et il ne paraît non plus qu'une forme locale du canina. Partis des bains de Lavey le 16 août vers le soir, la nuit nous surprit en route et elle était tombée quand nous arri- vâmes au petit village de Mordes, chez Charles Guillat, ex- cellent guide et intrépide chasseur de chamois. Nous nous faisons un plaisir de le recommander en passant aux chas- seurs et explorateurs de tout genre, y compris les simples touristes, car le pays mérite aussi d'être vu pour lui-même. Et maintenant voici la liste de ce que nous avons trouvé de mieux, y compris diverses bonnes plantes aussi pour les- quelles nous n'avons pas eu le temps de nous détourner, ou qui étaient passées. De Mordes aux chalets d'Arbignon, par les alpages de l'est et le sentier : 1" Entre le village et le torrent : Paridisia Liliaslrum Bert., passé, hauteurs à gauche. Rosa Chavini Rap., sec. Christ et Cottet; R. alpestris sec. Rapin, sur le chemin et en dessus à gauche. 44 — Rosa abietina Gr., var. Favrali Christ, in Flora; talus à gauche. Rosa micranlha Sm. , petite forme, forêt à gauche. Plus quelques Rosa critiques. 2° Entre le torrent et Arbignon. Géranium bohemiciim, dans une éclaircie, surtout sur l'em- placement d'anciennes charbonnières. Rosa micranlha Sm,, var, Salvanensis Delasoie et Christ., feuilles très velues, peu glanduleuses en dessous. Rosa sderophylla Scheutz., sec. Christ.; Rosa pseiidopsis Gremli; conf. Gremli, Excursfl., éd. III. Rosa pomifera Herrm., forma. Pcucedanum auslriacum Koch, abondant. Hieraciiim riipicolum Ft., sec. Christ. Calamagroslis varia Link, forma? Erigeron Villarsii Bell. Serralula Rhaponticum DC, couloir qui fait limite entre Vaud et Valais, surtout dans le haut. Pitius monlana Mill.,var.?, en dessus d'Arbignon ou Haut- de-Collonges. Orcliis pallens L., passé; après le torrent, à l'orient des chalets. 3° Creux de Dzéman. Hieracium ochroleiicum Schl.! Pentes sud du Creux, en dessus de la Pierre-aux-Chamois, loc. classique. Hieracium ochroleiicum, — prenanlhoides Favrat, Bull. soc. murith., 1874. Bupleurum slellalum L., même localité. Sedum Anacampseros L., plus haut, à droite. Hieracium alpinum L., var, Halleri, id. Anémone vernalis L., haut de la pente, sur l'arête, Geniiana purpurea L, , en redescendant vers le fond du Creux, Geniiana purpurea L., flore luleo, id. — 45 — Gentiana pnnctata h., id. » Gaudiniana Thom. [G. punclala-purpureaj, id. Solidago virgaiirea L., var. alpeslris, en lemontant contre Baliacrêta, grande forme à feuilles étroites. Hieracium subnwale...! Plante étrangère que Lagger disait avoir été trouvée sur l'arête entre le Creux de Dzéman et l'alpe de FuUy. L'indication étant fort douteuse et le dé- tour de deux heures au moins, nous ne sommes point allés à sa recherche. 40 Sur Baliacrêta. Hieracium Gandini Christ. (H. dentalum Hoppe, pro parte.) » longifolimn Schl. Campanula Sclieiichzeri Vill., var. valdensis. Aslragalus aristatus L'Hérit. Viola cenisia L., dans les éhoulis. 5° Arête ou Croix de Javernaz (contrefort de l'ouest). Sieversia replans, Sprgl., en montant dans la direction de la dent. Saxifraga opposilifolia L., id. Lohis corniculatus L., var. alpimis Gaud., id. Polygala alpina Perr. et Song., sur l'arête. Anémone snlfnrea L., pentes méridionales et sur l'arête. Rammculus gladalis L., en remontant l'arête. Ranuncukis parnassifolius L. , endroit dénudé , près de l'arête, flanc sud. Luzula lulea L., flanc sud. Trifolium alpinum. L., id. » » var. fl. pallido parvulo , id. Sisîjmbrinm pinnalifidiim DC. , Braya Koch, flanc sud , près des chalets en ruines. Hieracium Pseudocerintlie Gaud., Koch, petits rochers sous l'arête, flanc sud, rare. Pulmonaria montana Lej. (P. mollis auct. plur, non Wolff), flanc sud vers le haut. — 46 — Primula Auricula-viscosa (Vill.), entre les parents, petits rochers, flanc sud. Androsace helvelica Gaud., rochers abrupts et délités en montant vers la dent. Androsace piibescens DC. {alpina Gaud.), id. Androsace helvelica — piibescens, çà et là parmi les parents. Plante à distinguer sur le vif, autrement ce n'est pas facile, id. Arabis pumila Jacq., id. SaussiireadepressaGren., schistes et débris vers la Vire-au- Bœuf, au nord de l'arête, en tournant par le haut du cirque de Javernaz; la plante se trouve aussi à l'est de l'arête, si on longe le pied des rochers dès les Androsace. Au surplus elle existe sur plusieurs points du massif, plus haut ou plus bas, dans des terrasses analogues, mais elle y est toujours plus en feuilles qu'en fleurs. Campanule cenisia L, 1 ^ . ^, , ^^. Carex curvula AU. ^"^ Perns-Blancs, entre la Vire- Ceraslium latifolium I ^u-Bœuf et le pied de la dent. Achillea alrala et moschata, pentes méridionales du massif, dans le haut, éboulis. Localité où l'on pourrait trouver l'hybride. U Achillea moschata doit être aussi dans les rocailles du fond de Dzéman. (Haller.) Achillea atrata-macrophyla, A. Thomasiana Hall f., couloirs, région des Alnus virid'is, vallon de Javernaz, rare. Festuca violacea Gaud., fond du vallon de Javernaz, éboulis. 6° Descente de Mordes aux bains de Lavey. Vicia tenuifolia DC, sous le village. Cephalaria alpina Schrad., id. Ononis rolundi folia h., id., au premier contour du chemin. Hieraciiim picttim Schl., plus bas, rochers. Hieracium valesiacum Fr., rochers buissonnés. Hieracium amplexicaule L. Rosa tomentella Lem. Brunella grandi flora Jacq., /l. albo. — 47 — Calaminlha nepetoides Jord., entre les bains et la cascade, et aussi çà et là dans le bas de la pente. Pastinaca opaca, Bernh., entre les bains et la cascade. Lammm hybridum Vill. (incisum Willd), cultures, environs des bains, printemps. Scorzonera austriaca Willd., pied des rochers, à l'occident des bains. Populus hybrida Bieb,, sec. Muret, à l'endroit où l'ancien pont traversait le Rhône. Hieracium brevifolium Tauscher, sec. Christ., au-dessus de la route de Lavey, sur le chemin de ce village à Mordes. C'est une forme à'umbeUalum. Cenlaurea Scabiosa L., fl. albo, près des bains. (Pittier, Oct. 1878.) 7° Au pas de la Crottaz, entre Eslex et Outre-Rhône. Arabis nmralis AIL, rare, j Arabis saxalilis. ) Avant le pas. Vesicaria nlriculata. ' Erigeron rnpeslris Schl., station la plus occidentale de cette jolie espèce. Nota. Gremli, dans sa 3^ éd., fait du rnpeslris une va- riété de Valpinus, ce que ne sauraient admettre ceu.x qui ont vu la plante vivante et en place, à Bagnes, à Zermatt, à Fee (Saas), à la Crottaz, etc. , presque toujours dans les fissures de rocher, de la plaine aux sommités. A la Crot- taz, il croît à quelques mètres au-dessus du Rhône; à Fee, à plus de 2000 mètres s. m., sur les bords du glacier du fond. Valpinus n'a pas une aire verticale aussi étendue. Le rupestris est essentiellement une plante de rochers qui monte ou descend avec eux. Il n'est pas indifférent comme Valpinus à la nature de la roche ; du moins, je ne l'ai pas vu sur le calcaire , et il est nul sur les chaînes occiden- tales des Alpes vaudoises. A la Crottaz, il croît dans les fis- — 48 — sures du gneiss. Notre savant ami reviendra sans doute à l'espèce de Schleicher. Hieracium pictum SchI,, même localité. Viscaîia vulgaris Schl., au delà du pas, vers Outre-Rhône. Nepeta nepeloides Jord., id. Le rapporteur, L, Favrat. M. Wolf a trouvé à Ballacrèta deux plantes que nous avons rapportées au Hietiiciiini Trachselianum Christh. , et qui seraient exactement H. elisttm Arv.-Touv., var. canes- cens, et H. elisum Arv.-Touv., var. nigrescens (catal. du bas- sin du Rhône), selon communication de M. Arvet-Touvet lui-même. HERBORISATIONS VIÈGE-ZERMATT 31-36 juillet IST^S Notes de NIIM. JACCARD, D^ MORTHIER, TRIPET, VETTER, WOLF FAVRAT, coordonnées et condensées par MM. Morthier et Favrat. Ici encore, nous n'indiquerons que les plantes plus ou moins intéressantes ou critiques. L'énumération de tout ce qui a été vu ou récolté serait fastidieuse et sans intérêt. Pour une foule de plantes qui se trouvent un peu partout, nous ne donnons que l'indication générale des localités. En arrivant à Viège, le 21 dans l'après-midi, quelques membres de la société firent une petite excursion sur la route de Tourlemagne et trouvèrent, entre autres, les plantes suivantes : Dictaums albus, inabordable ; rocbers au-dessus de la vieille route. Uierachim piclum Schl., rupicohim Fr., tridentalum Fr. Linaria ilalica Trev. Erysimum helvelicum DC. Polenlilla inclinala Vill., en fruits. Centaiirea valesiaca Jord. Crupina vulgaris Cass, Achillea selacea W. Kit. Le même jour ils trouvèrent encore, soit à Viège même, soit aux environs : Un Trilicum rapporté par M. Boissier au T. bifloriim Brig- noli, et observé par lui sur les digues de la Viège. — m — Ce Trilicum a bien des épis violacés et un pori siii gêner is quand il croit au sec et au soleil, comme sur les digues; mais il reprend le port et tous les caractères du caninum dans les lieux frais, et la plante des digues n'est qu'une forme locale raccourcie et plus ou moins colorée par une forte insolation. La plante type, soit le T. caninum, a été retrouvée un peu partout en montant à Zermatt, et MM. Mor- thier, Vetter et Favrat, entre autres, ont pu se convaincre qu'il n'y a pas autre chose dans la contrée. Scirpus Tahernœmonlam Gmel. Onobrychis arenaria DC. , lieux herbeux au-dessus des vignes. Silène nocliflora, champ à gauche en allant à la gare. Crépis teclorum, descendue sans doule de la vallée de Saint- Nicolas. Lactncn aiigustana Ail., dans le cimetière. Hieracium Iridenlaltim Fr., au bas du bourg. PItelipœa cœerulea G. A. Mey., au-dessus des vignes. Nota. Sur la rive gauche de la Viège, en face du bourg, pentes et coteaux intéressants : Vicia Gerardi abondant ; Hieracium umbellalum var. Coronopifolium, sec. Christener, in litt ad Favrat. En montant, talus et terrains négligés : Bromus squarrosus var. /5. villosus Koch, etc. De Viège à Stalden, 22 juillet : Daphne alpina, abondant parmi les Juniperus sabina, à gauche en montant. Ecliinops spliœrocephalus, vignes et bords du chemin. Géranium divancalum, à Neubrûcke ; cherché en vain par plusieurs sociétaires ; il y était naguère assez fréquent. Lactuca virosa, çà et là, bords du chemin. » augvslana AH. id. » scariola forma inermis ; feuilles lobées-roncinées, côte médiane nue. h'auguslana a les feuilles entières ; sous Stalden. — 51 — Hyssopus officinalis, Pimpinella nigra. Podospermiim laciniattim, Thalictrum fœtidum. Oxylropis Halleri b. veliitinus Siblh, et 0. pilosa. Chenopodium opnlifoUum et Vulvaria, en jeunes fleurs. Erysimtim helveticum, un peu partout. Onosma slellulalnm W. K., un seul pied à gauche en mon- tant. Asperula monlana Willd. De Stalden à Saint-Nicolas : Erysimum helveticum D.C. Camelina dentata Pers., champ de lin à Nieder Grœchen. Juniperns Sabina, fréquent sur les rochers et affleurements. Lychnis flos Jovis Lam., Crépis tectonim, sous Saint-Nicolas. Géranium divaricatum L., avant de passer le premier pont de la Viège ; abondant surtout dans un champ de pommes de terre, sous le chemin. Silène valesia L., rochers à droite, entre Stalden et Kalpe- Iran. Phœnixopns vimineus Rchb., lieux secs, rocheux. Spergulnria rnbra Presl. Euphrasin? Voisine du maialis Jord, mais plus ou moins tomenteuse-grisâtre. Cette même plante se trouve au-dessus de Fûrgangen et d'Obergestelen (Haut-Valais), dans la vallée de Binn et près Bevers, en Engadine. Asperula montana Willd. Salvia Sclarea L., à fleurs jaunes ; jardins de Saint-Nicolas. Selaginella helvelica Spr., un peu partout, endroits frais, jusque dans le haut de la vallée. Bosa caballicensis Pug (R. Glauca var.), à gauche en mon- tant, 20 minutes de Stalden. Rosa sanguisorbella Chr. {montana var. in Christ Rosen der Schweiz). Rochers, entre Stalden et Kalpetran. Singulière forme , découverte antérieurement par - o'I M. Wolf. Elle s'écarle beaucoup du type du Mont Clou, localité classique, par ses feuilles elliptiques rappelant celles du graveolens ou du sepium. Peut-être un graveo- lens-munlana. Rosa graveolens var. pseiidoagreslis Burnat et Gremli, Ros. Alp. maritimes ; après le deuxième pont à 20 minutes au- dessous de Saint-Nicolas. Trigonella monspeliaca, Myosotis slricla, Lacluca virosa, et Arabis auriculata; cette dernière plante dans deux sta- tions : rochers à gauche, en dessus du premier pont de la Viège, et buissons à droite en dessus du second pont, sans doute ailleurs encore. De Saint-Nicolas à Zermalt : Crépis tectorum, montée dans la forêt, le long de la route, tantôt après le pont de Saint-Nicolas ; très peu. Silène quadrifida, lieux frais, Sculellaria alpina, près du torrent de Randa. Brassica campeslris L., dans les champs. Hieraciiim Schmidlii Koch, rupicolum Fr., blocs et rochers sous Zermatt. Gremli 3'^ édit. réunit ces deux plantes, Erigeron Villarsii Bell, et rupeslris Sclil. {riipestre Schl. in Sched, in herb, suo,), mêmes stations, Echinospermiim deflexiim Lehm., lieux frais, en plus d'un endroit. Hieracitim sabimim Seb. Maur., talus sous Zermatt, très beau et en grande quantité. Allium strictîim Schrad. et A. fallax Don., rochers sous Zermatt. Androsace seplentrionalis L, sous Zermatt, cultures. Colchicum alpiniim DC, un seul en fleurs, prés sous Zermatt. Rosa cinnamomea var. fulgens Chr, Randa , Herbrigen, Taesch., tout le fond de la vallée de Randa aux abords du glacier du Gcerner. Note. MM. Favrat et Gremli ont trouvé abondamment le cinnamomea dans le Hauf-Valais, sous Munster, août 1878, et sans doute la mênie forme que celle de Randa, etc. Il reste à éclaircir si les stations valaisannes recèlent le type et la variété du D"" Christ, ou s'il n'y a en Valais qu'une seule forme, la var. fulgens. Basa pomifera-rnbrifolia (Franzonii Chr.), avant le Seeli- bnicke, près Randa. Basa alpina var. acAileata, sous Randa, à la sortie des bois. » glmica Vill. et coriifolia Fr., çà et là. )> roriifolia- fulgens , trouvé par le D'' Christ, derrière l'hôtel de Randa. Note. B. fulgens, coriifolia- fulgens et pomifera-rnbri- folia, rapportées vivantes par M. Volf, sont cultivées dans son jardin, à Sion. Course de Zermatt au Rsefel, 23 juillet : I. En montant à l'alpe Augstkummen : Alsine nmcronala L. et recurva Wahinb. Trifolium pallescens Schreb. Erigeron Villarsii et rupeslris, qui sont un peu partout dans le fond de la vallée. Pedicularis roslrala, Scidellaria alpina, Pimis Cembra, Ve- ronica friUiculosa, Carex hispidula Gaud. ; cette der- nière plante est répandue sur les flancs ouest et sud du plateau du Rsefel. Aquilegia alpina L., Plantago bidentataMurïih. el Hieraciiim Laggeri Fr. (//. glaciale var.) II. De l'Augstkummenalp à l'hôtel du Rsefel. Trifolium saxalile AU., Anémone Halleri en fruits, Aquilegia alpina L., Hulchinsia brevicaulis Hpp. {affinis Jord.?), Euphrasia minima Schl. var fl. alho. Scirpus alpimis Schl., bords des canaux de dérivation, abondant. Alchemilla pubescens M. B., avec fissa et pentaphyllea. Oxylropis lapponica Gaud. et 0. Gaudini Reut. (0. cyanea auct. non Bieb., sec Gremli 'â'^ éd.) — 54 — ViscariualpinaFr., Genliana tenella Rottb., G. brachyphylla Vill. ei nival i s L. Hieracium glaciale var. Kochii Grernli 3^ éd. {H. breviscapum Koch non DG.) Androsace carnea L., Saxifraga aspera L., bryoides L., exarala Vill., variant Sieb. {nmscoides auct.), Seguieri Sprg, et platiifolia Lap. Pedicularis rostrala L., Euphrasia alpitia Lam,, Chamœ- orchis alpina Rchb., Carex hispidula Gaud., fœlida, capil- laris, mgra, alrala ei fetrugineaj Juniperus nanaWiWd. ; Salix relusa var. serpyllifolia et S. herbacea. Thlaspi corymbosum Gay, rocailles à gauche du sentier montant d'Augstkummen à l'hôtel. Thlaspi alpinum Jacq., stations analogues, en montant par le petit sentier à droite. Polygala alpina Perr.Song., Eriophorum Scheuchzeri Hoppe, Lloydia serotina Rchb., Gaya simplex Gaud,, Agrostis alpina Scop. et rupeslris Ail. Plateau de Rsefél et escarpements du flanc sud: Bon nombre des plantes de la montée, et de plus, les suivantes : Anémone baldensis L. Ranunculus parnassifolius L. Arabis cœrulea Hânk, Thlaspi alpinum-corymbosum, près du petit lac, pied nord du Rifl'elhorn, et en plus d'une autre localité. Alyssum alpestre L., pentes sud du Gœrnergrat, en dessus du sentier, vers le bas de la descente. Alsine venia Bartl. Cerastium pedunculalum Gaud. Anthyllis Vultieraria var. rubriftorn. Polentilla viinima, frigida, grandiflora forma minor {Vale- siaca Huet?) Herniaria alpina Yill. — 53 — Leucanlhemum alpimim var. minimum Gaud. Gnaplmlium supiniim, Artemisia glacialis, spicala et Mutel- lina. Phyleuma pauciflorum L. Geniiana bavarica var. rolundifolia lloppe. Cimbricala îichl. non Frœl.) Erilrichium namtm Schrad.. Linaria alpiua Mill., forme granitique, n'ayant pas la gorge orangée. Veronica bellidioides L. Androsace pubescens BC, glacialis Hoppe et imbricata Lam., cette deinière surtout dans les escarpements du flanc sud. avec le Phyleuma humile Schl. Arelia Vilaliana L. Tofieldia glacialis Gaud., forme extrême, glaciaire, du caly- culala. Juncus arclicus Willd. Carex alerrima Hoppe, bicolor Ail., membranacea Hoppe. Trisetum stibspicahirn et disiicliopliylliim Beauv. Poa laxa Hank., minor et disHchophylla Gaud. nemoralis va)', glauca Gaud. Festuca alpina Sut., Halleri AU., violacea Gaud., pilosa Hall, t., pumila Chaix et varia Hânk. Course au Schwarzsee et au Hôrnli, 24 juillet. Aster alpinus L., fl. d'un pourpre foncé. Sempervivum monlanum, arachnoideum, et sans doute plus d'une forme nouvellement décrite comme espèce. Artemisia nana p. parviflora Gaud. Cirsiinn helerophyllum Ail. Ces premièies plantes dans le bas de la montée. Plus haut, du Schafberg au Schwarzsee . Callianthemum rulœfoliiim G. A. Mey, Rammculus pyrenœus L. Arabis bellidifolia Jacq. — 56 - Cardamine alpina et resedifolia. Tfilaspi alpinnm, corymbosum et l'hybride. Hulcliinsia alpina RBr. et brevicaiilis Hoppe. Oxylropis Gaudini Reut. et montana DC. Astragalus leontinus, Phaca astragalina et australis. Polenlilla muUifida, nord-est du Schwarzsee. L'ambigiia (frigida-muUifida) a été cherché en vain, Hieracium sphœrocephalum Frœl. i Schafberg au Schwarz- Alchemilla piibescens Bieh. \ see, abond. sel. Wolf. Saussurea alpina DC. et depressa Gren. ?? Artemisia glacialis L. Leontodon pyrenaicus Gonan. Gentiana lenella Rottb. Pingtiicula grandi flora Lam. Rumex nivalis Ueg. Indiqué par M. Jaccard. Cité jusqu'ici aux Grisons, dans le massif du Sentis et dans l'Oberland. Plus haut, contre le Hôrnli : Draba Zahlbriickneri Host., frigida et Johannis. Braba Traunsteineri Hoppe, a été trouvé plus haut encore, en 1873, par M. Wolf, lors de son ascension au Cervin. Viola cenisia, Campanula cenisia nicerasliumlalifoliumvar. glaciale Gaud., sur les moraines. Crépis jubata Thom., moraine au pied du Hôrnli. Polenlilla nivea et frigida. Saxifraga bi flora et opposilifolia. Phylenma pauciflorum, Erilrichium nanum, Androsace pu- bescens, glacialis et imbricata. Oxylropis fœlida DC, au Hôrnli, Et nombre d'autres plantes déjà rencontrées. Environs de Zermatt. Hauteurs à l'occident du village et fond de la vallée, vers le glacier du Gœrner, 24 et 2o juillet. Bupleurum ranunculoides L., petite forme, lieux secs ou rochers autour du village. Campanula spicata L., mêmes stat. et dès le bas de la vallée. I — 57 — Androsace seplenlrionalis L., cultures, moissons, jusque dans les derniers petits champs du fond. Fiimaria Schleicheri Soy.-Will. (F. alpina Rion), mêmes stations, dès les villages en dessous de Zermatt. ErysUiiuni helveiicum DC, le type et une forme réduite, souvent tout à fait naine, var. pumilum Gaud. Hieraciinn sabinum Seb. Maur., prairies élevées du fond, vers le glacier. Erigeron acris-Villarsii, en compagnie des parents; sentier sur les hauteurs , en revenant du glacier du Gœrner, (Vetfer et Favrat.) Astragaliis leonlimis, Allium slriclvm et fallax, hauteurs du fond. Myosotis slricta Link, cultures, talus des chemins. Arlemhia nana ^. parviflora Gaud. Feslitca pilosa Hall. f. et Poa nemoralis var. glaiica Gaud., vers le glacier. Centaurea nerrosa, Tanacelum vulgare. Echinospermum deflexnm Lehm., dans le village. Trifnliiim alpestre L. Heracleum monlanum Schl., Canini bulbocaslamim Koch. et H. Spoudylinin var. elegans Jacq. Slipa pennala, Tlialictrum fœlidum. Arlemisia vulgaris. forma foliis ulrinque tomentosis. Knaulia sylvalica, fl. rubris. Rosa fulgens-pomifera ? autour de Zermatt (Favrat et Vetter.) C'est Vanoplantha Christ. Rosa alpina, formes; R. fulgcns Chr. et alpina- fulgens, têtes buissonnées, sur le chemin du glacier du Gœrner (Wolf.) Hieraciuni Scfimidlii Koch., avant Zermatt. Thlaspi...? groupe de Valpeslre, dissepimenta. Scleranthus... ? groupe du perennis. Note. Le R. alpina-fttlgens, rapporté vivant par M. Wolf, est cultivé dans son jardin, qui renferme en outre, wne foule de plantes rares du Valais. LA YÉGÉTATION DE LA SUISSE DAS PFLANZENLEBEN DER SCHWEIZ Zurich, chez F. Schullhess I»AR- LE D' H. CHRIST Nous devons un nouvel ouvrage à la plume de notre ami le D"" Hermann Christ, de Bàle, membre de la Société Mu- rithienne, ouvrage traitant de nouveau de la riche flore de la Suisse. Ce pays, il est vrai, est petit, mais plein de contrastes et de beautés harmoniques. Aucun pays, resserré entre des limites aussi étroites n'ofi"re autant de richesse et de variété dans ses aspects. Située entre l'Europe méridionale et sep- tentrionale, n'embrassant qu'une faible partie de la chaîne des Alpes, du Mont-Blanc au mont Œitler, la Suisse réunit à elle seule les beautés des paysages les plus variés de notre partie du globe: la mer et les steppes seules ne sont point représentées dans ce petit espace. Nulle part ailleurs le monde des Alpes n'atteint un déve- loppement plus grandiose et aussi bien caractérisé par les sites brûlants et arides des pays du sud-ouest, que par ceux du froid et sombre Nord. Les hautes Alpes sont sillonnées en tous sens par des val- lées nombreuses ; la végétation de la plaine monte dans les unes jusqu'au pied des glaciers, tandis que dans les autres règne partout la fraîcheur de la flore alpestre. Partout au pied de cette chaîne s'étend un plateau accidenté, formant — 59 — un parc riche et varié, tel que nous ne le retrouvons nulle part ailleurs sur le versant de la vaste chaîne des Alpes. De nombreux lacs alpestres remplissent les profondeurs de nos vallées, et leur donnent l'aspect le plus riant et le plus enchanteui'. C'est surtout sur le versant sud de nos Alpes, dans la zone insubrienne, que cet aspect frappe et saisit : car ici la pente des hautes alpes se précipite avec plus de rapidité vers des bassins naturels, au bord desquels s'étale une na- ture pleine de magnificence et de splendeur, nature plus riante encore en plusieurs points que celle même de l'Italie. En Suisse, toutes les formations de terrain, tous les cli- mats de l'Europe alternent. Les extrêmes sont fortement tranchés, mais pas autant, cependant, que la situation et la configuration du pays pourraient le faire penser, grâce à l'action adoucissante du vent d'ouest, auquel la Suisse est ouverte jusqu'à ses frontières de l'est. C'est ainsi que nos plus hautes cimes n'offrent jamais les froids intenses des plaines de la Russie. Mais c'est surtout dans la végétation qui orne nos vallées et nos montagnes jusque sur leurs plus hautes arêtes, que se présentent tous ces avantages. Grâce à la diversité de sa configuration, à sa situation au seuil du sud, sur la ligne de démarcation de deux zones climatériques, la richesse végé- tale de notre pays ne peut être surpassée. Quel contraste frappant déjà dans nos régions boisées : ici les foiêts de châtaigniers, dans lesquelles le cyclamen exhale ses par- fums et où resplendissent les genêts ; là, une forêt de hêtres avec ses épais et agréables ombrages ; plus loin, un taillis de mélèzes aux branches élégantes, aux pieds desquels nous admirons déjà la flore des Alpes. Plus loin encore, ces immenses forêts de pins avec leur majesté sévère, auxquelles les neiges de l'hiver prêtent seules quelque éclat ; enfin, le sombre arole du Nord, au pied du- quel l'ours cherche son repos, et même sur plusieurs de nos montagnes, le dur Pinus montana des Pyrénées a trouvé une autre patrie. — 60 — Ici, la végétation des bords de la Méditerranée, là, à quel- ques kilomètres plus haut, les représentants de la zone des forêts de la Sibérie. Plus grande est la diversité dans la végétation moins élevée des arbrisseaux, des buissons et des gazons. Quel contraste frappant! Les rochers brûlés du Valais, où rever- dissent à côté des Opuntias et des Iris, les buissons d'aman- diers et de figuiers, parmi lesquels percent çà et là, comme des étoiles, la bleue hépatique, le Bulbocode de l'Espagne occidentale et la brillante corolle de l'Adonis du printemps, et quelques heures plus haut seulement, nous voyons un gazon serré, formé de Carexel à'Eriophorum, habitants des contrées arctiques, luttant au bord des neiges pour leur courte existence; enfin la blanche et transparente anémone du printemps, qui vient d'éclore à l'instant et qui hier en- core était couverte du manteau de l'hiver. Quelles influences climatologiques agissent sur la répar- tition de ces plantes? quelles sont leurs diverses prove- nances? quels traits caractéristiques se manifestent dans leur groupement? quelle place occupent-elles par rapport à la végétation des pays qui nous avoisinent? enfin quelle est leur histoire ? Telles sont les questions que le savant auteur s'est posées et a cherché à résoudre dans son Pflanzenleben qui est écrit dans un style clair et précis, et qui respire partout cet amour de la nature et cette fraîche poésie que nous retrouvons dans tous ses ouvrages. Dans l'ouvrage du D"" Christ, nous trouvons réuni tout ce qu'ont pu fournir sur cet inépuisable sujet trente années de travail et d'études. Chaque ligne de cet ouvrage est em- preinte de l'ardent amour avec lequel l'auteur a embrassé son sujet, et d'une vive reconnaissance pour les nombreuses bénédictions que le Créateur a répandues sur sa patrie. Nous ne saurions assez encourager les membres de la Société Murithienne à lire ce précieux travail, et nous re- mercions cordialement l'auteur de nous avoir procuré de nouveau de vraies et saines jouissances. — Ci - Nous lerminerons ces quelques lignes en donnant un aperçu très restreint de cet ouvrage. Après avoir tracé les règles générales, les principes de terminologie, etc., qui doivent guider l'auteur, il nous dé- crit d'après les classiques idées du grand Haller, les diffé- rentes régions, leurs altitudes, leurs caractères et climats. Il nous décrit leurs limites supérieures et inférieures, en se basant sur les observations que Wahlenberg a faites pour la Suisse septentrionale, Heer, pour le canton de Glaris, Rion pour le Valais, et Fischer pour l'Oberland bernois. Ces différentes régions sont : I. La région inférieure, qui se divise en : A. Région insubrienne des lacs transalpins et de leurs alentours enchanteurs, B. Région du bassin du Rhône : a) Genève. b) Le bassin du Léman. c) Région de transition du lac au Valais. d) Le Valais central. C. Les vallées du Jura, D. Zone des lacs et du fôhn, à la limite septentrionale des Alpes. E. Vallée du Rhin, II. Région des bois de haute futaie : rt) Du haut plateau de la Suisse. b) Des vallées des Alpes : c) De la région du châtaignier et des autres arbres des contrées insubriennes. III. Région des conifères. IV. Région alpine (du Valais, du Tessin, des Grisons, de l'Oberland bernois et de la chaîne septentrionale.) - 62 — Enfin suivent encore des études sur la flore du Jura, ses relations avec les Vosges et la Forêt-Noire, ses lignes de végétation et leurs causes climatologiques et géologiques; des observations statistiques et l'histoire de notre flore (périodes tertiaire et glacière). A cet ouvrage sont jointes quatre cartes et quatre chro- molithographies. La première carte nous donne une idée de la répartition de la culture de la vigne et de quelques plantes de la zone du fohn {Seduni hispanicum , Asperula taurina, Cyperiis longus, Hyperimm Coris) : la seconde traite de la répartition des forêts. La troisième nous donne quelques exemples de l'apparition toute particulière et locale de plusieurs plantes alpines: Primula integrifolia , Senecio uniflonis , incamis et carniolicus^ Androsace pubescens et lactea, Saxifraga Co- tylédon et inutala, Heradeum alpinum, Campanula Raineri. Dans la quatrième carte enfin, l'auteur nous fait foir gra- phiquement le résultat de toutes ses observations au sujet des flores propres à chaque région. Les quatre chromolithographies représentent des groupes caractéristiques de la vie végétale prise dans les différentes zones: la végétation des rochers brûlés à Sion {Opuntia Ephedra, AtHemisia valesiaca) ; un groupe de châtaigniers et un autre de Pinus Cembra et de Larix, et enfin une es- quisse d'un marais du haut Jura près des Ponts (Neuchàtel). Rarement la lecture d'un livre nous a procuré tant de jouissance et de satisfaction. Oui, c'est bien là le fruit d'un grand travail et des études consciencieuses de toute une vie, et d'un cœur plein d'amour pour le Créateur et la création. Nous devons ajouter pour les entomologues, que l'ou- vrage du D"" Christ renferme à chaque page d'intéressantes observations sur les papillons propres aux diverses zones végétales. Enfin, pour ceux de nos lecteurs qui n'en ont pas encore connaissance, nous faisons suivre la liste des publications antérieures de M, le D"" Christ, — 63 — 1. Pflanzengeographische Notizen uber Wallis. (Annales fie la Société bàioise des sciences naturelles, 1857.) C'est le résultat des excursions que le D^" Christ a faites avec Muret, Piamhert et Rion, dans les diverses contrées du Valais. 2. Ueber die Verbreitung der Pflanzen der alpinen Ré- gion der eiiropœischen Alpenkelle. Mémoires de la Société helvétique des sciences naturelles, 1863. Nous trouvons encore : 3. Dans les annales de la Société botanique de France, compte rendu de la session extraordinaire de Pontarlier, en juillet 1869, pag. 54 : Observations sur l'origine des espèces jurassiques, spécialement sur celle des espèces disjointes. 4. Die Rosen der Schwciz mit Rerûcksichtigutig der um- liegenden Gebicte Mittel- und Sûd-Europa's. Et comme supplément, dans la Flora, de Ratisbonne, di- vers articles sur les Rosa nouveatix ou critiques de la Suisse et d'autres contrées. 1874, N"s 13 et 34 ; 1875, N»* 18 et 19 ; 1876, No 24 ; 1877, N^^^ 26, 27 et 28. Un ou deux articles ont aussi paru dans le Journal of Roiany, un entre autres sur le R. Sclerophylla Scheutz. Cette monographie des roses de la Suisse a fait époque en Allemagne et en Suisse ; aussi MM. Burnat et Gremli ont-ils adopté entièrement dans leurs études sur les roses des Alpes maritimes les principes et le système de leur « maître, » comme ils aiment à l'appeler. 5. Dans les annuaires du Club alpin suisse, nous lisons plusieurs articles sortis de sa plume : Vol. II (1862), pag. 339 : Im flore des Alpes. Vol. VIT (1871), pag. 45 : La végétation du Sainl-Gothard. Vol. IX (1873), pag. 361 : La flore des Alpes du Tessin. Vol. XI (1875), pag. 3 : Les Alpes d'Unterwaldel les Alpes limitrophes d'Uri. Vol. XII (1876), pag. 360 : Die Alpcnrose (le rosage ou rhododendron.) Sion, printemps 1879. F.-O. WOLF. CATALOGUE DE LA BIBLIOTHÈQUE DE LA SOCIÉTÉ MURITHIENNE DE BOTANIQUE DU VALAIS Augsbourg. Naturhistorischer Verein. — Bericliten. Jahrg. 1869,71,73,75,77. Aarau. Gesellschaft. — Festscbrift 1869. Annecy. Société florimontane. — Revue savoisienne 1878, N°^ 2 à 12. Berlin. Botanischer Verein der Proviuz Brandenburg. — Verhandlungen Jahrg. 1873, 74, 75, 76, 77. Bienne. Société jurassienne d'émulation. — Actes, années 1876, 4 cahiers; 77, 7 cahiers. Brème. Naturvvissenschaftlicher Verein. — Abbandlungen, années 1875, 76, 77, 78. Bern. Naturforschende Gessellschaft. — Mittheilungen Jahrg. 1870, 71, 72, 73, 74, 75, 76 II, 78 II. Bâle. Naturforschende Gessellschaft. — Verhandlungen, Jahrg. 1875, 76. - 1874 I, 75 II, 76 I, II, III, 78, I. Buda-Pesth. Termesztrasji Fuzeteck. 1877, I, II, III, IV; 1878, 1. Berne. Société helvétique des sciences naturelles. — Compte- rendu 1876-1877. Bistritz. Gewerbe-Schule. — Jabresbericht, 1877-78. Coire. Naturforschende Gesellschaft Graudbundens. — Berich- ten Jarbg. 1866, 67, 68, 69, 70, 72, 73, 75, 76, 75-76, 76-77. — 65 — Colmar. Société d'histoire naturelle. — Bulletins, années 1873, 74,75,76,77-78. Carlsruhe. Naturwissenschaftlicher Verein. — Verhandlungen 1876. Châlons-sur-Saône. — Anneus, 1878, 4 cahiers. Dresde. Naturwissenschaftlicher Gesellschaft « Isis ». — Sitzungs-Berichten, Jahrg. 1875, 76, 77, 78 I. - Histoire naturelle du Caucase. Dantzig. Naturforschende Gesellschaft. — Schriften Jahrg. 1875, 1876, 4 cahiers; IV B, 1, 2, 3. Fribourgen Brisgau. Naturforschende Gesellschaft. — Jahrg. 1870, III, IV; 1873 cahiers I, II, III, IV; 1877-78 cahiers I, II, III. Fulda. — 1875, 76, 77, 78, 79, 7 cahiers. Géra. Gesellschaft v. freund. der Naturwissenschaft. — Jahrg. 1863, 64, 68, 69, 70, 73, 74 (Jahresberichten) Verhandlungen B. I, II, III. Grenoble. Société dauphinoise d'échange. — Bulletins, 74, 75, 76, 77 I II. Liste des plantes échangées dans les années 74, 75, 76, 77. Gênes. Società Crittogamologica. — Commentario, années 1861,62, 63, 4 cahiers. Genève. Echo des Alpes. — 1878 I, II, III, IV ; 79 I. Heidelberg. Naturhistorisch-medicinisch. Verein. — Verhand- lungen, B. II, H. II, III. Hambourg-Altona. Naturwissenschaft Verein 75, 76, 77. Lausanne. Société vaudoise des sciences naturelles. — Bulle- tins N™ 69 à 80. Lyon. Société d'études scientifiques. — Bulletins 1874, n"" I, II ; 77, n''^ I, II; 78, n^I. Société de botanique, annales 73-74 bis, 74-75, 75-76, 76-77. Catalogue de la flore du bassin du Rhône, 2-5. Luxembourg. Société botanique du Luxembourg. — Mémoires et travaux, 1873 II, III; 1874 I. Linz. Verein fiir Naturkunde, Jaresbericht 1-9. Landshut. Botanischer Verein, 1877 I. Lisieux, Bulletin de la société d'horticulture et de botanique T.1, 1-5;T. II, T. 111,1. Montpellier. Société d'horticulture et de sciences naturelles de l'Hérault. - 1878, I, II, III, IV . 5 - 66 — Padone. Vol. I à V. VI, 1. Paris. Feuille des jeunes naturalistes, vol. 1870-1879; 1879 1 à 5. Société botanique de France, sessions extraordinaires. — Tomes 7 à 13; 15 à 17. Semur. Société des sciences historiques et naturelles, 76-77. Trieste. Società Adriatica d. Scienz. natural. — Bolletini, vol. m, CI, II, III ; vol. IV, CI, IL Toulouse. Société d'histoire naturelle, II" année, fasc. 1, 2, Vienne. Zoologisch-Botanische Gesellschaft. — Verhandluugen B. XXV, XXVI, XXVII. L'échange des travaux scientifiques a lieu maintenant avec plus de trente sociétés. II. Ouvrages et brochures. D' Kilias. — Eisensâuerling v. Val. Sinestra. Worm-Muller. — Transfusion und Plethora. Siebcke. — Enumeratio Insectorum Norvegicorum. 4 fasci- cules. D'' Zchokke. Der Wassermangel in einem Theile der Schweiz. J. Chenaux. — Le diable et ses cornes. V. Thielau. — Der Kalk in seinen Beziehungen zum pract. Leben. Wunschmann. — Ueber die Gattung Nepenthes. Suter. — Flora helvetica. Linnée. — Gênera plantarum. J. Gay. — Monographie des Lasiop étalées. C. II. Persoon. — Figures coloriées de champignons rares. D. Viviani. — Fragmenta florœ italicœ. J. de Notaris. Musci italici. A. V. Haller. — Icônes plantarum Helvetiae. L. Franc. — Atlas autographique de plantes. Mina Palumbo. — Storia naturale del Madonie. D'' Fauconnet. — Herborisation sur le Salève. J.-C Zetterstedt. — Dispositio muscorum frondosorum in monte kinekuUe, nascentium. V. Payot. — Enumération des mousses des environs du Mont- Blanc. - 67 - Comte Jaubert. — De l'enseignement de la botanique à Paris, G, Passerini. — Suiracido carbonico emesso dalle plante. J. de Notaris. — Osservazioue suU'alcune specle diaire ilaliane. C.-M. Guldberg. — Etudes sur les mouvements de l'atmos- phère. C. de Seuc. — Windrose des sudlich Norwegens. Arwet-Touet. Monographie des Hieracia et Pilosella. P.Mantellier. — Esterlings de Saucerre. J. Chenaux. — Petits traités de botanique populaire. — La sauge. — La belladone. — L'éthuse. — La stramoine. A. V. Haller. — Enuraeratioplantarum Helvetise. Abbé Cottet. — Glossaire patois des noms de quelques plantes . F. V. Tschudi. — Les oiseaux et les insectes nuisibles. J. Chenaux. — Le diable et sa queue. Binet-Hentsch. — Le groupe de la Bernina. 0. Thomas. — Guide pratique de l'amateur de fruits. Institution Smilhsonnienne. — Liste des publications. Sion, décembre 1878. JusT. MuLLER, bibliothécaire. TABLE DES MATIÈRES PAGES Procès-verbal de la séance du 16 août 1877, à Lavey-les«-Bains . . 3 Dix-huitième réunion de la Société Murithienne de botanique du Valais, à Zermatt, vallée de Viège, les 23, 24, 25 et 26 juillet 1878 7 Notice biogiaphique sur le chanoine Gaspard Delasoie, curé de Bo- vernier, par Jules Emonnet, étudiant en droit, à Marligny-Bourg 11 Notice biographique sur le D"^ Jean Muret, de Lausanne 19 Notice sur une plante textile, communiquée à la Société Murithienne, réunion de Lavey-les-Bains, 1877, par Fréd. Roux, ancien phar- macien, à Nyon 28 Liste de quelques localités nouvelles de plantes rares ou intéres- santes du Valais 31 Note sur le Capsella rubella Reut 34 Note sur le Ranunculus Rionii, Lager, par F.-O. Wolf 36 Contribution à la Bryologie des Alpes pennines. Note communiquée par M. Kœrner, pharmacien à Aigle, de la part de M. Payot, de Chamounix ■^O Excursion botanique de Mordes, après la réunion de Lavey, 16 et 17 août 1877 *2 Herborisations Viège-Zermatt, 21-26 juillet 1878. Notes de MM. Jac- card, D'' Morthier, Tripet, Vetter, Wolf, Favrat, coordonnées et condensées par MM. Morthier et Favrat 49 La végétation de la Suisse. (Das PllanzeulebenderSchweiz.) Zurich chez F. Schulthess, par le D" H. Christ 58 Catalogue de la bibliothèque de la Société Murithienne de botanique du Valais 6* •1^4^ BULLETIN DES TRAVAUX DE LA ' __^ ^ SOCIETE MURITHIENNE DU VALAIS ANNÉE 1879 PUBLIÉ sous LA DIRECTION DE .HM. Wolf, piesideni, à Sioii; Favral, \ice-piésideiil, à Lausanne D'' Morlliici', [iiofesseur, à Neuchàlel. ■ X*^^ FASCBCUI^K NEUCHATKL IMI'RIMKRIE DE JAMES ATTINGEI! 1880 /^ / BULLETIN DES TRAVAUX DE LA y ^ SOCIETE MURITHIENNE DU VALAIS ANNÉE 1879 PUBLIE SOUS LA DIRECTION DE IH. Wolf, présideiil, à Sioii; Favrat, vice-présidenl, à Lausanne D' Morthier, itrnl'fssciir, à Nencliàlel. B^^ F.l^C^iCrLiK NEUCHATEL iMPRIMF.RIF. DE JAMES ATTINGER DIX-NEUYIEME KEUNION DR LA m\lM IIIIIÎITIIIEIE DE ROTÂ^IOllE DU VALAIS il SipiTP, avec excursion ;i Vercorin et dans la vallée des Anniviers les 23, 24 el 23 aoùH87!». Le 23 août, à 4 heures de l'après-midi, les membres présents se réunissaient dans une des salles de l'hôtel lîaur, et M. le professeur Wolf, président, ouvrait la séance par le discours suivant : Messieurs et chers collègues, « Il y a aujourd'hui dix ans, notre société était déjà réunie à Sierre, pour sa neuvième session. Après avoir, depuis lors, visité successivement neuf autres localités valaisannes et effleuré parfois le sol vaudois, nous nous retrouvons réunis ici, où autrefois le Hd chanoine Delasoie vous souhaita, mieux que je ne saurais le faire, la bienvenue, et nous retraça en termes éloquents l'histoire de cette petite ville, en nous faisant le tableau de ses richesses. Depuis, bien des orages ont passé sur nos tètes et éclairci nos rangs. Permettez-moi de rappeler à votre souvenir ces tètes vénérables, blanchies sous les labeurs de la science et dont nous avons amèrement déploré la perte. » M. le comte de Courten, d'abord, qui par sa chaleureuse réception, s'est attiré la reconnaissance de tous ceux d'entre nous qui étaient présents ici, il y a dix ans ; puis, notre tant _ /t — regretté Delasoie, qui par son dévouement pour l'humanité et pour la science, ne recula pas devant la souflrance et hâta sa fin par des labeurs trop arides ; Fauconnet, qui succomba aussi sous le faix du travail, et enfin notre vétéran, l'infatiga- ble Jean Muret, le botaniste légendaire, qui fit en sa vie pour l'étude de la dispersion des espèces en Suisse, plus qu'au- cun autre avant lui. Paix aux cendres de ces vétérans que nous avons tant aimés ! Que leur souvenir nous soit un puissant stimulant et que nous y puisions de nouvelles forces pour tra- vailler ardemment à l'étude de notre chère patrie suisse ! » Messieurs, l'an dernier, dans sa réunion de Zermatt, la Murithienne choisissait comme prochain lieu de réunion le chef-lieu de notre canton, la ville de Sion. Mais, sur l'aimable invitation de quelques amis de Sierre, votre comité prit sur lui de changer le lieu de la réunion et de le transporter dans cette dernière localité. Peut-être nous en saurez- vous gré, car nous vous avons transportés à la porte d'une de nos vallées alpines remarquable à tous les points de vue, la vallée d'An- niviers. Vous verrez là une population robuste, célèbre par ses mœurs patriarcales et hospitalières. J.-J. Rousseau nous en a laissé une peinture qui nous montre combien est intéressant le genre de vie primitif des Anniviards, genre de vie qui n'a guère changé jusqu'à nos jours. Schinner, Desor et surtout le P. Furrer dans son histoire du Valais, nous ont retracé l'his- toire de Sierre et des localités qui l'environnent. » Girard dans ses lettres sur le Valais, décrit aussi d'une manière toute spéciale la vallée d'Anniviers. » Le géologue Gerlach a commencé ici à s'initier aux secrets enfouis dans les entrailles de la terre, alors qu'il était ingé- nieur des mines des environs d'Ayer. Outre ses Coyitrihutions à la carte géologique suisse,, il décrivit la constitution oro- graphique de la vallée et ses richesses minéralogiques dans ses Bergwerke des Kantons Wallis. En remontant la vallée trans- versale d'Anniviers, nous traversons successivement les rochers des diverses formations de l'ère primaire. D'abord des gypses métamorphosés, intercalés au milieu du Pantiskalk et des — 5 — QuiirziLs. puis de puissantes assises de schistes cristallins do même origine : des schistes calcareo-talqueux recouverts ici et là par les alluvions glaciaires forment le substratum de la partie supérieure de la vallée, qui atteint cependant encore les gneiss des massifs centraux. C'est dans les schistes métamorphiques que se trouvent la plupai't des exploitations de minerais de la vallée. On en tire de la magnésie, des oxydes de fer, du manga- nèse et du cobalt, en quantitt's plus ou moins considérables. — Le D'' Girard a aussi donné une description très détaillée des richesses minérales de cette vallée dans ses geologischen Wanderuuf/en. Déjà Murith. dans son Guide du Botaniste, nous entrelient de la Flore des Anniviers. Puis Rion la par- court en compagnie de M. le comte de Courten, dont les collec- tions furent plus tard données au Musée cantonal valaisan. Christ y fit plusieurs excursions et y signala le premier plu- sieurs espèces rares, surtout du genre Ro»ier. — Partant de Sierra et remontant le glacier de la Dent-Blanche et du Weiss- horn, nous parcourons successivement toutes les régions bota- niques, depuis la zone inférieure, telles que le Grenadier. l'Amandier, les Glaucium , l'Flu])hrasia viscosa et beaucoup d'autres. jus(|u'aux sommets ardus où la végétation naine de la région nivale lutte contre l'àpre haleine du nord et les glaces éternelles. Mais pour ceux qui ne pourront atteindre à ces der- nières, la récolte n'en sera pas moins fructueuse : dans la partie moyenne de la vallée, le vagabond Géranium bohemicuni et son congénère le G. dlvaricatma., la charmante Linnaea horealis et beaucoup de Roses et d'autres plantes rares seront la récompense de ceux que l'ardeur du soleil et la déclivité des rampes n'effrayeront pas. » Nous n'entrerons pas dans plus de détails, car nous vou- lons réserver à nos compagnons de demain quelques surprises (|ui perdraient tout le charme de la nouveauté, si nous les dé- voilions ici. Du reste, Delasoie, dans son discours d'ouver- ture de 1869, inséré dans les Bulletins, le fit déjà en termes des plus éloquents. Puis, tout à l'heure, M. le D"" Schacht nous entretiendra lui-iiiènie du pays qu'il liai)ite et à la population duquel il consacre ses forces et sa science, mieux que nous ne saurions le faire. » Il me reste donc à déclarer ouverte la dix-neuvième session de la Société murithienne, en souhaitant à chacun de vous, collègues et amis, la plus cordiale bienvenue. » Etaient présents à la séance : MM. Favraï, professeur, vice-président, Lausanne. BoREL, Marc, pharmacien, caissier, Bex. MuLLER, G., pharmacien, bibliothécaire, Sioii. DE Chastonay, pharmacien, Sierre. DuFLON, inspecteur des écoles, Villeneuve. Emmonet, avocat, Martign\ . D"" MoRTHiER, professeur, Neuchàtel. D*" ScHACHT, Sierre. ScHNETZLER. profcsscur, Lausanne. Rev. J.-C.-W. Tasker, Clarens. PiTTiER H., Chàteau-d'Oex. M. PiTTiER est nommé secrétaire ad hoc. • M. BoREL, caissier, présente les comptes qui se résument de la manière suivante : Solde du compte de 1878 Fr. 149 10 Contributions de 1879 » 423 — Total Fr. 572 10 Dépenses diverses » 63 80 En caisse Fr. 508 30 sur quoi il reste à payer les frais d'impression du Bulletin des années 1877 et 1878. Les comptes sont approuvés et de chaleureux remerciements votés à M. Borel pour la sollicitude qu'il voue à la caisse de la société. — 7 — M. BoHËL propose de |))élever fr. 100 sur le boni de cette année et de les placer comme fonds de réserve, et cette propo- sition est votée sans opposition. Sont ensuite présentés et admis à l'unanimité comme mem- l)res actifs. MM. Barbey, W illiam, à Valleyres, près Orbe (Vaud). DE CûUHTEN, Joseph, candidat médecin, a Sieri'o. Ckuchet, pasteur, à Montpreveyres (Vaud). FoNïANNAz, pharmacien, Cossonay (Vaud). Mouel, Alfred, théologien. Lausanne. PoRRET, Edouard, école secondaire, Villeneuve. DE RoTEN, Albert, étudiant, à Sion, DE Werra. Joseph, candidat médecin, Loèche. Le Comité est réélu pour deux ans comme suit : Président, MM. F'.-O. Wolf, professeur. Vice-président, \J Favrat, professeur. Secrétaire., Favre, Rd chanoine. Caissier . Borel, pharmacien. Bibliothécaire, Muller, G., pharmacien. M. le Président annonce le décès d'un des membres de la Société, le comte René de Menthon. Sur l'invitation de M. le curé Favre, à Bovernier, faite en son nom par M. le Président, la Société décide de tenir dans cette localité sa prochaine session. Elle aura lieu au mois de juin 1880, et sera accompagnée d'une course au Mont Clou, célèbre par les découvertes de Delasoie, et si possible d'une excursion au lac Champex et au Catogne, localités des plus riches aussi au point de vue botanique. Les questions administratives étant ainsi liquidées, M. de Chastonay lit la traduction française d'un intéressant travail du D"" Schacht, sur la climatologie de Sion, de Sierre et du Valais en général. M. le professeur Schnetzler entretient ensuite l'assemblée — 8 — du mode de fécondatiuii de quelques plantes, eu parlieulier de lAriiiH crinitum (A. muscivorum. L. Hl.) des Baléares et de la Sardaigne. Sa communication, qui captive rapidement l'attention des auditeurs, vient ajouter un fait de plus à l'appui de l'idée que les modifications que l'on observe dans les orga- nes floraux de certains genres, ont lieu en vue d'assurer l'exis- tence non-seulement de l'espèce, mais aussi de l'individu. M. BoREL met sous les yeux de l'assemblée utie série de (jcn- tianes qui s'hybridisent, avec leurs produits, qui paraissent assez fréquents dans les hauts pâturages des Alpes de Bex. Ce sont : Gentiana lutea L, donnant avec G. purpurea L. G. Tho- masii Hall (G. hybrida). Gentiana lutea L. donnant 'à\ec 2nmctata L. G. Charpen- tieri Thom. (Schl.) Gentiana purpurea L. donnant avec ptinctata L. G. Gaic- diniana Th. Toutes ces gentianes sont très-bien {)réparées, de manière à mettre en évidence leurs caractères respectifs. M. Borel nous a aussi apporté des échantillons frais de Gentiana purpurea à fleurs blanches. Ce cas d'albinisme, du, comme on sait, à une altération des fonctions de nutrition, a déjà été observé à des degrés divers d'accentuation par plusieurs des membres pré- sents. Suivant M, Favrat, la fleur complètement albinisée de la Gentiana punctata présente une teinte d'un blanc laiteux et la ponctuation n'existe plus. M. ScHMiDELY, de Genève, a fait don à la Société d'un fasci- cule de plantes rares ou critiques. M. le Président en profite pour rappeler au bon souvenir de chacun l'herbier de la Muri- thienne. M. WoLF attire aussi l'attention sur un nouveau Veronica, voisin du V. hellidioides L., découvert à Belalp et Hiederalji, dans les montagnes de Naters, et décrite par Townsend. M. Favrat nous entretient ensuite d'une Rose du groupe R. sepium, d'un Rosa gravenlens Gr. et God. à fleurs roses, trouvé à Ausserbinn, localité riche en espèces critiques de ce — - i»enre. Non loin de là, on a aussi décoiivcM't un autre Rosier rapporté d'abord au R. S(?'piayii, puis distribué ensuite j>ar Favrat, sous le nom de R. Vetteri Fav. La diagnose en sera publiée dans les Beitràge ziir Flora der Schioeis de Gremli. D'après M. Favrat, le Rosa alpestris R. est un eoniposituni de plusieurs autres espèces. Il l'a poursuivi dans ses diverses stations vaudoises, espérant éclaircir la question. La foi-ine qu'il a trouvée à Morcles et que Rapin a cru reconnaître ])our son espèce n'est pas autre ciiose d'après lui que le Rosa inontana Vill. type et d'après M. Christ, le R. Chavini Rap. Ces deu\ derniers sont d'accord pour dire que la Rose de Morcles n'est pas V alpestris et M. Favrat pense que la forme de la Comhal- laz, dans les Alpes d'Ormont-dessous, s'en rappi'oche davan- tage, tout en estimant qu'il faut rechercher au Salève le véri- table type de Rapin. Il serait bon de le retrouver et d'en sépa- rer ce qui ne s'y rapporte pas. M. WoLK fait circuler un fort bel échantillon de la Carlina acanthifnlia Ail, découverte par lui en compagnie du Trago- pogon crocifolius L., sur les pentes du versant nord de la vallée d'Aoste, entre St-Oyen et St-Rémy. C'est la station la plus rapprochée de la Suisse de cette espèce qui est originaire des Alpes méridionales. M. Favrat annonce le retour dans les collections cantonales vaudoises de l'herbier de Gandin, qui était devenu la propriété de Sir Hooker, directeur du Jardin Botanique de Kew (Angle- terre). Sur les demandes de M. W. Barbey, Sir Hooker con- sentit à l'échanger contre un herbio- conforme à la troisième édition de V Excursions flor a de Gremli. M. Barbey pritgéné- i-eusement les frais à sa charge et M. Favrat fut chargé de la confection de la collection à remettre en échange. Il arrive au bout de sa tache, mais un certain nombre de plantes lui man- c|uent encore pour lesquelles il réclame l'appui des sociétaires de la Murithienne. Quant à l'herbier de Gandin même, son état est loin d'être des plus satisfaisants. Les échantillons sont pas- sablement détériorés et la valeur en est plutôt historique que scientifique. Cependant, à ce dernier point de vue, les Grami- — lu- nées préseiileiil un i^raiid intérêt en ce sens quelles ont servi de base à un ouvrage classique : VAgrostologia helvet. Il y a trouvé des plus i-ares formes, entre autres le Poa cœsia Gaud., provenant de la Gemmi, où il n'a jamais été retrouvé. L'ordre du jour étant épuisé, la séance est levée et, en attendant le modeste banquet ([ui doit suivre, les assistants s'en vont admirer la belle collection des Coléoptères des envi- rons de Sierre, obligea nmient exposée par son propriétaire, le D'' Schacht. Il n'est point d'habitude de faire entrer dans un procès- ver- bal les détails du banquet. Qu'il nous soit permis cependant de rappeler le vœu exprimé par M. le D'' Sghnetzler à la suite de son toast à Murith et Abram Thomas, de voir la Société réédi- ter dans sa forme originale la correspondance de ces deux sa- vants naturalistes, réunie dans le Guide da botaniste qui voyage dans le Valais. Puisse cette idée ne point rester à l'état de projet et voir bientôt sa réalisation. Les journées du 24 et du 25 ont été consacrées à une excur- sion dans la vallée d'Anniviers. Cette excursion, parfaitenient réussie, a fourni une al)ondante et riche moisson botanique aux quelques membres amateurs qui n'ont pas craint la fatigue et la chaleur. Pour le secrétaire, H. PlTTIER. QUELQUES OEJ^ERVATIONS sur Arum critinum Ait. John Lubhock, dans son ouvrage intitulé Insectes et fleurs. traduction française de Barbier, 1879. dit : « Les petits insectes sont attirés par le spadice coloré de l'Arum maculatu^n; ils espèrent trouver dans le tube du nectar et un abri ; s'ils \ pénè- trent avant que les stigmates soient arrivés à maturité, ils se trouvent emprisonnés par une rangée de poils qui, tout en leur [)ermettant d'entrer, les empêchent de sortir. Touteibis, au bout de quelque temps, la maturité des stigmates est accomplie et chacun d'eux distille une goutte de nectar pour consoler sans doute les insectes de leur captivité. Les anthères mûris- sent alors et déversent leur pollen, qui tombe sur les insectes et adhère à toutes les parties de leur corps. En même temps, les poils qui barraient leur chemin se dessèchent, ce qui per- met aux insectes de sortir et d'aller porter le pollen dont ils sont couverts sur les stigmates d'une autre plante. On trouve (juelquefois plus de cent petites mouches à l'intérieur d'un Arum. Dans ce cas, il y a évidemment grand avantage poui' la plante à ce que les stigmates ai-rivent à maturité avant les anthères. » Aricyn crinitam Ait. (Dracic/iculus crinitus Schott) est une fort belle aroïdée des iles Baléares, de la Sardaigne, etc. La spathe, d'un violet pourpre, est recouverte intérieurement de poils visqueux d'un poui'pre foncé; le spadice, qui a plus d'un décimètre de longueur, est garni de longs poils de la même couleur. Cette belle coloration suflîrait déjà pour attirer lattention des insectes qui cherchent leur nourriture au fond de la spathe des aroïdées. Mais celle de l'Arum crinitura — 12 — ippaïKl une oikuir si prononcée de chair corrompue (pie les insectes qui pondent leurs (t'ufs sur les corps des animaux en décomposition sont attirés en grand nombre par l'odeur de notre Arum. J'ai trouvé au fond de la spathe une belle mouche aux reflets verts métalliques (Musca Cœsar). qui était là par douzaines. Elle avait pondu ses œufs et de nombreuses petites larves ram|)aient entre les poils visqueux de la spathe. Des mouches communes et même des acarides ou petits cirons se trouvaient en grand nombre au fond de la spathe fraîche- ment épanouie de l'Arum crinitura. Examinons si ces nombreux j)etits animaux se trouvaient là dans les mêmes conditions que les petites mouches dont parle M. Lubbock. L'entrée et la sortie de la prison ])résentent d'abord quel- ques différences. Les poils ^IcVArum. maculatu/ii. qui ne sont autre chose que des étamines avortées, sont dirigés de haut en l)as et facilitent ainsi l'entrée des insectes. Les organes sexuels avortés du spadice d'Aricm crinitum. de même que les poils qui recouvrent ce spadice jnsquau sommet, sont dirigés de bas en haut, et sans présenter un grand obstacle aux insectes (|ui veulent pénétrer jusqu'au fond de la spathe, ils ne facili- tent certainement pas cette entrée, preuve les mouches qu'on trouve déjà prises et mortes entre les poils du sommet du spadice. En revanche, les poils visqueux (pii garnissent la surface intérieure de la spathe sont dirigés de haut en bas et présen- tent certainement un obstacle à la sortie pour les insectes qui, venant du fond de la spathe, voudraient franchir la partie rétrécie de cette dernière qui sépare la partie inférieure du spadice de la partie supérieure. Delpino (Ulteriori Osserva- zioni suUadicogamia nel regno végétale 1875) range les ^r?is [)armi les plantes qui etnprisonnent les insectes exportant le pollen des Arums protogynes dans d'autres fleurs plus jeunes. En examinant sous le microscope les ovaires cVArum crini- tura au moment où l'on trouve de nombreuses mouches au fond de la spathe épanouie, on voit que le stigmate est prêt à — 18 — recevoir le pollen, et j'ai trouvé à sa surface quelques grains (le ce l'avortement des ovaires. Th. ScHNETZLER, professcur. SUR UNE NOUVELLE ESPECE DE VERONfCA par M. To-wnsend *. J'ai récemment découvert une nouvelle espèce de Veronica, qui a été probablement jusqu'ici confondue avec le Veronica hellidioides L., mais qui me semble en être très-distincte ; car les caractères qui différencient l'une de l'autre ces deux i)lan- tes sont fort nombreux. La Société voudra bien me permettre de placer d'abord sous ses yeux la diafiiiose du Veronica hellidioides h. et celle de la plante nouvelle, suivie d'une description étendue de cette dernière, pour laquelle je propose le nom de Veronica li la- ciiia. Veronica hellidioides L. Sp. édit. 2, p. 15, n° 1 i et herh.l Herh.; Richt. Codex linnœanus, n** 77, p. 27. Foliis obovatis cuneatis obtusissimis superne minute subcre- natis, inferioribus majoribus subrosulatis , pilis glandulosis eglandulosisque intermixtis aut totis eglandulosis, foliis caii- linis oppositis 3 paribus remotis obovatis cuneatis, racemo ter- minali glanduloso- villoso ; calycis laciniis 4 subaequalibus oblongis sub apice intus glanduloso- villosis; corollae limbo lu- ride cieruleo quadriddo , laciniis subrotundis integerrimis; stylo tereti ; ovario non sulcato ; capsula obovato-rotunda stepe emarginata. Perennis. — In graminosis AI()ium. Jul.-Aiig. An- llieraî pallide purpnres ;i celles du rhizome: les feuilles mo\ennes sont plus petites, olilougues ou olilongues-lancéolées; \vs j'euilles — 18 — supérieures sont encore plus petites, plus étroites, et bractéi- fornies. La i^rappe, d'abord courte, s'alloni^e pendant la florai- son, et chaque Heur est pourvue dune liractée elliptique-oblon- i^ue, spatulée, {)resque deux fois plus longue que le pédicelle de la fleur et toujours plus longue que celui du fruit. Les fleurs sont opposées ou imparfaitement verticillées, les pédicelles courts, courbés en dehors pendant la floraison, enfin dressés. Le calice est plus long que les pédicelles ; les divisions sont au nondii-e de quatre à sept, dont lune est souvent rudimentaire. les autres sont elliptiques, elliptiques-linéaires ou linéaires, obtuses, glabres en dedans, dressées après la floraison. La co- rolle est environ deux fois plus longue que le calice, d'un lilas pâle, teintée de rouge, la gorge blanche ; les divisions de la corolle sont au nombre de quatre, souvent de cinq et même de six, la division suj)érieure est un peu rétrécie à son extrémité : toutes les divisions sont plus ou moins échancrées ou denticu- lées. Les anthères sont ovales-cordiformes, d'un blanc éclatant, un peu plus courtes ({ueleslvle. Lest) le est long, cylindri- que, latéralement comprimé au-dessus de l'ovaire, et quand la corolle vient de tomber, il se montre plus long de moitié que le calice. Le stigmate est pourpre. L'ovaireest couvert de poils glanduleux, appliqués les uns sur les autres dans ses trois quarts supérieurs ; il est parcouru sur chaque côté par un sil- lon étroit perpendiculaire. La capsule est ovale ou ovale-ellip- tique, tronquée, le plus souvent éniarginée, plus longue que large du tiers de sa longueur, et presque deux fois plus longue que le calice; elle est renflée, mais un peu comprimée latéra- lement et en dessus, marquée d'un sillon profond sur chaque face, et couverte de poils glanduleux (pii diminuent en lon- gueur de haut en bas. Les graines sont nombreuses, suborbi- culaires, fauves, ou concaves-convexes, très-minces, d'un jaune terne très-pàle. La plante est vivace. Toute la plante est couverte de poils courts, articulés et glan- duleux. Elle fleurit depuis le commencement jusqu'au milieu de juillet. Les stolons sont robustes, et ils portent des feuilles grandes — 19 — et nombrouses avant que le fruit soit mùr. La préfoliaison des feuilles est visiblement demi-équitante. L'axe de la rosette du stolon et niènie les feuilles sont dirigés horizontalement. Les lernn'naisons des segments du calice et des dents des feuilles sont distinctement jaunes et calleuses (ces callosités , bien (|u'elles existent dans le V. hcllidioides, n'y sont pas si pro- noncées). La couleur des feuilles est d'un vert jaune un peu pâle. La plante se trouve assez al)ondanunent sur le Bel-AIp, dans le canton du Valais. Elle habite les coteaux qui sont secs, boisés et exposés au soleil, à une altitude de 19iO à 2300 mè- tres, où elle se trouve associée à Arctostaj^hi/los alpina. Vac- cinium Mi/rtillus et Uva-ursi, Lu~-ula latea, etc. Je l'ai trouvée aussi au somniet du Riederhorn, ((ui s'élève à cnNiroii 2410 mètres, vis-à-vis du Bel-AIp, mais à l'est du glacier d'A- letsch. Il me reste maintenant à indiquer, au moyen d'une compa- raison plus étendue, en quoi T. bellidioides diflère de T. lila- cina. V. hellidioides est ordinairement plus petit, avec la tige plus grêle, les feuilles plus petites, les capsules plus grandes et d'une forme différente. Les feuilles sont moins dentées ; celles de la tige sont plus courtes, obovales-cunéiformes, le plus sou- vent tronquées, entières ou faiblement crénelées-dentées ; les poils des feuilles ne sont pas tous glanduleux, car il existe toujours des poils sans glandes, et il arrive souvent que les poils sont tous sans glandes. Les divisions du calice sont plus larges, subégales, au nombre de quatre, et il existe des poils glanduleux sur la partie supérieure et intérieure des divisions. Les divisions de la corolle sont plus larges, suborbiculaires ; la couleur de la fleur est bleu foncé. Les étamines sont d'un pourpre pâle. Le style est plus court que les étamines, et ordi- nairement il ne dépasse pas les divisions du calice au moment où la corolle vient de tomber. La grappe est plus lâche ; les lleurs sont pour la plupart solitaires et opposées, la première paire souvent écartée des fleurs supérieures; les bractées sont souvent plus courtes que les pédicelles. Le calice est courbé en - 20 - dehors sur le fruit. L'ovaire n'est pas sillonné. La capsule est obovale-orbiculaire, plus ou moins rétrécie du bas : les poils sur les capsules sont plus longs et plus égaux. Les graines sont plus grandes. Les jeunes stolons s )nt plus petits, avec les feuil- les plus })etites, moins nombreuses, plus en rosette et plus dressées. Dans la préfoliaison, les bords d'une feuille sont sim- [)len)ent appliqués aux: bords de la feuille opposée. Sur quel- ques centaines de plantes que j'ai examinées, je n'ai trouvé que deux ou trois exemplaires qui n'avaient aucune apparence de demi-équitation. En tout cas on devrait examinei' les feuilles dans leur première jeunesse. Bien qu'on trouve cette plante- dans la zone des Buissons, elle embrasse une aire bien plus grande, et s'élève jusqu'à ^7^0 mètres. Je n'ai pu trouver, ni dans les Flores générales, ni dans les Flores locales, aucune description qui donne à croire que les botanistes aient reconnu deux formes de Veronica hellnUoi- (les L. Il n'existe qu'un exemplaire de Veronica bellidioidcs dans riierbier de Linné. Sous l'exemplaire se trouve, de l'écriture^ même de Linné, le mot « Allione », et au bas de la feuille. « bellidioides M » delà même écriture. La plante est un vrai « hellidioides ». Le texte de Linné dans le Codex hntanicus Linnœanns de Richter (p. 27), me semble favoriser l'opinion qu'il ne connais- sait pas la plante que je nomme Veronica Ulaclaa. Les mots « foliis... crenat'ts » et ceux de Haller, « foliis ovatis subas- peris », qui sont cités par Linné, donnent à croire que c'était la plante la plus répandue et (|ue je décris comme Veronica bellidioides., que Linné avait en vue ; de plus, dans la des- cription originale de Haller. se trouvent les mots : « Flores... colore cœruleo... fructus... maxinius », mots qui se rappor- tent à Veronica bellidioides., et non pas à Veronica lilacina. Gaudin, dans la Flore Ilelv.., t. I, p. Wï. dit : « In montibus valesiacis », mais sa desci'iption est celle du T'. bellidioides *^l non pas du V. lilacina; le V. bellidioides se trouve en abon- dance dans le canton du Valais. Villars, dans son Hisf. des — 31 — pi. de Daiiph. (t. II. p. 11), dit de V. bellidioides (.[xxellc se termine par un épi de fi,eurs rougeâtres, rajoprochées, obs- cures, assez petiies, an.cquelles succèdent autant de capsu- les velues plus allont/ées dans cette espèce. Dans cette des- cription, les mois fleurs rougeâtres et capsules allongées s'ap- pliquent avec beaucoup plus d'exactitude au V. lilacina (:\u'nu r. bellidioides. Serait-il possible que le V. bellidioides L. fût remplacé dans le Dauphiné par le F. lilacina, et que Villars n'eût connu que cette forme? •J'ai consulté l'herbier de Kevv, et, parmi les nombreux exemplaires qui portent le nom de V. bellidioides dans cet herbier, je trouve plusieui's exemplaires de T'. lilacina. Je trouve deux exemplaires dans l'herbier Bentham, l'un avec une étiquette de l'écriture de M. Bentham, ainsi conçu : « Ve- ronica bellidioides, Gambredases. )](). (î. 26(1105)», et le se- cond, d'une autre écriture, ainsi conçu : « V. bellidioides. Gambredases. Arn. et Benth. (1105)». Ge dernier exemplaire était autrefois dans l'herliiei- de sir J. Hooker: il est probable que ces exemplaires viennent tous les deux de la même sta- tion et de la iuènie source, et (jue le second fut donné à sir J. Hooker par M. Arnott, cjui a accompaj^né M. Bentham dans son voyage dans les P\ rénées en 18^0. Dans le Cat. des pi. indig. des Pyr.^ etc., publié par M. Bentham, il n'existe que le nom de V. bellidioides.. sans station désignée pour la plante. Enfin, dans l'herbier même de Bentham, il y a encore quatre exem- plaires du V. lilacina., dont trois sont du Pic du Midi., 15-7-59, et un du port de PaiUières, 20-7-25 (1376). Dans Iherbier de J. Gay à Kew se trouvent en manuscrit, de sa propre écriture, des indications très-intéressantes sur le V. bellidioides, mais il n'y a rien qui montre ((ue M. J. Ga) connût le Veronica lilacina. Tous les exemplaires de son her- bier sont du Veronica bellidioides. M. J. Gay écrit : « Le Veronica bellidioides esiU\'S-\'é\icini\n dans toute la chaîne des Alpes , et sur les deux versants, flepuis Nice jusqu'à la Styrie. " Ainsi que dans les Pyrénées, au sonnnet de Gomalade, — 22 — près Pffits de Mollo (XdUirl!). entre le port d Uo elEsquierry !. au pic du Midi de Bigorre (Des Moul.), au cirque de Gavfirnie (Des Moul.), sans compter plusieurs autres localités indiquées par Lapeyrouse. » Se retrouve très-loin de la chaîne des Alpes et des Pj ré- nées : 1° sur le Schneekopf, montagne du Riesengel)irge, (|ui s'élève à 4500 pieds et plus au-dessus du niveau de la mer (d'a- près toutes les Mores de Silésie et de Bohème) ; 'i^ dans les i)ics de la Macédoine et de la Thrace (Griseb., Spicil... 75, 70, 127) : oo dans les montagnes du Banat (Roch. PL Banat. rar,, p. ()7) ; «< Manque dans tout le reste du monde, notamment en Espa- gne, dans l'Apennin, en Sicile, en Sardaigne et en Corse, en Grèce, en Dalmatie, dans la Carniole, dans les Carpathes, au mont Baido, dans les montagnes de la P^orét-Noire, dans les Vosges, dans le Jura, dans les montagnes du plateau central de la France, en Laj)onie, dans le Caucase et dans tout l'empire russe, tant européen qu'asiatique » La grappe terminale et la nature des poils des feuilles (composés de trois ou quatre cellules, non de cinq, six ou sept) distinguent le F. hellidioides du V. aphylla^ avec lequel Vaillant l'a confondu dans son herbier. 3 septembre 1848. » Il en existe aussi dans l'herbier de Kew deux exemplaires étiquetés, « Veronica hellidifolia L., Juin, au-dessus de Ba- gnères, Pyrénées » ; tous deux appartiennent au V. lilacina. Il y a aussi un exemplaire de V. lilacina parmi plusieurs de V. hellidioides collés sur une feuille de papier qui vient de l'herbier de Sir Jos. Banks à Kew. M. le professeur C. C. Babington a eu l'obligeance de cher- cher dans l'herbier de Cambridge, où il a trouvé deux exem- plaires qui sont probablement le V. lilacina, l'un dans les plantes pyrénéennes de Spruce, « Esquierry. 3 sept. 1848 »: l'autre, un exemplaire très-pauvre, dans l'herbier de Léman, provenant du « Galibier, Dauphiné, Aug. 40. S. Haden ». La planche de Reichenbach, dans ses Icon. FI. gerni. et helv. tab. MDCCXVI. IV et V. représente sans doute le V. 8. Veronica bellidioides L.et Veronica lilacina (Townsend) — 28 — helliflioidcsL. L;i tnl). 2Adii F/ora silesiaca de A. .]. Krocker. Vratislnviri' , 1787, représente niissi le T'. hellidioides L. Quant aux planches de Haller et de Sturni, je n'en puis parler avec certitude : il est possible que les artistes aient eu sous les yeux les deux espèces. Je communiquerai avec grand plaisir des exemplaires de V. lilacina aux botanistes qui désireront les posséder, s'ils veulent bien m'écrire ii mon adresse : F. Townsend Esq., Ho- nington Hall. Shipston on Slour. Angleterre. Ex'plication des fgures de la iilancho. V\^. 1. Veronica lilacina Nob. — Plante de grandeur naUirelle. Fig. "l. La môme, en fruits. Fig. 3. Veronica hellidioides L. — En fruits. Fig. 4 et 5. Calice. Fig. 6. Corolle. Fig. 7. Capsules du Y. lilacina. Hg. 8. Calice. Fig. 9. Corolle. l'ig. 10. Ca|)sules du V. hellidioides. Fig. \\ et M. Rejets rampants du mênne. Fig. 1.3. Rejet rampant du V. lilacina. Fig. 14 et 15. lîourgeons des rejets rampants du Y. hellidioides, grossis 20 fois. Fig. 10 et 17. Bourgeons des rejets du Y. lilacina, grossis 20 fois. — 26 — vallée est aussi fermée du côlé de l'OuesL et n'a de coinimini- cation avec le bassin du lac de Genève que par une espèce de iiorae se dirigeant en anele droit du côté Nord-Ouest, entre la Uent de Morcles et la Dent du Midi. — Le Valais possède ainsi un climat et une flore caractéristiques, différant complètement de ceux des environs du lac Léman et encore plus de ceux du nord de la Suisse. Le bois de Finges et le cône de l'IIlgraben forment dans ce bassin au-dessus de Sierre une ligne tranchée entre la partie inférieure plus chaude et la partie supérieure plus froide. — Nous ne nous occuperons que de la première. Les matériaux me manquent pour pouvoir indiquer la température annuelle moyenne de Sierre; on n'a pas fait d'observations suivies et les miennes propres ne forment pas une série régulière et ne serviront qu'à expliquer quelques faits particuliers. — Je prends donc pour base les obsei'vations très-exactes de la station de Sion, éloignée de Sierre de 3 lieues seulement. L'altitude de Sion est de 536 mètres, celle de Sierre de 552 mèties, une différence très-peu sensible. Je fais suivre les indications sur la tempéra- ture annuelle des saisons et des mois en comparaison de celles de Montreux. en degrés centigrades. Moyenne. Hiver. Priiit. Eté. Autoinne. Maxim. Minimum. Sion. 10,61 1,2 11,2 19,3 10,5 32,1 —10,2 Montreus. 10,45 2,41 10,4 18,69 10,65 29,7 — 8,7 Dec. Janv.Fév. Mars. Avril. Mai. Juin. Juill. Août. Sept. Oct. Nov. Sion. 1,2 —0,8 3,2 5,3 11,7 16,5 18,4 20,9 18,7 17 10,3 4,3 Montreux. 2,5 0,8 3,8 5 10,6 15,5 17,8 19,9 18,2 16,3 10,4 5,1 La quantité de pluie tombée est à Sion de 74cm, donc beau- coup inférieure à celle de Montreux, 'l^Sc". Cette minime quan- tité de pluie dans une vallée enclavée dans les montagnes indique à elle seule un climat particulier. Il faut y ajouter la distribution de cette pluie qui diflère de toutes les autres con- trées de la Suisse, sauf le canton du Tes.sin. — Partout la pluie est plus fréquente en été ; à Sion en été 26 %, vers l'automne 27 o/p. A cette circonstance correspond le nombre de jours sereins: comparé même au Tessin, le Valais possède un ciel plus serein. En 1874, Lugano notait L39 jours parfaitement — 27 — sereins, le Valais 145. Les mois les plus délavorables soiil ici décemiire et mai, à Lugano décembre et juin. — Sous le ra|)- port des nuages, Sion et Lugano accusaient en 1871 leschilïVes suivants : Moyenne. Ut'c. Juiiv. Fév. Mars. Avril. Mai. Juin. Juill. Août. Sept. Oct. Nov. Sion. 4,3 2,4 5,0 .'^,4 3.2 5,8 3,4 6,0 3,8 3,7 4,5 4,7 6,3 Lugano. 4,4 2,0 7 2,3 4,0 4,3 3.7 5,6 3,8 4 4,9 4,7 6.05 Les l)rouilIards proprement dits sont très-rares, les vents n'y ont nulle part un accès direct: la vallée, protégée par des remparts naturels, est tout à fait à l'abri des vents du Nord et de l'Ouest. Tous les vents, tant ceux de l'Ouest et du Sud-Ouest f|ui balaient le lac de Genève, que ceux du Nord et Nord-Ouest passant le Jorat, s'engouffrent dans la gorge de Saint-Maurice à Martienv et .soufflent dans la direction Sud-Ouest dans la vallée du Rhône. Ce vent se fait presque constamment sentir, surtout dans la partie inférieure jusqu'à Sion, et provoque le phénomène qui aura surpris maint voyageur, que tous les arbres qui longent le chemin de fer entre Martigny et Sion ont une direction Sud-Ouest et penchent leurs branches contre le cours du Rhône. — Le fœhn, le vent chaud du Sahara, le sirocco du Valais, fait seul exception. Il se précipite par la plus large et plus basse coupure du col tlu Simplon dans la vallée, et souffle, souvent avec impétuosité, dans la direction Nord- Ouest. En résumant ce que nous venons de dire, nous pouvons admettre que le Valais possède un climat relativement doux, sec et à forte insolation, en adoptant spécialement celui du centre, à Sion, comme type. La température de l'automne est la même qu'à Montreux : celle de l'hiver est un peu plus basse; en mars elle s'élève plus rapidement; le printemps qui, à Montreux, selon M. Christ, laisse percer, à un degré modéré, il est vrai, l'àpreté de la nature cisalpine, est plus chaud, ainsi que l'été. — Avec une température moyenne de 10,6° et une altitude de la vallée de 533 mètres, l'atmosphère doit nécessairement être plus pure et plus fortifiante. — 28 — L;i liaute température s'explique suffisamment par la confi- i^'uration de la vallée. Le versant nord, surtout les rochers nus. escarpés et perpendiculaires, s'échauffent sous l'action de l'in- solation et d'un ciel rarement couNcrt, et deviennent de véri- tables collecteurs de chaleur, d'autant plus que les vents per- çants et glacés n'ont pas d'accès. M. le chanoine Rion fut le pre- mier qui donna cette explication judicieuse du grand nombre de jours sereins et de la grande sécheresse. Les couches d'air réchauffées dans la vallée montent vers les hauteurs, entraî- nant avec elles les vapeurs d'eau dont elles se déchargent dans les régions plus fi'oides sous forme de pluie et de brouil- lards qui enveloppent les cimes des montagnes, tandis qu'elles sont remplacées par des couches refroidies et séchées descen- dant des hauteurs ; il s'établit ainsi une circulation permanente. Une autre cause qui provoque si souvent la pluie fait encore défaut : ce sont les courants d'air froid à travers des couches chaudes, saturées de vapeurs, et vice-versa. Car tous les vents ont la même direction et. tout en se déchargeant de leur con- tenu deau de l;i manière mentionnée, les \ents humides ont encore le privilège d'arrêter les nuages reposant dans le Haut- Valais. Ce fait est démontré en sens inverse par le f(i?hn. Cha- rrue fois que celui-ci cesse, le ciel, de limpide (|u'il était, se couvre d'épais nuages, et le vent d'en-bas venant à soutUerdès que le fœhn cesse, la pluie toml)e en abondance, mais pas long- temps. Nous avons ainsi souvent l'occasion d'observer en été. que, tandis que le Haut-Valais est couvert, pendant plusieurs jours, d'épais nuages, que la pluie ne cesse de tomber depuis le lac de Genève jusqu'au-delà de Saint-Maurice, et que le vent chasse continuellement dans la vallée de gros nuages qui côtoient les flancs des montagnes, le ciel nous sourit avec son plus beau bleu. Le même fait se répète encore avec les orages si fréquents des montagnes bernoises: ils sont là menaçant au-dessus des cimes altières. nous en poursuivons le chemin, entendons les décharges électriques et le roulement du tonnerre, et dans notre vallée le soleil ne cesse de nous inonder de ses rayons vivifiants. — 29 — Le clitiiat tout particulier du Vnlais crée une (lore particu- lière aussi. M. II. Christ la iléciit d'une main de maître dans son récent ouvrage sur la vie végétale de la Suisse. Sans être précisément un botaniste, chacun lira avec le plus grand intérêt les livraisons (pii ont paru jusqu'à présent de ce livre attrayant et instriictii'. — Je me ])ermets d'y puiser quelcpies passages. M. Christ dépeint d'abord la flore de la mer Méditerranée, de la zone riveraine de Gènes aux Pyrénées et à la Provence. Celle-ci monte le courant du Rhône, en s'afraiblissant toujours, [lour venii" s'éteindre au Fort de l'Ecluse. — k Dès que nous attei- gnons le magnifique Léman, dit l'auteur cité, nous louions une flore plus froide, moins caractérisée: les rives du lac noU'renl plus que des vestiges des espèces de la zone méridionale. (>> n'est qu'en remontant le cours de ce beau Rhône, jeune el. impétueux, dans le canton du Valais, que nous rencontrons de nouveau les plantes méridionales que nous avons quittées au Fort de l'Ecluse : Rhus eotinus^ Crupina, Acer opulifoliurn^ RuscuS; Ononis natrix et Columnœ, Coronilla mininia ; oui, nous trouvons au centre de la vallée, à Sion, des espèces qui allèctionnent les pays les plus chauds, et les Opuntia, les amandiers et les grenadiers croissent à l'état sauvage sur les flancs des rochers. La sabine odoi'iférante, les artemisia, les légumineux arbustiformes à fleurs dorées (Ononis nairix, Colutea) sont autant de témoins d'une végétation méridio- nale. » La végétation de la vallée, enrichie de types provenant de la llore du bassin rhodanique français, prête au cantnn du V'alais un caractère méridional forlem^nt accentué, mais mêle d'un joli contingent de plantes alpines méridionales etfl'espèces spécifiques ([ui sont en si grand nombre qu'elles prêtent ;i la flore de ce pays un caractère original etdistinctif. — Les forêts de pins .sont une spécialité du Valais, notamment sur les mame- lons aux environs de Sierre el au Bois de Finges. Ces arbres sont plus petits (|u'en Allemagne, mais pittoi-csques et d'une» structure méridionale. \j Euplirasia iriscosrr, plante alpine d[i Sud, habile dans leur voisinage, et partout pendent aux bran- - 80 - ches de ces pins les filages du méridional Bomhi/.r Pithyo- campa. En février déjà, la flore débute par Gagea saxatilis et Bidhocodium veraum, celle-ci [)assant d'Espagne en Provence et cessant en Valais. Plus tard paraissent : Aaeinone montana. Adonis vernalis, Viola arenaria, Oxytropis velutina, Ra- nunculus gramineus; parmi les graminées Trisetum Gaudini et Poa concinna, c II est évident, dit de nouveau M. Christ, que cette riche flore printanière, où brillent (juelques remar- (|uables plantes bulbeuses, est due à l'influence du passage subit de la température de l'hiver à celle du printemps. — En été, les coteaux en apparence si stériles du Valais étalent une flore admirable en richesse et en originalité. Parmi les espèces caractéristiques, nous citerons avant tout : Artemisia vale- siaca, les graminées, Stipa jiennata et cajrillata, Kœleria valesiaca et gracilis^ Festuca oviua f. valesiaca ei Epliedra helvetica. — Parmi les plantes endémiques, M. Christ cite notamment : V Arte^nisia valesiaca, Clyp)aeola Jonthlapsi, /', Gaudini. Ephedra helvetica, Centaurca tricolor f. vale- siaca, Androsœmum officinale f. grandifolimn, Biscutella lœvigata f. saxatilis et Iris virescens. — « Ces dernières espèces ne se trouvent avec assurance et de forme identique que dans le Valais. » — Puis, la superbe Tulipa Oculus solis Gaud-de-Saint-Am, et avant tout Iç Trisetum Gaudini, Poa concinna, Festuca ovina f. valesiaca. Ces graminées domi- nent et se trouvent partout en grand nombre. « Par la présence de pas moins de trois espèces endémiques, le gazon des rochers ilu Valais acquiert l'importance d'un véritable phénomène végétal, qui ne se répète pas dans l'Europe centrale. Aucune autre contrée de notre pays ne présente des plantes vivant en société en telles masses et sous forme endémique comme ces graminées, et le Valais acquiert ainsi l'importance d'un centre de création qui peut rivaliser avec les Alpes maritimes et leurs saxifrages, ou avec les dolomites du Tjrol méridional et ses daphne petrœa ; car. dans ces régions extrêmes orientales et occidentales, ces plantes sont des raretés, en Valais ces raretés sont la masse. » - 31 - M. Christ mentionne encore, comme un phénomène unique en Suisse, l;t llore autonmale du Valais, qui est un indice du caractère climatérique de l'été. — Quelques plantes, réduites par la séclieresse au sommeil pendant l'été, ne se réveillent et n'étalent leurs Heurs qu'à la faveur des pluies d'automne. Entre la iiraminée Molinia serotina et le Ci/clamen neapolitanum végète V Artemisia valesiaca; il est important de constater (|ue cette espèce, qui donne le haut ton dans la' société des plantes, ne fleurit complètement qu'en octobre. Nous rencontrons non moins de curiosités dans le monde des insectes. — Sans parler des espèces propr-ement alpines, nous trouvons dans la plaine chaude et sur les collines plusieurs espèces qui ap[)artiennent à la faune de la Russie méridionale et de la Hongrie ou qui n'habitent que sur le versant sud des Alpes et le midi de la France, mais ne dépassent nulle part les Alpes. — Parmi les papillons je citerai, — toujours d'après M. Christ, — les suivants : Argynais Pandora et Lycœna Jolas. tous deux habitant les régions méridionales de la Hon- grie jusqu'au midi de la France: AntJiocharis Belia.^ et Pa- bjommatus Gordius, Zygiena Ephialtes, semblables à l'es- pèce russe méridionale; le Satyrus Cordula, Lycœna Sebrus et Escheri des Alpes méridionales: puis Erehia Evias^ émigré de l'Espagne en Valais et apparaissant encore dans la Haute- Engadine. Les cicades sont encore, en dehors des régions du Nord, une apparition particulière au Valais: nous citons : Cicada Or ai Qi hd'matodes., c[ui grillotent sur les arbres pendant les jours chauds en juillet et août. Parmi les coléoptères les buprestes comptent beaucoup de représentants, notannnent Ancylochelra fiavomaculata, Chrysohothris chrysostigma^ Melanophi/a tarda et decostigma. Les suivants sont très-intéressants : Scraptia ferruginea Kiesew. jusqu'à présent inconnu ailleurs qu'aux environs de Sierre, puis Rhizotrogus Pini. Pliylln- perta campestris, Cetouia viridis et morio^ Oherea Euplurr- Ime, Purpuricenus Koehleri, Balaninus Elephas, A/ds ptuictata. — Parmi les hyménoptères, M. Frei-Gessner. . H{)i) : «Der von Rosenhauer in den Thieren Andalusien's aul'gezahlte zierlicho Rh. phmn'pes, welchen Herr Erbei' aucli sehr zaldreicii aus ivorl'u braclite, liât lange be- biischelle Hinterbeine. » Hieraul' sclieinen sich unsere nocli sehr mangelhaften Ivemitnisse dièses Thieres zu beschriinken. denn trotz der sehr mangelhal'ten Beschreibung und Abl)il- dung konnte ich keine weitere Notiz darilber auflinden. Es ist iiun Frey-Gessner's Verdienst dièse htibsche Acarine in der Schweiz aufgefunden zu haben. Er schreibt mir hieriiber : « Es sind mir bis dato zwei Gegendeh bekannt, wo ich das Thierchen auf kurzgrasieeni trockenem Wies und Ackerbo- — 8-2 — (len aufgefmiden halie : Um Sifieis ziemlicli liiiulig an drei Stellen (Aile Ruine, Abliiiiiize (les Kloster's und Hhoneuferhijiiei obei'lialb GlareN) und bei Mailij^U} ani Tour de la Batia Hiiiiel. Am Tage ineist unter oder an Steinen und Steiuchen. Reim Aulheben derselben lauten sie ai:i gehobenen Stein oder am Roden rasch fort, indeni sie ihre /iei'liclien Hintcriusschen wie Sclileppen nach sich zielien. — Letzles .lahr (1879) fand ich nirgendsaucli nur eiii Sliick, vielleichtsind sie m'chtjedes Jahr /u liaben (Mai oder Juui?)» — l)i(> Exeuiplare von diesen Kundorton UieilLe dev Ihalige Enloinologe deu Herren Pavesi und Leberl mil; lelzlerer ist seiliier gestorijen. I)a nun dièse (Jelehrleu meities \\ issc-ns diesc liir uiisere milleleuropaische Acaj'iiienl'auna ncue ,Millir iiocli iiiclit (>r\\alinl liaben. halte ieli es fur gehoteu diesel Liicke auszuiullen. Idi besitze leider nur ein eiiiziges Sliiek dieser li(ll)sclien Art, das noeh dazu (ieseldeelits unreif ist. welclies icii noeli dev lliite des verstor- beneu Di*. ÎAîb(M"l \erdanke: wohin seine eigeiien Exemplare gekommen siiul, liabc ich uicht erfahren konneu. Nach mei- neni Pneparate eine erncute Beschreibung nel)sl Abbildung zu geben, wage ich nicht und behalte mir daher \ or auf das hiib- sche Thierchen zuriickzukominen, sobald mir ein giucklicher Zufall das uothwendige Material in die Hand gespielt liai. LATHYRUS APHAGA, L. VAR. FOLIATA Note de M, J. Vetter, à Aubonue. Il y a environ vingt-cinq ans que j'ai trouvé à Schleitheim. canton de Schaffhouse, une variété de Lathyrus Aphaca, qui me semble mériter d'être connue plus généralement. J'avais alors récolté et envoyé en Allemagne 80 parts de cette va- riété, qui doit par conséquent se trouver dans beaucoup dlier- biers d'Allemagne. Malgré cela, aucune flore n'en a lait men- tion, autant que je sache. En été 187'.), j'ai prié un botaniste de Schatîliouse de chercher et de l'écolter pour moi cette plante. Il m'en a envoNé quelques échantillons cjuil a trouvés dans une autre localité, près du village d'Ober-Hallau, distante d'une lieue de celle où j'avais trouvé ma plante. Ce qui distir)- gue cette variété du type, c'est que les pétioles, au lieu d'être terminés en vrille, portent à leur extrémité une foliole unique, linéaire lancéolée, longue de () à 10 millim. et large de 1 à "l millim. Cette variété, qui juscju'à présent n'a ét(i observée que dans le canton de Schailhouse, pourrait bien se trouver aussi dans la Suisse occidentale, et je voudrais engager les botanis- tes qui trouveraient le type, à rechercher celte variété. SUPPLÉMENT AU CATALOGUE DE LA BIBLIOTHÈQUE DE LA SOCIÉTÉ MURITHIENNE L Oavrage.s acquis par échange. Augshurg. Naturhistor, Verein. Yerlumdl. N" 25. Auxerre. Société des sciences naturelles de l'Yonne. Vol. Berlin. Botan. Ver. d. Prov. Brandenhurg. .lahrg. 20. Bern. Naturlotsch. Gesellscli. (906-922: 923-93(5: 937-9(51 : 9(52-978). Bistritz. Gewerbesclmle. .Jahreshericht. V. Bremen. Naturwissench. Ver. (B. V-4; B. VI-l.) Bonn. Naturhistor. Verein. Jahrg. 3. 4. 5. 6. Bruxelles. Société royale de botanique. T. de 9 à 18, Chdlon-s'ur-Saône. Société de sciences naturelles. N"*^ 5. C. 7. Buda-PcstJi. Musée national hongrois. Termeztraji Fuzetok (1878. 2. 3.). Dresden. Nalurwissensch. Gesellscli. «Isis». Verliandl. (1878. 2.; 1879. 1.) Genève. Echo des Alpes. (1879. 1. 2. 3. \.: 1880. 1.) Freiburg i/B. Naturlorscli. (}csellsch. (B. VIL 1. 2. 4.) Grenoble. Société dauphinoise d'échange. Bulletin N" 8. Gôrlitz. Naturforsch. Gesellsch. Verhandl. B. XVI. Heidelberg. Naturhist. medicinisch. Verein. Verhandl. (B. IL 4. Kiel. Naturwissench. Ver. f. Schleswig-Holstein. (B. IL 2.; B. m. 2.: B. IV. 2.) — 85 — Landshut. Botaniscli. Verein. Verluind. 1876-77. Lausanne. Société vaudoise des sciences naturelles. 81. 8^. ()ffenhach a M. Ver. 1'. Naturkunde. Bericht. 17. 18. Nîmes. Société d'et. des sciences naturelles. Bulletins. (1871). 1 à {t: 1880. 1.) Padoue. Soc. venet. trientiu'. d. scz. natur. (1871). Bollet.; Atli. Vol. YI, fasc. "i.- 1880. Bollet.) Pa)'is. Société botanique de France. Bulletin. 11). ^0. il. Paris. Feuille des jeunes naturalistes. (1871). 5 à ["i: 1880. 1 à :\. Annecy. Société Floriniontane. Bévue savoisienne. (1870; 1880. 1 à 4.) Semur. Société des sciences historiques et natui'eiles. An- nées 14. 15. Trieste. Soc. Adriatic. de se. natur. (N'^ 1. Vol. V.) Vienne. Zoolog. Botan. Verhand. B. XXVIII. Washington. Départ, of. Agricult. Bapport. Année 1877. II. Dons. Taschenkalender l'iir Pflanzensaniinler. FiscJier. Flora von Bern. De Candolle. Introduction à l'étude de la botanique. ^ \ol. Déséglise et Durand. Description de nouvelles menthes. Schildknecht. Flora von Freiburg i B. Mémoires de l'Institut national genevois. 1 vol. N" XIX. Leresche et Levier. Decas plantarum novar. Hispani;c. Moritzi. Die Pflanzen Graubiindens. D\ingreville. Flore valaisane. Breitenstein. Microscopische Pflanzenl)ildei". Z)'" Fauconnet. Excursions botani(|ues dans le Bas- Valais. » Promenades l)otaniques aux Voirons. Waisenkindern von Zurich. Anieitung zur Pflanzenkunde. Z)'' Moritzi. Flora der Schweiz. Gandin. Flora helvetica. 7 Vol. LISTE DES MEMBRES m LA iSOGIÉTÉ EN J880 Membres fondateurs en 18()1. iMM. Delasoie, Gaspjii'd, chanoine du Graiid Sainl-Beinaid. f en 1877. Coriuil, Oiu'\s\Mi(\ mcclecin-véléi'inairc, Vou\r\. Dixon, James-Henri, J^ausanne. -}- (lard, Maurice, chanoine de Saint-Maurice. Taraniarquaz. Etienne, pharmacien, Semhraiicher. Schmidt, Ad., docteur-médecin, Vienne. Membres actifs ver as en 1861. MM. (raron, Benjamin, docteur-médecin, Bagnes. Frossurd, Basile, chanoine du Grand Saint-Bernard, f Reçus en 186^. MM. Burcher, Herm., pharmacien, Evian. Thomas, Jean-Louis, naturaliste, Be\. Bérard, Ed.. chanoine, Aosle. Deléglise. P.-J.. prévôt du Grand Saint-BernartL 31ar- tign\ . Huet du Pavillon, Ed., instituteur, Genève. Goumand, Eug., médecin-vétérinaire, Martigiij. Haussknecht. Charles, professeur, léna. Reçus en 1863. MM. Chenaux, Jean, curé à Vuadens, Fribourg. Cottet, Michel, chanoine à Gruyères, Fribouig. — 87 — l'iiillard, Félix, notaire, Be\. Miifmoiid, Jules, curé à Villiu-iiuixmd. Fiiltoui!.;. \)c Mf>ntlieys. avocat, Sien. Reçus en 18(54. jliM. Ilciizcii. .i!)!)é. préfet des étutics, Sion. iJorcI, Marc, [iliarmacion, Be\. lianier, Jos., abbé, Thonon. France. Reçus en. 18(5'). MM. ie comlc de Menllion, René, (-^lioisN . Friiiicf, -[en 1870. IManclion. F., professeur, Montpellier. France. TaNei'nier, Ant., président du lril)unal, Martignx. Reçus en 18(i(i. MM. Resse, Pierre, professeur, ciianoine de Saint-Maurice. RIancliet. Adolphe, naturaliste, Lau.sanne. Tornay, Et. -Louis, chanoine du Sainl-Rernard. cure à Orsières. Wolf, Ferd.-Otto, professeur, Sion. Pavot, Venance, naturaliste, Chamonix. Reçus en 18(57. MM. K(i;rner, Armand, pharmacien. Aiule. Rock, chanoine, desservant à Aigle. Paccolat, chanoine, curé à Vetroz. Deferr, chanoine, curé à Bagnes. Reçus en 1868„ MM. Ret'k, docteur-médecin, Monthej. Daval. inspecteur-ibi'eslier, Vevey. Favrat, [)rofesseur, Lausanne. Dulex-Ansermoz, rédacteur du Messager //es Alpes, Aigle. Godet, Cil. -Henri, professeur, Neuchàtel. -j- en 1879. Norujand, instituteur, Gi'ion. — 88 — Schaller, J.-L., docteur-médecin, Frihouri,' en Suisse, -|- 'J| en 1880. ïroillet, préfet à Bagnes. D'Odet, Maurice, notaire, Saint-Maurice. Reçus en 1869. MM. DeChastunaN, |)harniacien, Sierre. Rapin, Daniel, naturaliste. Genève. Fauconnet, Ch. docteur-médecin, Nyon, -j- en 1876. Chapelet, conunandant, Saint-Maurice. Reçus en 1870. MM. Chausson, docteur-médecin, Gimel, Vaud. Youilloz, Ant.. piiarmacicn, Martigny. Reçus en 1871 . MM. Lerch, .Jules, docteur-médecin, Couvet, Neuchàtel. Gabiaud, Et., avocat, Sion. Favre, Em., chanoine du Saint-Bernard, curé à Bovcr- nier. Bader, Gustave. Couvet. Neuchàtel. Reçus en 1872. MM. Andrcae, pharmacien, Fleurier, Neuchàtel. Burnal. En)ile. ingénieur, Nant sur Veve\ . De Stockal[)cr, chanoine, vicaire-général, Sion. Muller, Gustave, pharmacien, Sion. Yallegia, Luigi, Gasal, Italie. Reçus en 187o. MM. Thomas, César, Bex. Deséglise, naturaliste, Genève. D'' Moi'tliier, Paul, professeur. Neuchàtel. Zimmermann. Ernest, notaire, Viège. De Kalbermatten, Louis, prop., Sion. — 89 — Reçus en 1874. MM. Douisch, Arthur, pharmacien, Rome. Boni Ilot, Jean, jardinier. Bourne, Paul, ancien pharmacien, Genève. Roux, Frédéric, professeur, Nyon, Vaud. Yodoz. Ânt., pasteur, Novilie, Vaud. Gard. Maur.. employé au chemin de ler, Lausanne. Reçus en 1875. MM. I)' Abhcl. .Iules, chanoine, curé de la ville de Sinn. Barberini, E(hnond, étudiant forestier. Sion. Bertrand-Olivier, |)ropriétaire. Lausanne. Biolle\, Henri, conseiller d'F^tat. Sion. Duc, Louis, jardinier. Chèvres, Genève. Gorcelles. Ad. -Charles, membre de la Société des arts et de l'Institut de Genève. Furger, Ant., médecin-vétérinaire, Sion. Galerini. Ant., lil)raire, Sion. Pittier. Fr., instituteur, Chàteau-d'OEx. D"' .lean Muller, professeur à l'Académie de Genève. Bitz. Raph., peinti-e, Sion. Reçus en 1876. MM. Leresche, pasteur, Rolle. D'' C. von Nœgeli. professeur à l'Uiiiversité de Munich. Schwartzmann, Mich., instituteur, Bex. .laccard, instituteur au collège d'Aigle. E. Burdet, instituteur au collège d'Aigle. Duflon, instituteur à Villeneuve. D'" Dutoit. professeur à l'Université de Berne. Woltr, Henri, forestier, Sion. D"" Imsand, préfet du collège de Brigue. Emmonet, .Iules, avocat. Martigny -Bourg. Tilliet, Paul, professeur, Lyon. De la Blanchardière, Château du Val, près Matignon (Côtes-du-Nord), France. — !J0 — Reçus en 1877. MM. D'- Christ, Hermanii, Bàle. !)'• Aliolh, Bàle, f en 1878. Gilz, docteiir-niédecin. Yiè^e. Schnei(](;r, Ferd.. pliai'iii.Tcien. Biilc. Carron. Caïu..^ chanoine du Sainl-Beiiiard. professeui . Simplon. (>hene\ar'd, Paul, Genève. Schniidely, Aug., naturaliste, Genève. He\, instituteur. Yevev. Anex. Fliil., instituteur, Gryou, V.iud. 3îayor, Henri, stud. ^Aeo^., Lausanne. Roux, Féli\, instituteur à Sainle-(iruix. Yetter, naturaliste, Aubonne. !)'• Haller. Gottfried, Berne. Reçus en 1878. MM. Ti-ipet, Fritz, instituteur, Neuehàtel. Selinetzier, professeur à l'Académie de Lausanne. Chavannes, Sylvius, inspecteur des collèges cotnnuuiau\. Lausanne. Martin. Cliarles, directeur de la Ban(|ue de et à Genève. Coi'thésy, Félix, instituteui', Bex. Rév. J.C. W. Tasker. Glarens. D'- Schacht. Sion. Reçus en 1879. 3iM. Barbejj, William, à Valleyres, ()rès Orbe, Vaud. De Gourten, .loseph, cand. niéd., Sierre. Gruchet, pasteur, Montpreveyi'es, Vaud. Pontannaz, pharmacien, Gossonav. Vaud. Moral, Alfred, théol., Lausanne. Porret, Ed., école secondaire, Villeneuve. Boten, Alb.. étud., Sion. De Werra, .los..^ cand. méd., Loëclie. — 91 — Reçus dam la session du printemps 1880. Mermet, instituteur, Aigle, Vaud. Calpini. Lucien, cand. méd., Sion. De Preux. Aug., étud.. Sion. Wegener, étud., Si(»n. Membres honoraires. MM. Alphonse de Candolle, professeur éni Gènes. King, L. V., Rév. chanoine de Worcester. Grèves, Henr\, M. P. S.. Florence. Hanimer, colonel, conseiller fédéi-al, Berne. TABLE Pages. Séance du 2:> août 3 Quelques observations sur .4 rvoy? cr/7//u<;;/ Ai'f 11 Sur une nouvelle espèce de Vcrniiicjt. par j\1. Townsend I avec planche) H) Les conditions cliniatériques de Sierre, par le D' Scliacht . "ih ( j)ntiil)utions à la l^^aune entonio!oiii(|ue du Valais . . . )U) 1. Insectes rares capturés sur le Siniplon : 1 . Coléoptères '>6 "1. ]lénii|)tères '^xS '■\. Lépidoptères 08 H. Liste des pa|)illons ^U) in. Contril)utioii à la l'auiK' des coléoptères .... '{'?> Les environs de Saillon et ses carrières de marbre, par lt> proL ¥.-{). Woif :iri JAcursion botanique de Sierre à la vallée dAnniviers . . {\l\ Note sur \' Isatis J'illarsii Gaud. hclc (tS l)er StolVweclisel d(M' Hel'ezelle bei der AlcooIjiJi bruni.', von D' Wilhelni Scliacbt 70 Ueber das scbwei/eriscbe Huriierrecht von l\b\ ncbolopbus pbnnipes Lucas einer Milbe, von U' (I. llaller. in Berii . ihliothécaire. D"" Christ, professeur, Bàle. D"" MoRTHiER, professeur, Neuchàtel. Rev. J.-G.-V. Tasker, Clarens. Crughet, pasteur, Montpreveyres (Vaud). Tripet, Fritz, instituteur, Neuchàtel. Duc; L% jardinier. Chèvres (Genève). JuNOD, Henri, étudiant, Neuchàtel. Jaccard, in.stituteur au collège d'Aigle. BuRDET, E., instituteur au coMège d'Aigle. Taramarcaz, E., pharmacien, Saint-Brancher. Roux, Fréd., professeur, Nyon. ScHWERTZMANN, M., instituteur, Bex. Emonnet, J., avocat, Martigny-Bourg. Mayor, h., stud. théol., Lausanne. CoRTHÉsY, Félix, instituteur, Bex. DuFLON, inspecteur d'écoles, Villeneuve. Tavernier, Ant., conservateur des hypothèques, Martigny. Tavernier, E.-M., avocat, Martigny-Bourg. Gex, notaire, Martigny-Bourg, M. le chanoine Favre, secrétaire, donne connaissance à l'as- semblée d'une lettre par laquelle M. Ed. Porret, à Villeneuve, donne sa démission de membre de la Société Murithienne. Le même lit ensuite une lettre de M. H. Pittier, professeur à Chàteau-d'OEx, proposant à la Société de reprendre entière- rement l'étude de la Flore valaisanne, ou plutôt de la Flore de dispersion des espèces en Valais, en offrant de se charger lui- même de commencer ce travail, qu'il espère mènera bonne fin avec le concours de tous les membres de la Société. Voici les moyens qu'il propose comme point de départ de ce travail : 1" La Société Murithienne fera appel à la bonne volonté de l'un de ses membres (pas de Comnn'ssion) pour établir, au moyen des données actuelles, un catalogue méthodi(iuc des espèces végétales qui se trouvent dans le Valais. Ce catalogue sera présenté à la prochaine séance de la société (M. Pittier s'offre pour faire ce travail, d'autant plus qu'il l'a déjà com- mencé, et a déjà exécuté quelque chose d'analogue pour le canton de Vaud). i° La Société choisira chaque année un champ d'excursion défini et limité, tel qu'un vallon ou une section de vallée principale, et y fera une exploration complète dans toutes ses parties, surtout les moins connues. Les membres de la Société s'engagent dans la mesure de leur possible à faire de ce champ d'exploration le but de leurs excursions individuelles et à y récolter la plus grande somme de renseignements sur la disper- sion de toutes les espèces de plantes, tant vulgaires que rares. 3° Les renseignements ainsi réunis seront transcrits dans un registre établi à cet effet. Lorsqu'ils seront en quantité suffi- sante, il pourra résulter de leur discussion par des hommes compétents un travail homogène sur la Flore valaisanne. 4° Le champ d'exploration pour l'année 1880-81 comprendra le bassin hydrographique de la DransedeMartigny. Les stations y seront indiquées d'après la carte fédérale au Vioooao ^^ d'après celle du Glubalpin; chacune d'entre elles comprendra un rayon moyen ne dépassant pas un kilomètre. Après une discussion animée à laquelle prennent part MM. WoLK, Christ, Morthibr, Favre, etc., la Société accepte en principe la proposition de M. Pittier. en ce sens qu'on com- mencera par faire un catalogue aussi complet que possible de toutes les espèces découvertes en Valais et qu'on enverra ce catalogue à tous les membres de la Société, en les priant d'y ajouter leurs observations, tant sur les nouvelles espèces que sur l'étendue de l'aire d'habitation de chaque espèce. En d'autres termes, les propositions 1 et 3 faites par M. Pittier — 6 — sont adoptées, y compris son offre de commencer le travail tandis que les propositions i et 4 sont repoussées, quoique excellentes en elles-mêmes, à cause des difficultés que présen- terait leur exécution. M. le D'- MoRTHiER lit une nécrologie de M. Ch.-H. Godet savant naturaliste neuchàtelois, ancien membre de la Société Murithienne, et l'impression de ce travail dans les bulletins est votée, M. WoLF indique de nouvelles stations pour trois espèces rares, ce sont : 1° Equisetum umbrosum Meyer, qui n'avait été signalé jusqu'ici qu'à Saas-Balen. M. Wolf a trouvé cette espèce à Isérable, à Bérisal sur le Simplon, dans les vallées d'Ann.viers et de Réchy, à Nax et aux Mavens de Sion. 20 Euphrasia viscosa L. Cette espèce se trouve en quantité en montant à Varone, de l'autre côté de la Dala, près de Louèche et dans le bois de Finge, près de Nioue. 3" Galimn pedemontanum AU., qu'on ne connaissait qu'à Branson, a été trouvé à Ardon par M . Jaccard. et en haut de Naters par M.' Wolf. M. le Dr Christ de Bàle demande s'il est vrai que le Saxi- fraga Cotylédon L. existe près de Naters. Sur la réponse affirmative de M. Wolf, M. Christ considère cette station comme nitéressante au point de vue de la géographie botanique, parce que cette plante passe pour habiter exclusivement le versant méridional des Alpes. A cette occasion, il mentionne la découverte du Centaurea axillaris W. à Mehibaum sur Naters. M. Tripet dépose sur le Bureau un exemplaire de la brochure que M. le professeur de Rougemont à Neuchàtel publie en ce moment sur le Helicopsyche sperata Mac-Lachlan. Cet animal que les zoologistes classaient jusqu'ici parmi les crustacés, a été définitivement remis parmi les insectes, M. de Rougemont avant prouvé que la coquille héliciforme n'était que le fourreau de l'insecte pendant la métamorphose. C'est près d'Amalfi, dans les environs de Naples, que M. de Rougemoint a observé cet insecte et a pu en élever; mais comme M. Brémi prétendait en avoir trouvé à Pissevache (Valais), M. de Rougemont est venu — 7 — explorer cette localité, et n'a rien découvert, ce qui lui pa- raissait prohaljle, parce que cet animal n'habite que les cascatelles d'eau attiédie. Néanmoins il recommande aux na- turalistes du Valais de rechercher encore si par hasard cet insecte intéressant ne se trouverait pas à quelque autre cascade de cette région. (Voir la brochure déposée à la bibliothèque de la Société.) M. WoLF communique un travail sur différents hybrides de Pedicularis publiés par la Société Dauphinoise d'échanges, travail qui sera reproduit dans les bulletins de la Société Mû- ri thienne. La Société vote des remerciements unanimes à M. Martin, de Genève, pour les livres scientifiques dont il a fait don à la bi- l)liothèque; elle approuve ensuite la dépense faite par le comité pour l'achat de vin d'honneur à offrir à la Société Helvétique des sciences natui'elles, et décide de ne pas se faire représenter ofliciellement à la fête de Brigue. M. WuLF annonce que les candidats suivants ont été admis comme membres actifs à la réunion de Sion au mois d'avril : MM. Mermet, instituteur, Aigle. Calpini, Lucien, à Sion. DE Preux, Auguste, à Sion. Wegener, à Brigue. Ensuite les candidats suivants sont admis à l'unanimité: MM. Jacob, Baptiste, naturaliste, à Corcelles, (Neuchâtel). D^ E. BuGNON, professeur, à Lausanne. M. Borel présente ses comptes pour l'exercice de 1880, qui se résument de la manière suivante: Solde du compte de 1879 Fr. 508 30 Cotisations de 1880 » 356 — Total des recettes . . Fr. 864 30 Dépenses diverses et impressions .... » 838 80 En caisse Fr. 25 50 — 8 — Les comptes ci-dessus sont approuvés et de chaleureux remerciements sont votés à M. Borel, pour la sollicitude et le dévouement qu'il apporte à l'administration des finances de la Société. Sont décidées, pour l'après-midi, une promenade botanique aux environs des Gorges de Durnand, et pour le lendemain une excursion au lac de Champex; toutes deux feront l'objet d'un rapport spécial. La Société désigne Bex comme lieu de réunion pour l'année prochaine. Les tractanda étant épuisés, la séance est levée à midi. Après trois heures de séance on éprouve le besoin d'aller pren- dre l'air, et tout le monde finit par se rendre au jardin de M. le curé, où les uns examinent un rucher bien garni et dont les abeilles sont fort empressées à butiner, les autres, une petite collection de Hieracia, accompagnée (Je Corydalis luiea, et d'une grande touffe à' Asclepias syriaca, qui a été envoyé à Bovernier parM. Roux, de Nyon, lequel est fort enchanté de voir comme cette plante a prospéré. Le secrétaire^ E. Favre, chanoine. RAPPOUT sur la promenade aux goryes de Diiriiand el l'excursion au lac Cliainpex. Après un repas copieux assaisonné de toasts, dont nous ne mentionnerons que celui de M. le Di" Christ aux religieux du Saint-Bernard, M. le président donne le signal du départ pour la promenade aux gorges de Durnand. La Société se divise en deux groupes; les plus intrépides prennent le chemin de Ghamj)ex jusqu'à l'Acharlay pour redescendi-e de là dans les gorges au bas desquelles ils retrouveront le second groupe qui s'y rend par la grande route et les attendra au petit pavillon. Les botanistes, arrivés au han des Vallettes^ commencent par faire provision de Hieracium Wolfianum Favre, que la plupart d'entre eux voyaient pour la première fois. M. le D"" Christ y observe aussi de jolis et intéressants Rosiers tout en faisant la chasse aux papillons. Au-dessus des maisons de Bémont, M. Wolf déniche une touffe d'Asplenium germanicum Weiss. sur un bloc de granit, et quelques tiges de Thlaspi hrachypeta- lum Jord. en fruits. On admire le Visearia purpurea Wimm. dont les fleurs rouges s'aperçoivent de loin dans toutes les prairies. Plus haut, vers l'endroit où le sentier descend dans les Gorges, on cueille Potentilla rupestris L., Trifoliutn al- pestre L.^AJuga genevensis et Cytisus alpinus Mill. répandu tout le long des gorges. Après avoir descendu une forte pente par un sentier en zig- zags, on côtoie le torrent sur les bords duquel se trouvent en abondance Dentaria digitata Lam., Cardamine impatiens - 10 — L., Mœhrmgia muscosa L., ConvallariaverticillataL.^ etc. En descendant la gorge, on arrive près des Jumeaux chantés par M. Delasoie, et on se repose un instant à leurs pieds. On admire les Ifs {Taxus haccata L.) fixés dans les parois de rochers et qui laissent pendre leurs branches d'un beau vert. Ensuite arrive une succession interminable d'échelles sous lesquelles le torrent se précipite par dessus les rochers en cascades et en cascatelles. On s'arrête de temps en temps pour admirer ce paysage grandiose et par place effrayant, et enfin on arrive au pavillon, où les vieux qui n'aiment pas les ca- brioles nous attendent pour prendre un rafraîchissement. Mais l'heure s'avance et comme plusieurs des sociétaires doivent aller prendre le train à Martigny, on ne se fait pas tirer l'oreille pour partir. Aux Vallettes, on se serre cordialement la main avant de se séparer, et tous se disent « au revoir à Bex. » Ceux des membres qui restent pour prendre part à l'excursion du lendemain traversent la rivière sous le village des Vallettes, au moyen d'un mauvais pont jeté sur la Dranse, et côtoient les vignes qui garnissent ce coteau pour cueillir Potentilla recta L., Potentilla argentea L., Potentilla inclinataN\\\.^ hybride des deux espèces précédentes. Vicia onohrychioides L., Hie- raciura Zizianum Tausch., etc. De retour à Bovernier, chacun s'occupe de mettre ses plantes sous presse et, après une colla- tion au presbytère, va chercher un peu de repos pour se préparer à la course du lendemain. Le 16 juin, à l'aurore, tout le monde est sur pied, prêt à partir pour le lac de Champex; mais la cuisinière ne s'étant pas réveillée après ses fatigues du jour précédent, le déjeuner n'est pas prêt. Sur la proposition de M. le curé Favre, les botanistes vont faire un tour au-delà du village au lieu dit les Iles, et reviennent au bout d'une demi-heure chargés de roses parmi lesquelles on peut signaler entre autres Rosa Reuteri X montana^ bel hybride, Rosa Pouzini Tratt, Rosa macro- carpa Pug., Rosa Bovernieriana Crép.^ etc., qu'on se hâte de mettre dans les cartons. On déjeune prestement et la caravane se met en marche composée de MM. Wolf, président, Favre — 11 — secrétaire, D^ Christ, D^ Morthier, Cruchet pasteur, Tripet, Juuod, Duc, Jaccard et Burdet. Jusqu'à l'Acharlay on suit la même route (|ue le jour précè- dent. Plus loin on recueille plusieurs espèces de Hieracium du groupe des Cymella., parmi lesquels on peut citer H. pilo- selloides Vill., //. cymosum Vill.. //. Zizianum., etc. Entre les chalets du Crettet et ceux du Pouproz, on trouve dans les prairies irriguées Potentilla heptaphylla Mill. en beaux exemplaires. Au-delà du chalet des Favre on récolte le Thlaspi brachypetalum iovd, en fleurs et en fruits, Potentilla hepta- phylla Mill., Viola canina L., Rosa pyrenaicaGou., Strep- topusamplexifolius DC. Tout le monde marche avecentrain et après un dernier assaut de rampe nous arrivons au Mariotty, où nous faisons une petite halte pendant laquelle M. Tripet fait une provision de Peclicularis tuherosa L. On examine les rosettes de feuilles du Hieracium Schmidtii Tausch., qui n'est pas encore en fleurs, et M. Favre présente à la Société un exemplaire de Centaurea en bouton, qui est considéré comme appartenant au Centaurea axillaris Willd. Après une heure de marche sur un terrain ondulé, on arrive au point culminant du col, d'où on aperçoit devant soi le charmant lac de Cham- pex. Le long du chemin on récolte Eriophorum alpinum L., Colchicum alpinum L. Pedicularis recutita L., Rihes pe- trœum Wulf, etc. Sur le haut du col se trouve Viola Thoma- siana Perr. et Song., et en approchant du lac. Anémone sul- farea L., Anémone alpina L., Centaurea montana L,, Rosa resinosa Gren., etc. Pendant qu'on prépare le dîner, quelques sociétaires vont examiner les rives du lac, où ils retrouvent pour la première fois depuis Murith Vaccinium Oxycoccos L. et Drosera rotun- difolia L., près de l'endroit où on amarre les barques. Quand chacun s'est sufîisamment restauré et que le compte est réglé, toute la compagnie repart avec entrain pour descendre à Or- sières où nous arrivons vers 3 heures. Le chemin est rapide et rocailleux; heureusement que le ciel est couvert. Au-dessus du village de Chez-les-Reuses, M. le chanoine Favre nous con- — 12 — duit à la localité où il a découvert en 1876 le Géranium no- dostimL., plante qui n'avait pas encore été signalée dans le Va- lais. De là à Orsièresla pente est couverte de rosiers, mais l'élan qu'on avait pris pour arriver aussi vite que possible au bas de la descente ne permet pas de s'arrêter pour les étudier. Cepen- dant on t'ait une pause sur les bords de la Dranse poui' prendre un exemplaire du Lunaria biennis Moench, qui est assez abondant près de la cure, mais pourrait bien s être naturalisé anciennement de graines provenant d'un Jardin. Après s'être restaurée, toute la Société part en voitures pour Martigny où on arrive à temps pour prendre le dernier train qui emmène chacun dans ses pénates, et on se sépare en répétant encore une fois « au revoir à Bex l'année prochaine. » Le secrétaire, E. Favre, chanoine. NOTICE BIOGRAPHIQUE SUR GHARLES-HKNRI GODET Charles-Henri Godet est né à Neuchiitel, le 16 septembre 1797. Après avoir fait ses études au collège de la ville, il se rendit à Zurich, où il se livra pendant deux ans exclusivement à l'étude des langues mortes enseignées alors par les Hottinger, les Orelli, etc. De là il entra en qualité de professeur de grec à l'institut Fellenberg à Hofvvyl, où il noua des relations pré- cieuses, et eut l'occasion de voir plusieurs personnages célèbres. En 1822 il partit pour la Russie en qualité de précepteur des enfants du comte de Orlowsky qui habitait en Podolie le châ- teau de Maliovvsee. Ordinairement l'atmosphère paraît lourde en Russie aux jeunes Suisses qui vont y passer quelques années et Gh.-H. Godet n'échappa pas à cette influence pendant les sept années qu'il résida en Podolie. Ge fut alors qu'il se mit avec ardeur à l'étude des sciences naturelles, principalement de la botanique et de l'entomologie, pour combattre leheimweh qui le tourmentait. Il avait découvert dans la bibliothèque du château un vieux livre de botanique qui lui servit de point de départ pour l'étude des plantes qu'il cueillait dans ses prome- nades. Plus tard il entra en relation avec plusieurs savants russes, entre autres avec Steven qui lui procura l'occasion de faire un voyage intéressant. Le gouvernement impérial avait chargé en 1828 le conseiller de Steven de visiter les établissements russes au Gaucase, et il proposa à M. Godet de l'accompagner. Gette proposition fut acceptée avec plaisir et les deux naturalistes parcoururent - 14 - ensemble la Crimée et les montagnes du Beschtau qui forment le premier contrefort du Caucase du côté du Nord. Malheu- reusement Steven tomba malade et la guerre qui était dans ce moment très acharnée entre les Russes et les Circassiens ne permit pas à M. Godet de pénétrer dans la chaîne cen- trale du Caucase, mais il poussa ses explorations au pied des montages jusqu'à Derbent. Ce n'était pas facile, ni agréable de voyager à cette époque dans ces régions. On trou- vait bien à chaque station des chevaux à demi-sauvages qui vous emportaient avec une rapidité extraordinaire jusqu'à la station suivante; mais les voitures construites pour supporter aussi bien que possible les effroyables cahots de ces chemins à peine tracés, n'ont pas de ressorts et on y endure un cruel supplice. Encore faut-il être bien content quand on n'est pas lancé sur la route par un soubresaut inattendu. En outre, la chaleur, le manque d'eau et les moustiques tourmentaient les voyageurs. On était parfois obligé de se désaltérer avec de l'eau fangeuse puisée dans une mare. Dans certaines stations il n'y avait pas de chambres, et il fallait passer la nuit sous la voiture par une pluie torrentielle, ou bien, si l'on trouvait quelque maison de Tartare, il fallait se coucher sans examiner de trop près tout ce que le toit abritait. Un jour que M. Godet den)an(lait au propriétaire d'une de ces maisons, s'il pouvait lui procurer un grand scorpion de Perse. « Rien n'est plus fa- cile, lui répondit-il ; alors après avoir entouré sa main d'un mouchoir, il examina la paroi de près et ne tarda pas à lui présenter un superbe spécimen de scorpion, puis il ajouta: « Si pendant la nuit vous en sentez qui se promènent sur vous, n'ayez pas peur, et ne les touchez pas, ils ne vous feront pas de mal. » A certains endroits, il fallait prendre une escorte de Cosaques, à cause du voisinage des belligérants, et plusieurs fois les voyageurs arrivèrent dans des villages incendiés et dont les ruines fumaient encore. M. Godet voulait aller jusqu'à Bakou, le pays des adorateurs du feu, mais le débordement du fleuve Samar ne lui permit pas de dépasser Derbent. Il revint en passant par les fameux bains du Caucase, qui étaient déjà - 15 — alors fréquentés par une noml)reuse clientelle de baigneurs allemands, polonais et russes, surtout de militaires, et après quatre mois de voyage, il se retrouvait en août à son point de dé- part, rapportant avec lui une riche collection d'insectes et de plantes sur laquelle il publia des notes dans les Annales des voyages en 1830. De retour à NeuchAtel en 1829, M. Godet devint précepteur des fils du comte James de Pourtalès, à Paris. Ce fut là qu'il entra en relation avec les premiers entomologistes de l'époque, Latreille, comte Dejean, etc. Ces messieurs étaient très avides d'insectes du Caucase, en échange desquels ils étaient disposés à donner tout ce qu'ils avaient de meilleur en fait de doubles. C'est ainsi que M. Godet avait réuni une superbe collection de coléoptères qu'il a laissée à l'un de ses fils. Il devint membre de la Société entomologique de France, dans les mémoires de la- quelle il a publié plusieurs travaux. Dejean a donné son nom à [plusieurs espèces d'insectes, par exemple Cetonia Godetii, Baris Godetii, Cyrtonota Godetii, etc. Une des plus belles espèces qu'il avait rapportées du Caucase était le Procerus caucasiens, gros carabe dont il avait réussi à se procurer de nombreux exemplaires, en montrant d'une main le dit insecte aux petits Tartares, et en leur offrant de l'autre un kopeck. Ces intelligents gamins partaient au galop, et ne tar- daient pas à revenir avec plusieurs Procerus à la main. Cependant l'entomologie ne lui faisait pas oublier la iwtani- que. Dans son voyage au Caucase, M. Godet avait fait plusieurs fois des imprudences pour augmenter sa collection de plantes. Ainsi, il racontait qu'un jour, s'étant aventuré sur un des sommets du Beschtau, malgré la guerre qui rendait ces para- ges dangereux, il aperçut toutà-coup une magnifique touffe de pavots rouges, probablement le Papaver orientale L., au bord d'une paroi de rochers. Au moment où il avançait la main pour saisir cette belle plante, la pierre sur laquelle il avait posé le pied se détacha et il dégringola sur la pente rapide. Alors il ferma les yeux, s'attendant à être mis en pièces; mais par un hasard providentiel, sa boîte de botanique s'accro- — lé- cha dans les branches d'un arbre auxquelles il resta suspendu, et il se tira de cette aventure sans avaries; mais le beau pavot n'avait été qu'une vision passagère, car il lui fut impossible de le retrouver. Le plus cruel mécompte qu'il éprouva fut de perdre, en traversant les steppes, le meilleur de ses paquets de plantes sèches, qui fut lancé hors du véhicule avec le do- mestique par uti violent cahot. Le domestique rejoignit à pied la station suivante, mais le précieux paquet ne se retrouva pas, malgré la récompense promise au staroste de la station, s'il parvenait à le renvoyer à l'adresse du comte Orlowsky. A Paris, M. Godet se lia surtout avec M. Spach, conservateur de l'herbier du Jardin des plantes, avec lequel il resta en corres- pondance jusqu'à sa mort. M. Spach lui dédia le genre Gode- tia, dont bon nombre d'espèces sont maintenant cultivées comme plantes d'ornement. Il enti'a aussi en relations suivies avec Guvier, et lors de son enterrement il fut l'un de ceux qui portèrent le cercueil du grand homme. A propos de Guvier il racontait volontiers l'anecdote suivante: Dans les soirées où il recevait beaucoup de monde, Guvier aimait à causer avec les jeunes gens. Un jour il engagea une conversation sur les insectes avec un jeune naturaliste qui exprimait ses opinions d'un ton fort tranchant: «Monsieur, lui dit Guvier, avez-vous jamais disséqué un insecte? — Non, répondit l'interlocuteur, avec un peu d'embarras. — Eh bien, commencez par en dissé- quer un, après vous reviendrez et nous pourrons reprendre notre conversation. » M. Godet suivit à Paris les cours de Thenard, de Vuillemin, de Gousin, de St-Girardin. Il entra en relation avec Audouin, Bois Duval, Milne Edwards, alors jeunes et pleins d'avenir, ce qui ne l'empêchait pas de cultiver la musique et de faire sa partie dans des quatuors où Bériot jouait le premier violon. Il fut aussi mis en relation avec Humboldt, qui se préparait à partir pour l'Amérique, où il allait entreprendre son grand voyage avec Bonpland. Il lui proposa de l'accompagner, mais après quelques hésitations, M. Godet renonça à une entreprise qui aurait dérangé tous ses plans. En effet, il allait partir pour — 17 — Berlin avec ses élèves qui devaient y suivre les cours de l'uni- versité. Là, il put suivre lui-même les cours de Ritter, d'Eli- renberg et faire connaissance des principaux botanistes. Il fit en 1833 avec ses élèves un voyage à l'ile de Rugen, en Dane- mark et en Suède. Ils poussèrent jusqu'à Fahlun pour en visiter les mines célèbres, si riches en minéraux de toute sort^. A Upsal, M. Godet alla faire visite à la fille de Linné, qui était alors fort âgée et le reçut fort bien. Ce ne fut pas sans émotion qu'il vit la demeure du célèbre botaniste et son jardin botani- que où il cueillit un rameau du tilleul que Linné avait planté de sa propre main et un exemplaire de Linnœa horealis L. Revenu à Neuchàtel en 1834, il épousa M"e Hélène Gallot, sa cousine-germaine. Les procès- verbaux de la Société des sciences naturelles, fondée en 183i, le montrent membre assidu: il succéda en J836 à Agassiz comme secrétaire de la section d'histoire naturelle, médecine etc. C'est là que parut, en 1839, son Enumérâtion des plantes vasculaires du pays de Neuchàtel, ouvrage pour lequel il fut obligé de faire de nombreuses excur- sions dans toutes les parties du canton, essentiellement pour vérifier les indications du capitaine Chailletqui lui avait confié le catalogue des plantes de son herbier, mais ne lui avait pas permis d'examiner l'herbier lui-même. Ce n'est qu'à la mort de Chaillet que son herbier, légué au musée de la ville, put être inventorié. En 1837, il fut nommé inspecteur des études et élu membre du Conseil de ville et il occupa ces deux charges jusqu'en 1848. Pendant cette période, Ch.-H. Godet délaissa peu-à-peu l'ento- mologie pour vouer tous ses loisirs à la botanique. Il espérait pouvoir installer définitivementun jardin botaniqueà Neuchàtel. Malheureusement cette fondation qui ne reposait que sur des souscriptions particulières devint d'un entretien trop coûteux aux actionnaires, et le Jardin botanique, qui était déjà très riche en espèces, fut vendu et son emplacement occupé par un café -brasserie. Pendant l'été, M. Godet faisait chaque année un petit voyage dans les Alpes pour se retremper dans l'air vivifiant des montagnes, et étudier surplace la Flore alpine. - 18 - On peut lire dans le Bulletin de la société Murithienne de 1870 un petit travail sur les plantes alpines dans lequel il a exprimé une partie des observations qu'il avait faites dans ces courses. C'est aussi pendant ces excursions qu'il a récolté de nombreux exemplaires de roses, dont M. Christ a pu faire usage pour la confection de son ouvrage classique: die Rosender Schweiz. Les changements qui survinrent dans le Canton de Neuchâtel en 1848 l'engagèrent à donner sa démission d'inspecteur des éludes. Après le départ de M. Hollard, le successeur de M. Agassiz, il se chargea provisoirement de donner les cours d'histoire naturelle au gymnase de Neuchâtel pendant une année, mais comme il refusait de prêter le serment à la répu- blique, il rentra dans la vie privée, au grand regret des étudiants. Pour utiliser ses loisirs, il donna des cours publics, publia ses centuries de plantes desséchées du Jura, et se mit avec ardeur à travailler à la Flore du Jura., qui lui valut les suf- frages de tous les naturalistes et une médaille d'or du roi de Prusse ; elle fut aussi récompensée d'une médaille de bronze à la grande exposition qui eut lieu à Berne en 1857. La Flore avait paru en 1854 et fut suivie d'un supplément fort intéres- sant en 1869. Elle le mit en relation avec un grand nombre de botanistes et fut proljablement une des causes qui le firent ap- peler comme membre du jury à la grande exposition horticole de Florence en 1877. Malgré ses 80 ans, il accepta avec joie cette fonction, qui lui donna l'occasion de parcourir l'Italie vers laquelle il s'était senti attiré pendant toute sa vie. Il avait été un des premiers membres de la Commission ad- ministrative du musée d'histoire naturelle de Neuchâtel fondé par MM. Coulon père et fils et il y siégeait avec Agassiz, DuBois de Montperreux et d'autres amis dévoués à la science. Il s'oc- cupait spécialement de l'herbier, collection considérable com- posée de dons faits par des Neuchàtelois établis dans toutes les parties du monde, et il a travaillé à le mettre en ordre jusqu'à la fin de sa vie. De 1859 à 1876 il fut bibliothécaire de la bibliothèque pu- — 19 — bli'quo de Neuchàtel; c'est pendont ce temps que fut pubffé le premier catalogue, grand travail .auquel il prit une part active. Une telle activité, bien loin de nuire à sa santé, l'avait maintenu sain de corps et d'esprit. Cependant, lors d'une course à Interlaken et au Beatenberg vers la fin de l'été 1879, après avoir admiré la vue des Alpes dans toute sa splendeur, il ne put s'empêcher de s'écrier « Qu'elles sont belles, mais c'est la dernière fois que je les vois. » En effet, quelques se- maines plus tard, il expirait après quelques jours de maladie. Pour conclure, je n'ajouterai que quelques mots du professeur Schimper de Strasbourg, en apprenant sa mort: « Il était un de ceux pour qui la science n'est pas seulement une aifaire de savoir, mais aussi un besoin du cœur; pour lui la botanique était une science aimable et pleine de poésie. » D"" P. MORTHIER. EXCURSION BOTANIQUE (Aller et Reloiir) de Martigny (Valais ) à Cogne (Val d'Aoste ) du 5 au 14 juillet 1880, par M. le prof. F.-O. "Wolf et M. le chanoine E. Favre. Que n'ai-je la muse d'Oi'phée et la lyre d'Apollon et je chan- terais mon voyage; mais, hélas! je ne puis que le relater en simple botaniste. Résolus depuis des années déjà, défaire une course botanique dans la vallée de Cogne (Aoste), mon ami Wolf et moi, nous nous donnons rendez-vous à Martigny (Valais). L'un et l'autre y sommes fidèles, et le o juillet, favorisés d'un temps splendide, nous quittons Martigny (ait. 475'") pour prendre la route du Grand Saint- Bernard. Au-dessus du village de la Croix (ait. 500"'), nous rencontrons en masse le Pastinaca 02iaca Bernh. qui se trouve au-dessus de la route sur un sol mouvant. Cinq minutes plus loin, après avoir dépassé le village de Broccard (535'") au-dessus de la route, nous voyons la Potentilla ru- pestris L. et la Lychnis Viscaria L. Quelques pas plus loin, près d'une source qui sert à alimenter Martigny en passant sur la Dranse au moyen d'un chevalet, nous rencontrons la Rosa Bovernieriana Crép. et la Stellaria graminea L. De là jusqu'à la forge du Durnand, nous ne trouvons rien d'inté- ressant; mais, aussitôt après, nous voyons encore dans les prairies la magnifique Lychnis Viscaria L. et l'Impatiens noli-tangere L. Après quoi, nous arrivons aux Vallettes(630™) Entre ce dernier village et Bovernier, nous récoltons Hiera- cium corymbosum Pries et H. Zizianum Tausch. A Bover- nier même (621'"). sur le cimetière, nous voyons Corydalis — 21 — lutea L. et Barharea augustana Bois. Au sortir du village, nous rencontrons diverses espèces de rosiers, entre autres : Rosa montanayC Reiiteri Christ, R. ■}nacrocarpa Pug., R. Pouzzini, etc., ainsi que quelques pieds du Hieracium bra- chiatum Bertol. Un peu plus loin se fait remarquer à son splendide capitule V Echinops sphaerocephalus L. et Rosa longepedunculata Delas. Au sortir des vignes de Bovernier, en quittant la route et en nous dirigeant à gauche dans la tbrèt dite La Fory, nous récoltons encore Hieracium hrachia- tum Bert., H. Favrei Wolf, inédit, H. rupicolum Fries., H. pictwn Schl., Campanula hononiensis L., Vesicaria utriculata Lani. et Arahis saxatilis AU. Plus loin, près d'une galerie dite le Scex-percé (roc percé), nous voyons di- verses formes de magnifiques rosiers, parmi lesquels Rosa alpestris Hap., R. montana Vill., R. lutetiana Lehm. R. rotundifolia Rau, R. macrocarjoa Pug., R. pervaga Gand., Erigeron rupestre Schl . , Vesicaria utriculata Lam . , Daphne alpina L., Melica ciliata L., Hieracium rupicolum Fries, H. pseicdo-Cerinthe Gaud., H. amplexicaule L. et H. pul- monarioïdes Vill. Quelques pas plus loin, vers les ruines dites Maison des Trappistes, plusieurs jolis Rosaencove et Veronica prostrata L. De là après avoir traversé la rivière, nous quittons la route et nous nous dirigeons à droite où nous récoltons de suite Rosa Perrieri Song. et Kœleria cristata Pers. var ? Après quoi nous nous avançons jusqu'au rocher à pic dit La Rappaz, sur les croupes duquel nous faisons provision du Sisymhrium austriacum Scop., Athamanta creiensis L., Hieracium Delasoiei Lag., //. glaucopsis ou saxetanwin Gren., H. dentatum var. hirtum Lag., //. Jacquini Vill. et Orchis odoratissima L. Après cela nous rentrons à la route pour arriver à Sembrancher; mais sur notre passage nous récoltons encore à Crettaz-à-Paulet Anémone moyitana nutans Gaud. et Stipa pennata L. A Sembrancher- (709'"), chef-lieu du district, la vallée se partage en deux branches par de hau- tes montagnes; à gauche est la grande, belle et riche vallée de Bagnes et à droite le prolongement de celle d'Entremont. 99 ■^^ ^j^ ■"■• -Cj^ Quoique nous puissions atteindre le but de notre excursion par les deux vallées, nous nous déterminons pour la dernière, parce qu'elle est moins longue et les moyens de locomotion plus faciles. Laissant donc Sembrancher derrière nous, nous arrivons à une bifurcation de routes, dont l'une (celle de gau- che) conduit au lieu dit La Tannerie, berceau du célèbre Mu- rith, et l'autre (celle de droite) continue pour le Saint-Bernard; c'est celle que nous allons suivre. Un peu au-dessus de la route, sur notre droite, est un petit monticule sur lequel nous récoltons encore LychnisViscaria L., Draha montana Koch., et Erysimum virgatum Roth. Après avoir dépassé le premier pont jeté sur la Dranse, vis-à-vis d'une carrière de dalles, nous rencontrons dans les rochers Hieracium tomentosum. Ail., H. pictum Schl. et Ononis rotundifolia L. Arrivés à la Duay, premier hameau d'Orsières, nous quittons la route car- rossable pour monter à la vieille route et le long de celle-ci nous trouvons une quantité de beaux rosiers, tels que: R. salœ- vensis Rap., R. Reuteri Godet, R. intricata Gren., R. Dela- soiei Lag. et Pug., R. montana Vill., R. Pierrieri Song. R. flrma Pug., R. Bellavallis Pug., R. frutetorum Bess., R. Lusseri Lag. et Pug., R. Vallesiaca Pug., etc., etc. Arrivés à Orsières, nous avons aussi la vallée qui se divise en deux branches par de hautes montagnes; à droite, la vallée de Ferrex que nous prendrons au retour; à gauche, celle du Saint-Bernard que nous suivrons. Au sortir d'Orsières (890™), nous grimpons une pente assez raide, sur un sol mouvant,, heureusement qu'elle n'est pas longue. Dieu aussi, pour nous dédommager de la pente, fait étaler à nos yeux sur son sommet en masse le Hieracium Pilosella- piloselloïdes (forme de lyrachiatum., tout à fait distincte de celle de la Fory), Po- tentilla inclinata Vill., Hieracium Delasoiei Lag., et par la vieille route en bas: Linaria striata DG. Nepeta nuda L., Saponaria Vaccaria L., Rosa Delasoiei Lag., Hieracium Valesiacum Fries, Crépis fœtida var. glahrescens Mihi, Podospermum laciniatum DG. et Astragalus ^nonspessu- lanus L. Jusqu'à Liddes nous ne voyons plus rien qui puisse - 23 — attirer notre attention, si ce n'est dans les champs VApera purpurea Gaud. Entre Liddes (1348™) et le pont d'Al- lèves (1530'"), nous récoltons Bunias erucago L., Scutel- laria alpina L., C ynosurus echinatus L., Brassica campes- tris Gaud., Hieracium auriculœ forme Fries, H. longifo- lium Schl., H. pulmonarioïdes Vill., Erysimum virgatum Roth et Potentilla inclinata Schl., près du pont d'Allèves. Aussitôt après avoir traversé le pont, nous remarquons en quantité sur la route le H. strictiun Fries, qui n'est pas encore prêt à être récolté, et un peu plus loin le Lathyrus Lusseri Heer, Barharea augustana Bois., et plusieurs inté- ressants Rosa. Nous voici à Lorette où nous trouvons H. auri- culœ for me ¥ nés, H. loYigifolium Schl., H. strictum, Fries, Veronica spicata L. et IJypochœris maculatn L. De là, en quelques minutes nous sommes au Bourg de Saint-Pierre (1644™) et quelques pas après avoir dépassé ce village, nous faisons la magnifique découverte d'un Hieracium PiloseUa X A uricula^ Vicia onohrychioïdes L. et plusieurs Rosa. Un peu plus loin, Barharea augustana Bois., et Géranium lividum L'Hérit. Vers les rochers de Tzaraire nous moissonnons l'élégante Gen- tiana ramulosa Tiss., H. ptseudo-Cerinthe Gaud.; à Fourtz, le Meum Mutellina Gaertn., Pla-ntago hidentata Murith, et Cynosurus echinatus L, Un peu plus loin, de l'autre côté de la rivière, la Serratula Rhaponticum DC. Vis-à-vis de la cantine de Proz (1800™) nous prenons le Bupleurum stel- latian L. et le B. ranunculoïdes L., ainsi que le splendide Hieracium Murithianum Mihi., qu'il ne faut pas confondre du tout avec le H. armerioïdes Arvet-Touvet; celui-ci a les feuilles et la tige vertes, tandis que le mien les a fortement glauques, presque blanchâtres. Aii lieu dit Marengo, près du chalet de la Pierraz, nous trouvons le Hieracium Halleri var. tubulosum Gaud., Potentilla Tormentilla Nesil. et Aco- nitum hehegynum DC. A la Pierraz (2100™) montagne du Saint-Bernard, nous récoltons Hieracium aurantiacuni L., //. velutinum Hegt., Centaurea phrygia L., b) helvetica Gaud. et ba) flore alho Gaud., Cent, ambigua Thom., Achil- — 24 - lea serrata Retz., Chœrophyllum elegans Gaud., Areyiaria Marschlinsii Koch, Sagina nivalis Fries, Spergularia ru- bra L., Potentilla alpestris Hall, et Saussurea alpina DC. A l'Hôpital nous faisons provision de Potentilla aurea L., Alchemilla alpina L., Alch. subsericea Reut., Hugueninia tanacetifolia Rchb., Achillea moschata Wulf., Sagina glabra Willd. et Astrayitia minor L. Entre l'Hôpital et la Coinbaz, avant d'arriver au Grand Saint-Bernard, nous récol- lons diverses espèces rares, entre autres: Cardamine alpina Willd., Cerastium glaciale Gaud., Cerast. pedunculatum Gaud., Leontodon pratense var. Reuteri DC., Hieracium glaciale Lach., Braya pinnatifida Koch., lianuyiculus gla- cialis L. et var. holosericeus Gaud., Carex approxiniata Hopp., Carex fœtida AU., C. sempervirens Vill., C. micros- tyla Gay, et C. vitilis Fries. Nous voici à l'hospice du Grand Saint-Bernard (2472™), p^Qp voir ce que le botaniste peut ré- colter dans ses environs, il suffît de jeter un coup d'œil sur le Guide du Botaniste sur le Saint-Bernard, par M. le ch. Tis- sières, (jue l'on peut se procurer en s'adressant au Rév. Père Clavandier à l'hospice ou au soussigné M. le ch. E. Favre,curé a Bovernier. Près de l'hospice, nous avons surtout cueilli le Ranunculus aconitoïdes Gaud., Hieracium Halleri Hopp., H. alpinurn L. et Aronicum -scorpioïdes DC. A la sortie du lac (versant italien), au lieu dit Mont Cubit: Valeriana celtica L., Arenariarecurva k\\., Achillea nanah., Ach. moschata Wulf., Ach. hybrida Gaud., (nano X! moschata) Androsace carnea L., Hieraciwtn glaciale Lachn., H. piliferum Hopp., H. glanduliferum Hopp., Salix Lapponum L., S. glauca L. S. reticulata L., S. retusa L., S. serpyllifolia Scop., S. herbacea L. Dans les pâturages au-dessous : Hugueninia tanacetifolia Rchb., Aquilegia alpina L., Care.c digitata L., GnaphaliumnorvegicwmVjnn.., Pedicularis rostrata L., P. tuberosa L., P. incarnata Jacq. P. atrorubens Schl., P. foliosa L., P. recutita L., P. verticillata L., Sagina glabra Willd., Saxifraga controversa Sternb., Arenaria Marschlinsii Koch., Ranunculus pyrenœus L. var. h)plan- Oi^ tagineus Koch. et var. hupleurifolius DC. Aux Combes, en dessous de la Cantine d'Aoste, nous récoltons plusieurs excellen- tes espèces, parmi lesquelles: Allium victorialis L., Orchis glohosa L., Orch. hifolia L., Betonica hirsuia Koch, Iliera- cium sabinum Séb,, R. auriculœfbrine Fvies^ IT. glaciale X! Auricula Nob., H. ochroleucuni Schl., //. cydoniaefolium Vill., //. alhidum Vill., H. Pilosella L., H. Peleterianum Mérat, Euphrasia hirtella Jord., Thalictrum saxatile DC. et Thaï, fœtidum L. Au fond des Contours, entre la Cantine d'Aoste et Saint-Rémy, nous récoltons une magnifique touffe de Hier. Pilosella X Auricula., et près de là le Bupleurum ranunculoïdes L. et la Sagina procumhens L. En sortant de Saint-Rémy (1630™), nous rencontrons en grande quantité la Barbarea augustana Bois., Linaria italica Trév., Silène Vallesia L., Sisynibrium strictissimum L., Sisymb. Sophia L., Cirsium Eriophoricm Scop., Statice playitaginea A!!., Scutellaria alpina L. et plusieurs magnifiques rosiers. Entre les Contours au-dessous de Saint-Rémy et Saint-Oyen, nous récoltons Tragopogon crocifolius L., Carlina acanthifolia L., et Hieraciuni Schmidtii Tausch. Au village de Saint- Oyen (1450'"), dans les prairies, nous fauchons pour ainsi dire la Centaurea axillaris Willd., Cirsium heterophyllum AH. et dans les haies le Sisymbrium strictissimura L. Il y a long- temps que le soleil a disparu à l'horizon, le crépuscule com- mence à paraître; après une course de 14 lieues, nous décidons que nous passerons la nuit à Saint-Oyen, c'est le soir du pre- mier jour. Aujourd'hui (6 juillet), nous partons pour Aoste en voiture, de sorte que nous ne récoltons pas grand'chose le long do la route; cependant entre Condémine et Gignod, nous prenons le Xeranthemuni inapertum Willd., eX Inula montana L. Ar- rivés à Mont-Cenis, près de la ville d'Aoste, nous descendons de voiture et nous faisons une excursion aux alentours, où nous récoltons du côté des vignes: Inula montana L., In. spirœifolia L., Inula salicina L., Bifora radians Bieb., Erodium c?co>zmm Willd., Podospermum calcitrapifolium DC. Rubia tinctorum V,.^ Herniaria hirsutah.^ Eryngium campestre L., Aegilops caudata L., Kentrophyllum lana- tum DC, Lonicera etrusca Sav., Erysimum canescens Rotb., Kochia prostrata Schrad., Trihulus terrestris L., Chenopodium augustanum Ail., Sisyynhrimn Tillieri'^QW.^ Nasturthtm sylvestre Brown.^ Adonis miniata Jacq., Isatis tinctoria L., Anchusa italica Retz., et Chondrilla ri gens Rchb. Après cette excursion assez fatigante, nous nous restau- rons un peu, car nous en avons besoin. C'est 9 heures du matin; nous quittons Aoste pour prendre la route royale de Cogne. D'Aoste à Cogne, il y a 7 à 8 lieues d'un chemin assez pénible surtout depuis Aymavilles. A quelques pas de la ville, vis-à- vis du château de Mont-Fleuri, nous ramassons en quantité sur les bords de la route l'élégant Crépis pulchra L., Chlora perfoliata L., et une remarquable Bellis perennis L. A une lieue environ de la ville, nous arrivons au château T'oy;d de Sarre, où nous récoltons Tragopogon crocifolius L., Kochia iirostrata Schrad., Trihulus terrestris L., Erysimum canescens Roth, Ononis coluynnae Ail., Artemisia vallesiaca Murith, Centaurea vallesiaca Jord., Celtis australis L., Micropus erecfus L. et Olea europaea L. Avant de quitter la )'oule royale pour prendre le chemin qui conduit à Aymavilles, «dans les rochers sous la route, nous remarquons la rare Chei- lanthes ndora Sw, complètement brûlée par le soleil. Vers le pont entre Sarre et Aymavilles : Onosma echioïdes L., Carlina acanthifolia Ail., Podospermum laciniaium DC, Chennpodium scoparia L. Qi Anchusa italicaRelz. Au-dessus d'Aymavilles-Saint-Léger, par la vieille route, qui est une rampe rocailleuse, nous récoltons la Campanula hononiensis h..^Verhascum floccoswm W. etK. Arabis scabra AU., Lactuca viminea Schultz., et encore Artemisia vallesiaca Murith. Un peu plus haut, dans un petit village: Trifolium nigresccAis Viv., Thalictrian majus Jacq. et quelques pas plus loin : Oxytropis Ilalleri Bung.. Dianthus Carthusiannrum L. et Hieracium tomentosicm AU. Après avoir passé le pont sur le torrent de la Grand'Eyvie (Grande eau), nous moissonnons — 27 — tout de suite : Nepeta Nepetella L., Sisy mhrium austri acum Scop., Silène Vallesia L. et un peu plus loin Galium rubruni L. — Avant d'arriver à Vièyes : Hieracium sabaudum L., II. jjsrfoliatum F roe\., H. Zizianum Tausch., Campanula spicata L., que nous avons remarquée tout le long depuis Sarre à Cogne et un remarquable Rosa. Après avoir dépassé le village de Yièges (1148™), nous découvrons sur le chemin le Saxifraga granulata L. et plus loin Silène vallesia L., Al- sine Villarsii M. K., Vcsicaria utriculata L., Erigeron rupestre Schl., Linnœa borealis L., Daphne alpina L. et Statice plantaginea Ail. — Après avoir traversé de nouveau le torrent sur le pont de Laval (1384'") et en avoir repris la rive droite, dans un lieu dit Barma-peleuza (Barme poilue), nous récoltons Sinapis Cheiranthus Koch., Sempervivura Gaudini Christ, Alsine Villarsii M. K., Vicia lathyroïdrsh.., Astra gains Alopecuroïdes L. et Potentilla jyensylvanica L. (voir la note de F.-O. Wolf). De là à Epinel (1476m), premier hameau de Cogne, nous ne rencontrons rien de nouveau. A peu près à mi-chemin, entre Epinel et Crettaz, sous le chemin, nous rencontrons le Rosa nbtusifolia Desv. avec le Hieracium Zizianum Tausch. et au-dessus du chemin nous rencontrons : Astragalus Alopecuroïdes L. et Tragopogon porrifolius L. — Après quelques minutes, nous atteignons le village de Crettaz au confluent du torrent de Yalnonthey etde la Grande- Eyvia (1500"). Après Crettaz, nous repassons sur la rive gauche du torrent et après avoir traversé les magnifiques prairies de Pré-Saint-Ours, nous arrivons à Cogne, soit la ville (1543'") chef- lieu de la vallée. Je vais demander l'hospitalité à M. le curé Cha- monin, chanoine et archiprètre, homme d'une complaisance et d'une amabilité à toute épreuve, qui sait allier les soins zélés et assidus de son ministère pastoral aux sciences naturelles et géographiques. Comme je m'y attendais, je suis le bienvenu et reçu comme tel. Mon ami Wolf alla se loger à l'hôtel de la Grivola, qu'il connaissait depuis deux. ans. La journée a été laborieuse, chaude et pénible; nous sonjmes contents de pren- - 28 — dre un peu de repos, car nous en sentons le besoin, et c'est le soir du second jour. A la pointe du jour, ce matin (7 juillet), accompagnés de M. l'abbé Carrel, Rév. recteur de Cogne, honune fort aimable et surtout fort complaisant, très versé dans les sciences natu- relles et météorologiques, connaissant parfaitement la géogra- phie botanique du lieu qu'il habite, nous dirigeons notre course sur Chavanis. Peu après avoir quitté le village de Cogne par un chemin passable, nous rencontrons sur notre route la délicate Atragene alpina L., Rihes spinosa Ail., qui se trouve un peu partout à Cogne; à quelques pas au-dessus de nous, nous pourrions récolter encore Linnœa horealis L., mais nous ne voulons pas nous détourner de notre chemin. Nous traversons la rivière et nous avançons sur Champlong et un peu plus loin dans la montée, nous commençons à récolter en masse: Centaurea axillaris Willd., Sey/i2^ervivum Gau- (lini Christ, Astragulus aristatus L'Hérit., Hieracium Schmidtii Tausch., Daphne alpina L. et Hier, perfoliatuin Froei. Toujours en avançant, nous récoltons abondamment le Cacuhalus alpinus Lnik.., Nepeta Nepetella L. Quelques pas plus loin, Alsine Villarsii M. K., Astragalus monspessu- lanus L., Scutellaria alpina L., Myosotis deflexa Wahl., puis Thalictrum fœtidum var., glahrum Koch., Rosa pirn- pinellifolia L. à fleurs blanches. Hier, lanatum Vill., //. lanaio yc^ pictum, H. 'pidum Schl., H, Pteropogon kr\ .- Touv. Enfin nous arrivons à la cha])ell6 du Crèt (2017'"), où nous trouvons les plantes suivantes : Mathiola varia DC, Pedicularis gyroflexa Vill., Campanula Allionii Vill., Hier. prunelloefoUutn Gouan. {Crépis pygmœa L.,) Saxi- fraga diapensoïdes Bellard., Aethionema Thomasii Gay, (seule localité classique connue), Artemisia glacialis L., Potentilla multiflda L. De la chapelle du Crèt à Chavanis, nous rencontrons tout de suite: Oxytropis campestris DC, Oxyt. fœtida DC. Oxytr. lapponica Gaud., Phaca aus- tralis L., Carex capillaris L. et un peu plus haut : Alyssum montaniim L., Anémone Halleri AU., Potentilla pedemon- — 29 - tana Reiit., Saponaria lutea L. Près de Chavanis nous récoltons: AchiUea herha-rota Ail., Achillea lanata Spr., Valeriana celtica L., Val. saliunca Ail., Alsine inxicrnnata L., Astrantia niinor L., Adenostyles leucophylla Rchb., Rhodiola roseaVi. Q\,\w%(\\x^h. celle allilude VAlyssuni cara- pestre L. Entre le chalet de Chavanis (23(X)'n) et celui du Brouillol (2450™), au milieu de jolis pâturages nous récoltons: Sa.cifraga eœarata Vill., Sax. controversa Sternb., Sax. retusa Gouan., Achillea montana Schl., Oxytropis cyanea M. B., Ranunculus rutœfolius L., Ran. aquatilis L. var....? Statice alpina Hopp., Priraula pedemontana Thom., Pedi- C'ularis gyroflexa Vill., Ped. rosea Wulf., Ped. cenisia Gaud., Cerastium alpinum L., Thlaspl alpinuin Jacq. et Valeriana saliunca Ail. — Depuis le Brouillot par le col de la Nuova au val Soana ou l'Arrieta, à la limite supérieure du sapin, on récolte le Dianthus tener Balb., plante extrêmement rare, à laquelle nous renonçons pour cette fois, vu qu'il se fait déjà tard. Nous descendons donc par dessous le chalet de Cha- vanis où nous rencontrons Saus'surea alpina DC. Hugueni- nia tanacetifoUa Rchb., Saxifraga controversa Sternb. et Carex bicolor Ail, Nous traversons ensuite le torrent, nous montons sur les rochers qui sont au N. de la chapelle du Crèt, où nous allons saluer la plante la plus élégante de la journée: CortHsa MatthioU que nous récoltons pour la première fois. Le soleil vient de disparaître à l'horizon, nous nous hâtons de regagner Cogne où nous arrivons deux heures après la nuit chargés d'un magnifique butin. C'est le soir du troisième jour. Aujourd'hui (8 juillet), nous nous acheminons du côté du Filon de Licone en passant par Molina. Au commencement de la montée, qui est rude, nous rencontrons: Saponaria ocymoï- des L., Nepeta Nepetella L., Hier, lanato X pictîim: un peu plus haut dans le vrai chemin du Filon, nous retrouvons encore: Aethionema Thomasii Gay, en quantité Campanula Allionii Vill. , Taraxacuni lœvigatuni DC. , Cerastium alpinum L., Draha pyrenaica L.. Silène acaulis var. pede- ces parages, pour aller coucher à Saint-Oyen, où nous arrivons vers minuit avec un riche hutin, car tous nos cartons regorgent de plantes rares. C'est le soir du cinquième jour. Après un repos de quelques heures, dont nous avions bien besoin, nous repartons le matin (10 juillet) pour le Grand Saint-Bernard, où nous passerons le reste de la journée à soi- gner nos précieuses récolles. Demain étant un jour consacré au Seigrieur, nous le passerons aussi à chanter ses louanges à l'hospice du Grand Saint-Bernard. Aujourd'hui (li juillet) nous quittons l'hospice toujours cher du Grand Saint-Bernard, et nous nous acheminons du côté du Col Fenêtre (!2714"') où nous récoltons Draha fladnizensis "Wulf., Linaria alpina DC, Ranunculus glacialis var. holoseri- ceus Gaud., Saxifraga planifolia Lap., Sax. oppositifolia L., Sax. androsacea L. et un peu plus bas vers les lacs : Poten- tilla minimaHall.., Pedicularis fasciculata Bell.* Anémone haldensis \j., Arenaria polygonoïdes h., Herniaria alpina Koch. et Hedysarum ohscurum L. De là nous arrivons à la montagne du Plan-de-la-Chaux, nous traversons celle des Ars, où nous prenons le Colchicum aljrinum DC. et V Allosurus cWsjoMs Bernh. Delà rien d'intéressant jusqu'à la montagne de la Léchère (1883™) où nous rencontrons Hieracium sahinum Séb., H. villosum var. elongatum Gaud., H. cœsiuin Fries., H. prenanthoïdes Vill.< Campanula thyrsoïdea L., Epilo- hium trigonuni Schrk., Achillea macropJnjlla L., Pedicula- ris foliosa L. et un peu au-dessus du côté N.-O. au lieu dit La Grand-Luy, nous récoltons Kernera saxatilis Rchb., Phaca frigida L., Ph. alpina h.. Gypsophila repensh., Oxytropis ^cyanea M.B., Hedysarum ohscuru7n L., Rosa alpina \ar. l'cevis Christ, Athamanta cretensis L., Valeriana montana "^Ïj., Carduusdefloratoy<^PersonataBriis,.., Leontodon hastilis var. cripatus Godr,, Gentiana angustifolia Murith. Pedicu- laris gyrofl,exa Vill. et DracocepJialum Ruyschinna L. Après cette récolte nous partons pour Branche (1384'") où nous, tYonvons, Anémone alpiina VQV. monstruosa Rion., An. narcissiflora L., Thlaspi hrachypetalum Jord. Plus loin au - 33 - village d'Issert (1080'»), nous récoltons Euphrasia montana Jord., Géranium phœum ysr. lividum Koch., Orohus luteus L. et Hieracium alpestre Griesb. A la Proz d'Orsières, nous prenons: Cardamine pratensis L. et dans les champs à côté : Bunias aspera Retz. Nous arrivons enfin à Orsières après une course de huit lieues. Fatigués, nous nous disposons à aller prendre un peu de repos pour réparer nos forces pour demain, qui sera certainement la journée la plus pénible de toute notre excursion, car nous avons l'intention de gravir le Mont Catogne (2600™) en passant par le lac de Ghampex, vers lequel il y a un petit hôtel de montagne où MM. les voyageurs peuvent lo- ger, même pendant plusieurs jours comme pension d'été; on y est très bien soigné et à des prix très raisonnables; s'adresser au propriétaire Daniel Grettez, à Orsières. G'est le soir du hui- tième jour. Ce matin (13 juillet^ nous laissons Orsières derrière nous pour grimper une rude pente qui nous conduit Ghez les Reuzes. Le long de la montée nous rencontrons: Rosa salœvensis Hap., R. Bellavallis Pug. Au-dessus du village précité, nous récoltons \e Géranium nodosum L. que j'ai découvert en 1876; plante nouvelle pour le Valais et rare en Suisse. D'ici en trois- quarts d'heure de montée assez raide nous atteindrons le lac de Ghampex (146S™). Le long de la montée nous rencontrons par-ci par-là le Hieracium tomeniosum A[\., H.pictum Schl. et H. Delasoiei Lag. Nous voici au lac, sur les bords duquel nous récoltons: Vaccinium Oxycoccos L. qui n'y avait plus été trouvé depuis Murith, et Drosera rotundifolia L. Dans les environs: Centaurea montana L., Anémone alpina L., An. sulphurea Wulf., Viola ambigua Thom., Rosa resinosa Gren. et Arnica montana L. De là nous faisons l'ascension du Gatogne (2600'"). G'est une montée dure et difficile, par un mauvais sentier de chèvres; il faut nécessairement un guide sûr pour ne pas s'y perdre. Le long de la montée, nous pre- nons Vicia sylvatica L., Viola amhigua ïhom., Viola pin- nata L., Androsace helvetica Gaud. Arrivés sur la cîme, nous passons sur le versant qui regarde Sembrancher, nous tra- 3 - 34 — versons les rochers et les pâturages où nous moissonnons Ra- nunculus alpestris L., Arabis pumila Jacq., Helianthemwin œlayidicum Wahl., Gypsophila repens L., Hieraciutn Lag- geri Schultz, H. aiirantiacum L., //. sahinum Seb., H. murorum var. abortivicm Mihi., H. Schmidtii Tausch., Gentiana glacialis Koch., Veronica aphylla L., Ver. saxa- tilis L., Pinus Cembra L., Alliuni Victorialis L., Carex fœtida AU., Sesleria disticha Pers. (rarissima) et Avena sabspicata ÇÀa'ww . Après quoi nous contournons le sommet du Catogne et nous redescendons au lac de Champex où nous met- tons nos plantes sous presse tout en prenant quelques rafraî- chissements, dont nousavonsun grand besoin. Nous quittons ce site pittoresque pour rentrer dans nos foyers. Une demi-heure après avoir quitté le lac, nous rencontrons le Colchicum al- pinuni L., Pedicularis recutita L., Centaurea axillaris Willd., Eriophorum alpinum L., Pedicularis tuberosa L., Drosera rotundifolia L., et Hieraciuni Schmidtii Tausch. Arrivés aux mayens de Bovernier, entre la Poyaz (1215'") et les Favres, nous récoltons Potentilla interfnedia L., Viola canina L., Streptopus a^nplexifolius DC. et Thlaspi virgatum Gren. Entre les mayens du Pourproz et du Crettet (1052™), encore Thlaspi virgatum Gren. et Potentilla intermedia L. Un peu plus bas, à l'Acharlay, Hieracium cymosum Vil!., Erythrea centaurium Pers., Hieracium, vallesiacum Fries. et Potentilla rupestris L. Dans les gorges du Durnand, nous prenons: Cardamine impa- tiens L., Dentaria digitata La m., Arabis Turita L. et Mœhringia muscosa L. Dans la foret du Ban des Vallettes, nous récoltons : Hieracium Wolfianum Mihi. inédit et Rosa Lusseri Lag. et Pug. Nous arrivons enfin à Bovernier, où nous nous restaurons un peu, après quoi nous allons nous caser dans nos portefeuilles, car nos jambes n'en veulent plus savoir. C'est le soir du neuvième jour. Ce matin (14 juillet) frais et dispos, nous achevons notre excursion générale par- une petite course du côté des vignes où nous récoltons Potentilla inclinata Vill., Pot. recta L., Pot. 4 — 35 - argentea L., Vicia onohrychioïdes L. avec un Hieracium.^ probablement Zïjm«i(/u Tausch. Après quoi nous rentrons à la route au village des Vallettes où nous nous quittons, mon ami Wolf pour retourner au milieu de sa famille à Sion et moi pour rentrer dans mon presbytère à Bovernier. Emile Favre, curé, chanoine du Grand Saint-Bernard. MM. les botanistes qui désireraient se procurer les plantes en tout ou en partie, récoltées dans cette excursion générale, peuvent s'adresser, et cela au plus tôt, à M. Ferd.-Othon Wolf, professeur à Sion, Président de la Société Murithienne de bota- nique du Valais, ou à M. le chanoine Em. Favre, curé, à Bo- vernier, secrétaire de la susdite Société, en leur adressant la liste des plantes qu'ils désirent. Note sur le Carlina longifolia Rclib. Dans une course que MM. Bernet, Schmidely et Chenevard de Genève faisaient pendant l'été passé dans les montagnes de Mordes, ces messieurs ont découvert le Carlina longifolia Rchb. en assez grande quantité dans les roches boisées, sur le sentier de Mordes à Dzéman, entre la Tète de l'homme mort et les chalets de Haut d'Arbignon, à l'altitude approximative de 1500 mètres. Elle était en fleurs au milieu d'août et en bons fruits un mois plus tard. Cette espèce se distingue au premier coup d'oeil du Carlina vulgaris^ par ses feuilles planes, non pliées en carène, atté- nuées à la base, si nuées -dentées, portant à chaque dent deux ou trois épines non divariquées, et beaucoup plus minces que celles du C. vulgaris. Cependant on trouve çà et là quelques pieds sur lesquels la divarication des épines est bien caracté- risée. Par contre les autres caractères essentiels décrits dans la Flore française de G. et G., dans le Synopsis de Koch et la - 36 - Flora orientalis de Boissier ne présentent rien de constant. Ainsi les caiathides sont de grandeur variable; les folioles du péricline dépassent presque toujours le rayon dans la calathide centrale des exemplaires oligocéphales, mais ce fait ne se pré- sente qu'exceptionnellement dans les caiathides latérales; et même parmi les individus monocéphales, on en trouve dont les folioles involucrales atteignent à peine le rayon. L'aigrette de l'akène est bien deux fois de la longueur de la graine; mais M. Schmidely a présenté à la Société de botanique de Genève de nombreux exemplaires de Carlina vulgaris L. des environs de la ville, dans lesquels l'aigrette était ausssi deux fois plus longue que le fruit. La difïérence indiquée par G. et G. dans la forme des pail- lettes du réceptacle n'a pas été étudiée suffisamment, pour que l'on puisse se prononcer sur la valeur de ce caractère. Néan- moins il est probable qu'une étude attentive de cette espèce aura pour résultat de la réduire au rôle de simple variété du C. vulgaris L. Par contre le Carlina nehrodensis Guss., réuni par Koch et G. et G. au Carlina longifolia Rchb. en diffère complètement par la forme de ses feuilles. La plante de Mordes, comparée avec les exemplaires de l'Herbier général du muséum à Paris, provenant des Vosges et de Transylvanie, n'en diffère absolument en rien; mais les exemplaires de Sibérie ont des feuilles beaucoup plus étroites et très aranéeuses, et les épines des dentelures sont beaucoup plus fines. En tous cas, la plante de Mordes est bien la même que celle signalée par Boissier dans les Vosges, l'Auvergne, les Alpes d'Autriche et la Transylvanie, qu'on en fasse une espèce ou une simple variété de Carlina vulgaris L. — 37 — Notes sur quelques espèces de Pedicularis. (Extrait des Bulletins de la Société Dauphinoise) Pedicularis Barrelieri ^chh.^ FI. excurs.. p. 362, n° 2465. — Pcd. adscendens Gaud, FI. helv. IV, p. 145, nonSchl. nec Hoppe nec Sternb. — Le sort de cette rare et curieuse plante est vraiment malheureux : deux fois mal nommée, elle a tou- jours été plus ou moins mal décrite par les auteurs qui, dans les diagnoses qu'ils nous en ont laissées, paraissent s'être co- piés les uns les autres. Gaudin, le premier, la fit connaître et la distingua du P. tuherosa L.; mais il eut le tort de lui don- ner le nom de P. adscendens Schl., lequel n'était autre que le P. tuberosa lui-même; outre que ce nom d' adscendens était très impropre pour une espèce qui est des plus généralement dressée comparativement aux P. gyroflexa, tuberosa, ce- nisia, rostrata, etc. Deux ou trois ans après Gaudin, Reichenbach, Flora excur- soria, p. 362, décrivit cette même plante; et, pour les raisons que nous venons de donner, ne croyant pas pouvoir l'appeler P. adscendens., il lui donna le nom de P. Barrelieri, se fon- dant sur ce que Barrelier était le seul, à sa connaissance, qui eût figuré jusque là cette plante « Barrel. 469, hucusque sola icon; nam apud Bocc. citatum a Barrel., Linn. et mutuatoribus frustra quœsivi » 1. c. Mais, postérieurement, dans ses Ad- denda, p. 862, il reconnut que Barrelier n'avait fait que re- produire la figure donnée par Boccone en l'agrandissant : « Adde : Bocc. in Mus. di Fisica, t. VIII, n° 9 f. 2 ic. di- minuta » 1. c, p. 862. D'où il résulte que si Reichenbach avait trouvé la fig. de Boccone au moment où il publiait sa Pédicu- laire, c'est P. Bocconi qu'il l'eût appelée et non Barrelieri. Ce nom du moins eût été à l'abri de contestations. En effet, la fig. donnée par Boccone, quoique très grossière, ne s'adapte point trop mal à notre plante; la phrase descriptive « Alecto- rolophos montana, flore albo luteo » Bocc. Mus. di Fisica, p. 325, n'y contredit pas, et l'auteur n'ayant laissé aucune in- - 38 - dication de localité, il était difficile de rien contrôler. Mais il n'en est pas de même pour Barrelier: il précisa la localité de sa plante « in editioribus Moroni montihusu Barrel. Plantœ per Gall. Hisp. Ital. ohservatœ., p. 22, c'est-à-dire une mon- tagne située presque à l'extrémité méridionale de l'Espagne, dans la prov. de Séville (par 12° 12' long, ouest et 37» 7' latit. nord), où aucun botaniste, que nous sachions, n'a jamais in- diqué le P. Barrelieri, qui, d'après Boiss. et Reut., Willk. et Lang. est complètement étranger à l'Espagne. Barrelier lui- même d'ailleurs, dans sa phrase descriptive, prend soin de confirmer le fait et nous laisse clairement entendre qu'il avait en vue une autre espèce, lorsqu'il ajoute: « Flores modo pur - purei, modo alhi » 1. c, p. 22, n" 210, caractères qui, ni l'un ni l'autre, ne peuvent s'appliquer à notre plante. Voyez, à ce sujet, l'opinion du savant éditeur de Barrelier, les synonymes cités par lui, 1. c, et voyez dans Linné, Spec, p. 848, l'espèce à laquelle ces synonymes sont rapportés. Toutes ces difficultés eussent été levées, si Reichenbach, adoptant l'usage généralement admis en pareil cas, eût appelé cette plante P. Gaudini, du nom de celui qui, le premier, l'avait réellement fait connaître. Toutefois, nous avons conservé le nom donné par Reichenbach, parce que c'est un nom déjà répandu, qu'il a été adopté par Koch et par Gren. et Godr., et que, suivant l'avis du célèbreFries, «non novis nominibus sed novis observationibus opus est. » Les points sur lesquels cette plante a été le plus généralement mal décrite sont: 1° Le calice, dont les lobes sont rarement très entiers, mais ordinairement crispés-denticulés ou dentés ou même laciniés. 2*^ La fleur qui est d'un jaune paille (luteolus)., du moins dans nos Alpes (devenant par la desssiccation rougeàtre furfuracée sur lecasque)et non d'un blanc jaunâtre (pallide ochroleucus) comme dans le tuberosa ni surtout blanche (albus). Reichen- bach, qui le premier lui a donné cette dernière couleur, n'avait sans doute jamais vu la plante, et s'en était rapporté sur ce point à Barrelieri - 39 - 3° La tige, qui n'est pas ordinairement ascendante, comme le dit Gandin, 1. c, mais presque toujours dressée, comme l'avait remarqué Reichenbach, 1. c. En somme, les caractères qui nous ont paru le mieux sépa- rer cette plante du tuberosa, dont elle est très voisine, sont: la couleur de la fleur, le calice plus petit et plus étroitement campanule, paraissant constamment glabre, excepté sur les bords des lobes parfois pubescents; l'épi ordinairement plus allongé et plus lâche; la tige plus souvent dressée; les feuilles radicales et inférieures plus glabres, prenant généralement, par la dessiccation, une teinte noirâtre semblable à celle du P. incarnata. (Com^nuniqué par M. Arvet-Touvet.) Pedicularis Vulpii Solms-Laub., in OEst. bot. Zeitschr. ■1865, p. 174. — Ped. incarnato-tuberosa Vulp. in litt. ad C. Fisch. OEst. m Flor. 18o4, p. 97, etc. — Ped. foliis al- ternis, pinnis semipinnatis, floribus rostratis ochroleucis dense spicatis Allion. Rarior. Ped. stirp. specim., p. 51 et tab. XL. f. 2 (1755) et in FI. ped. h 63-64 obs. ad P. incarna- tam et IH, lab. IV f. 2 interata (1785). Cette Pédiculaire, que nous avons observée sur plusieurs points de nos Alpes, notamment à Brandes-en-Oisans, sur tout le massif des Rousses et du Lautaret, est néanmoins une plante toujours rare chez nous. Elle ne vient point par cantons et en abondance, couvrant des espaces considérables, comme Vin- carnata, le tuberosa, le comosa, etc., mais de loin en loin, par touffes isolées et toujours en compagnie du tuberosa et de ['incarnata, dont elle partage les caractères et dont il y a tout lieu de la croire hybride. Souche forte, indurée., munie entre les pétioles des feuilles de nombreuses écailles longuement lancéolées; tiges fine- ment pubescentes-aranéeuses ou glabrescentes, ordinairement dressées dès la base, plus rarement un peu courbées-ascendantes; feuilles radicales et inférieures glabres ou glabrescentes, assez semblables à celles de V Asplenium Halleri., plus finement et plus profondément pinnatiséquées et incisées-dentées que dans V incarnata et noircissant moins par la dessiccation ; épi plus ou — 40 — moins allongé, généralement plus serré que dans Vincarnata, mais moins que dans le tiiberosa; bvixclées pennatiséquées^ ou les supérieures tri-multiséquées, à lobes incisés-dentés; calices campanules, jî^? S 3 •5 §-3 ^ ^«§ ^^ a " ce co ce 75 S ^ C 3 3 QJ ce a s o -: o o o -ai -a cô G^l "5 ■ u """-i a> D. -Q 3 &. G- .52 C 0.2 « S ^ o "^- -a ce S-1 .- IJ î£ -a H t/3 X • — i- OC C O « a t3 o o ce o 3 3 5:= « ^ Tj ce - ^ _ o ce ce -— Ii;-U opo o o G A ce o c £.5 £J.2 i °-' o o • o .3 o -3 —■- S^ ce O o ^ ^ -e ce ce T" iS ce .5 [« — > §— CL-.5 o G — 73 r' ~ ^' f-j ce ^ 75- — ^ :~ a^ ce 3 o " ^ G ce cr.3 a3 S 3 aJS^> S G ^ 3 ce Tj ^ 3 ce o: 3 "03 > ""^ G *" O ne — ^ ^^ ce s (O X o « « ce le o 73 3 • :_ a. ce c« *■ ^j -.• — _ 3 cz ma, utri tribi 73 C ^ 1 filibus i aut c ai 73 in 3 3 CZ 'Eh G c o CO O ai S o — se Qi 3 >^ 1- « «t. 73 û. 3 73 2 <^ 3 — G OC - C3 o ce cz se cz ejD O) o «- S G s- c c Oi G 5- 3 D- X «^ g> O) a 3 o c M X o G a o c -, y= 3 ^•C ^ G *^ ■" œ 0.2, G '- X -.2 a 2^ 5 o ^ ^ aï ^ ^ o 2 ^ «e jQ ûc oc^2 I 7! • r— 3 3 73 73 oc 73 ÔC _o c CL, , -^ ■"^ r^ 1 C O) '«Si '5 > O) s 73 3 se 'îZ s O) «^ L. '^ c2 s a Q. 73 3 3 o c .:£ o c /3 ■ o o o o ce '^ CZ .22 « .S ûc c « C a; ^ K S-^ o A O 3 O o s. ^ ~B C _ C es ' 1/3 a -i c g S 6 o ce o rc 3 .2 C/2 i £ re S 3 ?î = 3 S ".si ^ -_ p s .s 3 3 -3 _ t/3 iD f- S 3 «^ S o :- oi ..^ i-~ ^ c '- 5 ^ t- re 3 '^ S 2 .S Cw '^^ ,^ — *^ 3 S 2 Wi^ « G c 3 "^ « 3 ï* il .2 -S o o. =; 3 «0 t. ^ 3 ra 'î^ Xi -2 arj fl c wv S Vi 3 ce i2 3 S S 6/; le "> Cù Sa 3 0) a; ce (À 3 ce G S 6 a; — Cw '5 en 'S 0- c/3 3 3 CZ a Q. O- (— « rc r^ ce 3 Cl *- 1— 1 Tf. .k^ _2 G 3 c 3 3 ce ^3 c *K ^ "Z. 3 G C/3 ra r^ ce "3 '.«^ '> G. f—t u iD G G = "g en 3 3 3 ^ *^ ..— .t-3 ce 3 =3 O " Xi VI G ce 3 cj en (/) O iz) A -a G ce o o o G..2 ce C O 3 03 s- ce 3 Si "S s ce 3 CL o "« 8 O) .0 G-3 ' — j ce (D > > rH ce = 2 = s 00 3 s- t. 3 *^ t- ^ ^ |.2 8 > C0T3 c« • _- c:g s 5 S 3 3^0 ce >-> ÇL.C Ci' s 5 a. G 3 o o 3 > '^ _3 "S o o — M g. 2 1 = CZ ■S- s Pt--^ 2 •- "^ o G O *3 ;- O ^ S^ S o ce er.S ce -^ co c/5 S 5^^ o ce i_ -f Jr *j _< ce 3 ce — < c «m • ._, '-* S 13 -3 r.— ^ o en ce . -" ■^ " > g .2 S- G is S en O ^••- 5'^ >■ o ._ ce X ^ 1^ "S o» 9 •-; G en 2 «— '^ ;= S.S.S "S en "" 'En 'S 'G S 3; en G ce en en . . -t; ^ S ".S .2s|g ;>> X ^^ en ^ O en *3 .— . •G 3 k Û13 "2>> ce _o -" "^ "ce o G S « "^ S 3 ce en 2 3 " . S S ;^ « s "" If s t, ce ce t. o t- »i .— . t^ ce en o îr " "1^ 4^ '^ -^ G-2 ce G ce ■^^ G X J= eu .2 2 ce =*- '_ G - 48 — Enumération des LICHENS VALAISANS nouveaux trouvés par le professeur Millier, à Genève, et publiés par lui antérieurement dans la Flore de Ratisbonne. Obs. Les lichens qui suivent ne se rapportent qu'k une petite partie de tous ceux, fort nombreux, mais non encore étudiés, que l'auteur a collectés dans diverses parties du Valais. 1. Psorotichia cleistocarpa Mull. arg. in Flora Ratisb. 187^, p. 506, au liord de la Dranse sous Bovernier. 2. Physcia obscura v. subiiigricansejusd. I. c. 1874, Licheno- logische Beitriige (ou L. B.) n. 10, Mauvoisin dans la vallée de Bagnes. 3. Placodium subcandicans ej. 1. c. 1874. L. B. N» 21, entre Loui'tier et Fionay. 4. Diploicia epigsea v. ang-ustata — 1874, L. B. n. 11, à To- remhec dans la vallée de Bagnes. 5. Lecanora Agardhianoides v. subdelibuta — 1872, p. 534, entre Senibrancher et La Garde. 6. Callopisma (s. Pyrenodesmia) variabilis c. lecideinum — 1874. L. B. n. 13, à Torembec. 7. Lecidea (s. Biatora) prasinella — 1872. p. 484, sur Larix au-dessus de Bovernier. 8. L. (s. Lecidella) speciosa — 1874, L. B. 24, à Torembec. 9. L. (s, Lecidella) œneo-virens — 1874, L. B. n. 22, à To- rembec. 10. L. (s. Lecidella) virescens — 1874, L. B. n. 23, à Mau- voisin, vallée de Bagnes. 11. L. (s. Lecidella) paratropoides — 1874, L. B. n. 16, à Torembec. 12. L. (s. Lecidella) laboriosa — 1874, L. B. n. 4 à Cham- pey sur Orsières. 13. L. (s. Lecidella) Lithophiloides — 1874, L. B. n. 5, à Ghampey. — 49 — . 14. L. (s. Lecidella) sabuletorum v. granularis — 1874, L. B. n. 14, à Torernbec. 15. L. (s. Lecidella) Inamœna — 1874, L. B. n. 13, à To- rernbec. 16. L. (s. Lecidella) vicinalis — 1874. L. B. n. 20, à Mau- voisin. 17. L. (s. Lecidella) aggregantula — 1874, L. B. n. 27, sur Lecanora polytroi)a à Toreuil)ec. 18. Patellaria (s. Biatorina) endodesmia — 1874, L. B. N" 29, à Mauvoisiu. 19. P. (s. Bilimbia) faucig-ena — S 871, p. 404, gorges de Bo- vernier. 20. P. (s. Catillaria) Aspicilise — 1872. p. 488, bord de la Dranse sous Bovernier. 21. Rhizocarpon obscuratum v. diffractum — 1874, L. B. N° 30, à Mauvoisiu. 22. Rh. geographicum v. médians — 1874, L. B. N» 17, à Mauvoisiu. 23. Opegrapha vulgata v. Rhododendri — 1874, L. B. N» 7, à Champey. 24. Verrucaria truncata — 1874, L. B. N'^ 18, à Toreuibec. 25. V. subtilis — 187't. L. B. N" 31, à Mauvoisiu. 26. Sagedia (s. Thelidium) anisospora — 1874, L. B. N» 32, à Torernbec. 27. S. (s. Arthopyrenia) subconfluens — 1872, p. 505, sur Pinus Cembra près Champey. 28. S. (s. Pharcidia) constrictella — 1874, L. B. N« 19, sur Placodium fulgeus v. alpinuin à Torernbec. 29. Polyblastia fusco-argillacea a cinerea — 1874, L. B, No 33, à Toreuibec et à Mauvoisiu. 30. P. gneissiaca — 1874, L. B. N" 34, à Torernbec. 31. P. flavicans — 1874, L. B. N» 35, à Torernbec. 32. Spolverinia valesiaea — 1874, L. B. N« 20, à Mauvoisiu. - 50 — Lichens collectés par MM. Privât et Bader entre l'Augstbordpass et le pied de la pyramide du Schwarzliorn sur Tourtemagne, à 2790-2850 mètres ou 9300-9500 pieds d'altitude, et communiqués à l'auteur par les mêmes. i. Gyrophora corrug-ata; Umhilicaria corrugata'^yl. Scand. p. 64 : Privât. 2. G. cylindrica v. nudiuscula; Umbilicaria polymorpha c. nudiusGula SchaM*. Enurn. p. 26 : Bader. V. mesenteriformis; Umbilicaria polymorpha c. me- senteriformis Schier. Enum. I. c. : Bader. V. denticulata; Umhilicaria polymorpha h. deniiculata Schter. I, c. : Bader, Privât. V. crinita; Umhilicaria polymorpha v. crinita Schser. 1. c. : Bader, Privât. V. fimbriata ; Umbilicaria polymorpha cl. fimhriata Schœr. I. c. : Bader. V. micrdphylla; Gyrophora polymorpha v. micro- phylla Azni Exs. 251 : Privât. 3. G. proboscidea Ach. Meth. p. 105 : Bader. 4. G. reticulata Th. Fries Scand. p. 166: Bader, Privât. 5. Parmelia encausta V. atro-fusca ; Parmelia ceratophylla V. atro-fusca Schier. Enum. p. 42 : Bader. 6. Parmelia lanata Wallr. — Th. M. Fries Scand. p. 126 : Bader. 7. Placodium chlorophanum Flot. Schles. 31 : Privât. 8. PI. concolor p angustum Arnold Brenner p. 234 : Privât. 9. Psora fuliginosa (Tayl.) v. pyrenaica: Lecidea confusa V. pyrenaica Nyl. Scand. p. 216 : Privât. 10. Thalloidima conglomeratum Mass. Rie. p. 97 : Privât. — 51 — H. Lecanora sordida v. carneo-pallens; Zeora sordîda a glaucoma f. carneo-pallens Korb. Syst. p. 134: Privât. l!2. L. (s. A.spicilia) depressa Nyl. Lapp. or. p. 137 : Privât, Bader. 13. L. (s. Aspicilia) plumbeola Miill. Arg., hypothallus ater, thallus cpesio-plumbeus, opacus, diiïracto-areolatus, v. areohe dispersa^, angulosœ, planœ, haud rimulosio, nionocarpicœ; apotbecia immersa,i/3 ™'" tantuni lata, supra thallurn haud emergentia, sat regulariter orhicularia, fusco-atra, opaca, uia- defacta mollia, depresso-concaviuscula, et quasi ab ipsa areola late thallino-marginata, margo proprie sic dictus haud emer- gens; lamina* cum hypothecio hyalina, mollis, epitbecium ful- vo-fuscescens, paraphyses molles cohierentes ; asci superne valde pachyderme!, 8-spori; sporœ in ascis irregulariter bisor- iales, 18-20 [jl ' longîc, 9-10 pi latfo. — Prope Lecanoram My- rini Nyl. in Flora "l 869 p. 413, Th. Fries Scand. p. 283 lo- canda est. Apothecia et thallus valde similia juvenili Lecidete plumbcce Mass., sed hriec Lecidea tum sporis caret et epithe- cium cœterum virescenti-fuscum est et areoke thallina' sub gravissima lente fissurino-rimulosa? sunt. Asci cseterum et go- nidia in nostra Lecanora cum iis sectionis AspiciiiiB conve- niunt. — A cl. Privât et Bader 1. c. lecta est. 14. L. (s. Aspicilia) fumosula Mull. Arg., hypothallus niger ; thallus areolato-ditïracLus. areoke planiuscuke v. subconvexa^ atro-brunneœ, v. dein brunneo-argilIacea\ margine haud ad- scendentes, monocarpicœ: apothecia in centre areolarum sita, inmiersa, supra thallurn haud emergentia, ab ipso thallo tu- mescente et circa discum albescente et émergente spurie mar- ginata, discus Va™" \à^\xs. atro-fuscus, opacus et nudus; la- mina mollis cum hypothecio hyalino-alba, epitbecium olivaceo- fuscescens, paraphyses conglutinatie, asci 8-spori; sporœ in ascis superne pachydermeis irregularitei- biseriales, oblongo- ellipsoidea^ 10 [x longte et 4'/2!x l.itffi. — Juxta L. cupreo-gri- seam Th. M. Fries inserenda est. — Prima fronte Lecideam ^ !^ = */iooo""". athroocarpam Ach., s. L. fumosœ f, polygoniam simulât, sed areolœ aliœ, apothecia haud nigra, hypothecium liyalinum, et lamina « Aspiciiite », gonidiis globosis diametro I2-14iji. cequan- tibus pnedita. Ab omni Lecidea fusco-atra s. L, fumosa Auct. differt apotlieciis iramersis non plane atris. Areolae obscuriores satis CLim iis Lecideae atro-brunneœ quadrant sed apothecia valde recedunt. — Ibidem lecta a cl. Privât. 15. Lecidea (s, Biatora) vernalis Ach. Meth. p. 68; Th. Fries Scand. p. 4i27, sur des gazons de mousses mortes : Privât. 16. L. (s. Biatora) amabilis Mull. Arg., thalius in hypothallo atro insulatim crescens, insuUe subconfluentes, irregulares, crassiuscuho, piano-convexse, e pallide carneo v, persicino al- bidae, rimulosœ; apothecia sicca atro-fusca, madefacta pallide fusca V. rubello-fusca, immersa, e thallo non v. leviter tantura emergentia, immarginata, discus leviter convexus; lamina et hypothecium hyalina, epithecium fulvo-fuscescens, paraphyses conglutinatœ, asci 8-spori ; spone (hyalina; et simplices) 10-15[j. longœ, 5-7 jx latio, ovoideœ v. oblongo-ovoidea;. — Species exi- mia : thalius quasi médium tenet inter L. armeniacam et L. elatam, ad illum L. marginatœ accedens, at apothecia colorata. A proxima L, Taylori Mudd Man. p. 199, Leight. Lich. FI. éd. 2, p. 297, s. L. lœvigata Nyl. Enum. gén. p. 143 statim differt thallo minus piano et apotheciis immersis et insuper sporis mi- noribus. A L. coarctataet thallo et sporis et paraphysibus lon- gius distat. — A cl. Privât lecta. 17. L. (s. Lecidella) armeniaca v. intermedia Mull. Arg., hy- pothallus ater valde prtedominans, areoUe discretœ, e badio flavicantes, demum rimulosœ et crebre ruguloste. — Quasi mé- dium tenet inter L. armeniacam p nigritam Schœr. et v. mela- leucam Th. Fr. — ad pedem montis Rothhorn supra Tourte- magne ait. 2820 >» : Privât. V. nigrita Scha-r. Enum. p. 107 : Bader. 18. L. (s. Lecidella) senea Duf. in Fries Lich. Europ. p. 108, Nyl. Prodr. p. 134 : Privât. 19. L. (s. Lecidella) Privati Mull. Arg., thalli areolte in hy- pothallo bene evoluto atro dense dispersée, planiusculœ, par- — 53 — vulfe, Iuri(lo-v. vircnti-fuscip, nitidul;ip, nuirgine nonniliil ar- reclae et sicpe pallidic v. pallidc pulverulenta"; apothecia innata, angulosa, plana et nuda, atra, rnargine tenui subindistincto atro cincta, lamina hyalina, epithecium olivaceo-nigricans, hypothe- cium obscuralum (tenuissimum visum hyalinum), paraphyses conglutinatœ, asci 8-spori ; sporaioblongato-ellipsoidejie, 9-lO(x longœ, 4-4i/.2(x latœ. — Primo intuitii fere L. athroocarpam Acii., Th. Fries Scand. p. 483, s. Psoram fumosam f. polygo- niam Anzi simulât, sed hypothallus est eximie prœdominans, i. e. areolœ longe magis discreta», magis virentes, sporœ minu- tie omnino diversœ et paraphyses conglutinatœ. A L. fusco-atra differt apotheciis innatis et sporis minoribus. L. ocellulata Th. Fries I. c. p. 484 dein dissimilis est et sporis majoribus gaudet. — Areolte vulgo monocarpicie sunt, hinc inde tamen aggre- gatini :2-5-carpic«! evadunt et apothecia tum albido-marginata apparent. — Ad pedem montisSchwarzhorn ait. 2820'" : Privât. 20. L. (s.Lecidella)latypea Ach. Meth. Suppl. p. 10: Bader. 21. L. (s. Lecidella) silacea Ach. Meth. p. 48 (thallo ferrugi- neo) : Privât. 22. L. (s. Lecidella) lapicida Ach. Meth. p. 37 : Privât. f. oxydata; Lecidella lapicida oxydata KOrb. Par. p. 208 : Privât. f. ecrustacea Anzi Exs. 399 : Bader. 23. L. (s. Lecidella) polycarpa Fr. L. Europ. p. 305 : Bader. f. oxydata; Lecidella polycarpa * oxydata Korb. Par. p. 208 : Privât. 24. L. (s. Lecidella) declinans Nyl. f. ecrustacea Mull.Arg. : Privât. 2o. L. (s. Eulecidea) confluens v. ochromela Nyl. Add. Lich. Boliv. p. 381 : Privât. f. steriza Mail. Arg. l. c. : Bader. V. subcalcarea Nyl. Scand. p. 225 : Privât. 26. L. (s. Eulecidea) platycarpa Ach. L. Univ. p. 173 : Privât, Bader. 27. L. (s. Eulecidea) Dicksonii Ach. Meth. p. 55 : Privât. 28. L. (s. Eulecidea) fusco-atra a fumosa Th. Fries. Scand. p. 525 : Bader. — 54 — 29. L. (s. Sarcogyne) tephrodes Mail. Ary., Sjoorastatia ci- nerea Korb. Par. p. 2)55. 30. Rhizocarpon g^eminatum Korb. Sysl. p. 259 : Bader. 31. Rh. geographicum v. atro-virens Korb. Syst. p. 263: Bader. 32. Tichothecium pyg-mseuin Korb. Sert. p. 6, sur Lecidea fusco-atra v. lumosa : Bader. Lichens des pentes gypseuses au-dessus des plâtrières de Granges, Valais moyen, cueillis et communipés à l'auteur par Monsieur le président Wolf. 1. Placodium bracteatumv. campestre Midi. Arg., Lecanora bracteata a. campes tris ïh. M. Fries Scaud. p. 223; Lecanora friahilis p bracteata et y citrina Schccr. Enum. p. 64, pr. p. — Le thalle est plus clair, plus souffre que dans la var. alpina de la vallée de Bagnes, et il est bien fructifié dans cette localité. 2. Placodium (sect. Acarospora) nodulosum Mull. Arg., Par- melia nodulosaEl. Fries Lichenogr. europ. p. 185(ad specim. Dufoureana); Urceolaria nodulosa Schœr, Enum. p. 92. Thallus mono})hyllinus, dein subcrustaceo-confluens; squamu- lae 1*2-3'"'" lat.e, obtuse crenato-lobatœ, applanatte, medio vulgo uîonocarpica?, dein ampliores et varie intricatiin spurie confluentes et partim prolifero-lobatae et pro parte noduloso- intumescentes, crassula^, lacteœ, cretaceo-v. minute granuloso- pulveruIentiB, conjunctim thallum grosse noduloso-glebosum formantes; apothecia prirnum nunc margine aibo prominente tenui cincta, nunc eo plane destituta et in thallum iminersa. dein ob squamaruni turgescentiam magis prominenlia et 1 ad 1 '^/gi'iii |.^tf) ^x latins aut angustius aut vix distincte ab ipso thallo marginata et Lecanoram simulantia, semper plana aut demum convexiuscula, juniora rufo-sanguinea, demum obscure fusca aut nigricantia; sporœ in ascis multisporis globosfe v. — 55 — globoso-ovoideœ, 4-5i/2[x longœ. — Cette plante fort rare et bien peu connue n'a été observée jusqu'ici qu'en Espagne. Les échantillons du Valais sont bien conformes, sous tous les rap- ports, à ceux de mon herbier, de l'Espagne, et qui viennent de Dufour même. 3. Urceolaria scruposa v. cretacea Sch;vr. Enum. p. 90; la plante est bien typique et conforme aux échantillons de Schier. Lich. helv. exs. N^ 291. 4. Psora decipiens f. dealbata Mass. in Korb. Par. p. 119., — Croît avec la forme suivante. f. cretacea Miill. Arg., thalli squamulœ cretaceo-albai, pri- mum heves, deincretaceo-pulverulentfe. — Quand la plante est stérile, elle s'approche des squamules du Placodiura nodulosum, avec lesquelles elle croît parfois mêlée, mais on l'en distingue aux squamules concaves. 5. Thalloidima alutaceum Anzi Neosymb. p. 9, trouvé seule- ment à l'état stérile et avec les spermogonies. 6. Lecidea (sect. Lecidella) scabridula Miill. Arg., apothecia in thalio aliène hospitnntia. erumpentia, mox emerso-sessilia, similia iis Lecideœ supersparsœ Nyl., sed crassius et promi- nentius marginala, scabrido-opaca, atro-fusca, madefacta sub- mollia ; epithecium fuscum, lamina et hypothecium hyalina, illud inferne fuscum, paraphysjes facile segreganda^, tenella?, asci auguste cylindrici, 8-spori ; sporre 9-11 [x long;e, cire. 3-4[jl latae, hyalinye, simplices (etiam in solut. k), oblongo-ellipsoi- deœ, utrinque obtusœ. — Crescit in jugis thallinis Placodii nodulosi. Licheas des peates 'rocheuses situées au N.-O. du pont du Ehône entre Brigue et Naters, cueillis par l'auteur le 15 sept. 1880, à l'occasion de la réunion à Brigue de la Société helTétipe des sciences naturelles. 1. Omphalariapulvinata Nyl. L. Par. 103, v. laxa Mail. Arg. Ccespitum laciniée fere segregatim crescentes, basi tamen laxe — 56 — gregatim ad gomphum communern aheunles, valde evolut?e, elongat;e, subinde 1-1 1/3'^'° longue, adscendentes, juvéniles ta- men ut in forma normal! confertim Cces|iitosa', undique lœves, subnigne v. fusco-nigne, siccie rigidœ, madefacUo satis molles. Apothecia juvenilia tantum visa. — Abondamment sur les pa- rois de roches humides. V. pachyphylla Mull. Arg. Thallus 1-2 i/g*^™ '^itus, mono- phyllus, varie inciso-partitus et lobatus; lacinite insigniler in- crassatœ, siccœ eximie rigidte, amplœ, i-lS"*™ latae, nigrae v. fusco-nigrse, tota superficie superiore priesertim verruculo- so-asper?e v. nigro-granulospc. Apothecia non bene evoluta. — Valde distinctaet speciem propriam simulans, prima fronte Plectopsoram cyathodem Mass. imitans, at structura anato- mica omnino diversa , gonidia enim in séries moniliformes disposita non offerens. Cseterum ad amussim cum Omphalaria pulvinata quadrat et a varietate prœcedente separatim cres- cit. Plantée insuper Algis nonnullis prœsertim e Scytonema- cearum ordine conspurcat;e sunt. — Sur les mêmes parois de roches humides que la var. précédente. 2. Thyrea Notarisii Mass. Sched. crit. p. 107, N» 174. Abon- damment et bien fructifié sur les mêmes roches humides que les deux précédents. — Le thalle est souvent finement granu- leux, et son intérieur ne montre pas les filaments hyalins rami- fiés qui se voient dans les Omphalaria. Je l'avais déjà observée auparavant en Suisse, sur des parois humides de calcaire entre Aigle et le Sépey. La plante est répandue dans le Midi. 3. Stereocaulon nanum Ach. Meth. p. 315. Sur les blocs de la pente, mais rare. Celte singulière plante, connue seulement à l'état stérile, et qui n'est très probablement pas un vrai Stereo- caulon, ne semble pas avoir été observée en Suisse depuis Schleicher, car Sch^erer ne l'avait jamais trouvée (vid. Schœr. Spicileg. p. 273). Elle est comme une Lepra dendroide, haute de 2-8"""^, d'un blanc cendré légèrement bleuâtre sur le vivant. 4. Physcia pulverulenta Fr. v. lilacina; Parmelia pulveru- lenta v. lilacina Arnold in Flora 1863 p. 2. Sur les blocs. 5. Placodium valesiacum Miill. Arg. Thallus cire. l-4c™ dia- — 57 — métro œquans, lotus opaco-aihus, leniiissinie siihpulvei'iiloiitus,- centro nreolato-depresso-glehosus, peripherice pulchrc elfigu- rato-laciniatus, laciniiip arcte adnata», adpresso-adplanatœ, Liltimaî latiusciile rotiindata^ et subcrenatae, marcine ultimo nonniliil turuido et subgranuloso leviter concavfe; apothocia nutnerosa, 1-1 Vs™"' ''^^"- niargo tenais et primum prominehs, albus, demiim undulatus: discus subplanus, gilvo-fuscescens V. gilvo-pallescens, epruinosus; lamina cum hypothecio hya- lina, epithecium crassiuscule flavescenti-fuscum, paraphyses conglutinatffi, asci subangusti, 8-spori; spone oblongo-ellipso- idese v. ovoideae, H-1^[;l longse, 5-6[jl latœ; gonidia diametro 10-1 2 IX œquantia. — Primo intuitu fere cum PI. savicolo v. alhopulverulento convenit, sed apothecia aliter colorata, thal- lus undique albus et laciniao ultinife subconcavie iatiusculœ, quo charactere, pneter sporaruni minutiem et colorem apothe- ciorum, etiam a subsimili PI. suhcandicante Miill. Arg. e val- lée de Bagnes, di versa est. — Sur les blocs, rare. « 6. Buellia heteropsis Mull. Arg. Simillima est diversissiniie Lecideœ confluentulœ Mull. Arg. (in Flora Ratisb. 187:2, p. 536, ubi sporaesimplices et hyalinœ), nec non Buelliam nlym- picam Miill. Arg. (Licli. Beitr. N° 159) satis bene simulans at magis stenospora et microspora et hypothecio crasso atro-fusco pnedita, athallina (thallus saltem non observatus); apothecia numerosa, approximata (haud seriata), plana, Vs'Vi"'" \'aI<^-, prominenter et tenuiter marginata, discus rufescenti-ater v. ater, demum turgescens v. hemisph;ericus, intus concolor; la- mina hyalina, epithecium fuscum, hypothecium crassum et atro-fuscum, paraphyses graciles, superne capitatœ et articu- latae, asci cylindrici, apice pachydermei, 8-spori; sporte gra- ciles, 10-12 [;l longae, 31/2-5 v, saepius S^/^ix latae, oblongato- ellipsoideae, e viridi fuscœ, 2-loculares. — Prima fronte facile pro forma macra Lecideœ crusfulaùe aut L. goniophilœ lia- benda. — Sur les blocs de la pente chaude. 7. Encephalographa (sect. Dactylospora) pulvinata Mull. Arg., Leciographa pulvinata Rehm in Lojka Bericht 1869, p. 500. — Parois de roches humides sur Dermatocarpon minia- - 58 - tum V. papillosum, assez fréquemment. — Les paraphyses et autres parties de la lamina jaunâtre présentent les micro2;oni- (iies et la plantule est donc un Lichen parasitique, non un Fungus du groupe des Hystérinées. 8. Dermatocarpon miniatum Th. Fries Arct. p. i253 v. papil- losum Miill. Arg., Endocarpon miniatum v. papillosum Anzi Cat. p. 102. — Sur les mêmes roches humides que les Ompha- laria. — V. pruinosum Miill. Arg., Endocarpon miniatum v. pt^ui- nosum Mass. Hic. p. 183. — Avec la var. précédente. 9. Endocarpon adscendens Miill. Arg., Dermatocarpton pu- sillum V. adsceidens Anzi Cat. p. 103, et Lich. Longob. exs. N" 219; Dermatocarpon pulvinatum Korb. Parerg. p. 308, excl. syn. Th. Fr. — Sur les blocs, mêlé à Collema Tnultifidum V. jacohœifolium Schser., à divers endroits de la localité, même en bas dans les prés. IQ. Enddcarpiscum GuepiniNyl. in Flora 1864. p. 487.— Sur les blocs, observé seulement à l'état stérile, mais son mode de fixation et son système vertgonimique ne laissent pas de doute sur la plante. Dans la même localité je crois avoir reconnu sur place d'au- tres Lichens rares, comme Limboria actinostom.a^ Paora tes- iacea et probablement une Pyrenopsis ; mais n'étant pas pour- vu des outils nécessaires, je n'ai pu en détacher des échantil- lons pour en faire l'étude exacte. Enumération de pelques Lichens des hautes Alpes du Valais recueillis à plus de 10,000 pieds ou de 3,000 mètres d'altitude et communiqués à l'auteur par des membres (cités) du Club alpin suisse. 1. Collema multifidum f. terrestris Arn. Ausll. 11 Serlosgr, p. 18, au sommet du Mettelhorn, à 3,410'» : Kundig. - 59 - i. Gyrophora corrugata; Umhilicaria corrugata Nyl. Scand. p. 119, au Weissmies dans la vallée de Saas, à 4,000'" : prof. Wolf. 3. G. cylindrica Ach. Meth. p. 107, f. fimbriata Ach. Univ. p. 224; Umhilicaria polymorpha d. fimbriata Schœr. Enum. p. 26, au Schwarzhorn sur Tourtemagne, à 3200™ : Eberhardt et Privât. f. denudata; Gyrophora prohoscidea^ denudata Turn. et Borr. Lich. Brit. 219; Umhilicaria poly^norpha ol cylindrica et nudiuscula Schter. Enum. p. 22, au Weissmies, 4,000'" : Wolf. 4. G. reticulata Th. M. Fries Scand. p. 166; Umhilicaria anthracina y reticulata Schaer. Enum. p. 28, au Schwarz- horn sur Tourtemagne, 3,200™ : Bader, et au Distelgrat de l'Aletsch, 3,400n>: Âlfr. Brun. 5. Parmelia encausta v. atro-flisca; Parmelia ceratophylla â atro-fusca Schter. Enum. p. 42, au Distelgrat dans le Stock de l'Aletsch 3,400™ : Alfr. Brun, au sommet du SchOnhorn (Simplon) : Wolf, et au Za de Lano : Wolf. 6. P, fahlunensis Ach. Meth. p. 203, au Schwarzhorn sur Tourtemagne, 3,600™ : Privât. 7. P. styg-ia Ach. Meth. p. 203, avec la précédente : Privât. 8. P. lanata Wallr. Comp. 3, p. 529, au Distelgrat de l'Aletsch, 3,400™ : Alfr. Brun, au Schwarzhorn sur Tourtemagne, 3,600™: Privât. f. minuscula Nyl. Lapon, or. (Suppl.) p. 120, à la Bella ïola, 3,090™ : Kiindig, et au Matterhorn ou Cervin : GiJttinger. 9. Amphiloma ele^ans v. ferax Mlill. Arg. in Flora Ratisb. 1875 Lich. Beitr. N^ 36, au Distelgrat de l'Aletsch, 3,400™: Alfr. Brun. f. discretulum, thalli licinulae abbreviatie et plus minusve discreto-sparsse (stériles tantum visae), forma, crassitie, super- ficie et colore bene cum var. ferace congruentes, cœterum pro parte frigore ut videtur albidœ fact;e et quasi bicolores; au sommet de la Rosa-Blanche : Wolf. 10. Placodium (sect. Acarospora) chlorophanum Fw'. L. Flor. — 60 - Siles. 31, Pleopsidium flavum var. chlorophanum Kdrb. Syst. p. 114, au Weissmies dans la vallée de Saas, 4,000™ : Wolf. V. rugulosum, habitus, thalli et apothecioruin forma ut in prœcedente, sed thallus minus kete flavuset superficie undique minute rugulosus et opacus; sporœ evolutœ ex apotheciis vix leviter emergentibus 3-5 [x longœ et 1 Va''^!^ latte, copiosissinice. — Au sommet du Schonhorn (chaîne du Simplon), sur Horn- blende : Wolf. 11. PI. concolor v. angustum Arnold Brenner p. 234, à la Dufourspilze du Monte-Rosa : Wolf, sur le Sallel et dans le Ka- min (cheminée) de la même montagne : Wolf, au Distelgrat de l'Aletsch, à 3,400™ : Alfr. Brun, et au sommet de la Dent du Midi, à environ 3,200™ : Chavel. V. subeffusum; Sguamaria concolor v. siihejfusa Nyl. in Buliet. de la Soc. bot. de France 1863, p. 261, au Weissmies, vallée de Saas. à 4.(X)0m : Wolf. 12. PI. disperso-areolatum Korb. Syst. p. 117, Haut de Cry : Wolf, à la Cabane du Matterhorn : Wolf, au sommet du Mettel- horn, à 3,400'" : Kiindig, au Distelgrat de l'Aletsch, à 3,400™ : Alfr. Brun. 13. PL gracile Miill. Arg. in Flora Ratisb. 1875, p. 61 (L. B. N" 38), Distelgrat de l'Aletsch, 3,400™ : Alfr. Brun.; et au Weissmies, à 4,000™ : Wolf. f. atrata Mull. Arg. 1. c, avec la précédente au Distel- grat : Alfr. Brun. v. amœna Mull. Arg. 1. c, avec les deux précédentes: Alfr. Brun. 14. Thalloidima cong-lomeratum Mass. Rie. p. 97, au Distel- grat de l'Aletsch, à 3,400™ : Alfr. Brun, et au sommet du Monte-Rosa : G. de Candolle. 15. Lecanora polytropa p alpina f. acrustacea Sch. — C'est bien possible: l'insecte est assez rare, mais on le rencontre dans des fourmilières en France, en Allemagne et jusque dans la Russie méridionale. En dépit de nombreuses recherches, je ne l'ai pas encore rencontré dans le Valais, mais je ne suis pas éloigné de croire qu'on l'y trouvera un jour. Fam. Locustides (Locustaria). Les individus de cette famille, ailés et aptères, se trouvent particulièrement dans les terrains où ils peuvent monter sur les plantes, sur les arbustes et même sur les arbres. Quand on entend un cricri aigu, si ce cri part d'un arbre ou d'un arbuste et que ce ne soit pas celui d'une Cigale, on peut être sûr que c'est une Locustaire qui le produit. Les antennes sont longues et grêles; les femelles possèdent un oviscapte en forme de la- me de sabre, plus ou moins droit ou courbé et plus ou moins long, mais toujours bien visible. Les mâles produisent leurs cris à l'aide d'un tambour situé à la base des élytres, de la même manière que les grillons. Il y a des espèces qui vivent paitout, mais dispersées, d'autres en sociétés plus ou moins nombreuses. Nulle part on ne se plaint de dégâts causés par les Locustaires. La plupart aiment, comme les autres Orthop- tères, les parties les plus chaudes d'un pays: cependant il y en a quelques espèces qui montent jusqu'à la limite supérieure des forêts. Ephippigera vitium Serv. Peu commune, vit ça et là dans les vignes, sur les genièvres, etc. Mâles et femelles possèdent des élytres raccourcies et des ailes bien rudimentaires; malgré ce désavantage, les deux sexes peuvent produire des sons assez forts. Orphania denticauda Chp. Dans les grands herbages touf- fus des Alpes, entre 1300-12000'", mais assez rare. M.Yersin l'a trouvée dans les environs de la Dent-de-Morcles. Odontura (Barhitistes Chp.) serricauda Fabr. Sur les ar- bres et les buissons près de Sierre et de Martigny, probable- ment aussi ailleurs. Assez rare. En juin et juillet. Odontura punctatissima Base. Plus commune que l'espèce précédente, dans les mêmes localités et aux mêmes époques. Je l'ai trouvée assez souvent sur les pins des collines à Sierre, sur les buissons de chênes et de noisetiers à Martigny. Phaneroptera falcata Scop. Une Locustaire des plus gra- cieuse, assez commune partout dans la plaine sur les Artemisia, — vo- ies chardons, dans les vignes et les buissons; je l'ai aussi trou- vée sur les terrasses près de Niouc, en août et septembre. Meconema varia Fahr. Le plus délicat de tous; ce joli insecte se rencontre le plus souvent sur les feuilles des noise- tiers; je ne l'ai jamais trouvé en nombre considérable. Conocephalus mandihularis Chp. Cette espèce est assez commune dans des endroits humides du Tessin, et se ren- contre aussi dans des localités analogues des lacs de Zurich et de Genève; je ne serais pas étonné qu'on la tr'ouvàt un jour dans les terrains marécageux de Bouveret; mais elle n'a pas encore été vue en Valais. Xiphidium fuscum Fahr. Très commun dans les terrains humides, se tenant contre les tiges des roseaux, Juncacées, Gy- péracées et autres plantes aquatiques. Locusta viridissima L. Gommune partout, sur les arbres et arbustes ; on entend sa stridulation pendant tout l'été, et tous les cris-cris qui continuent le soir après le coucher du soleil proviennent de cette espèce. Les cigales, les acridiens et les grillons champêtres ne chantent qu'au grand soleil. Locusta cantans Charp. Se trouve plus rarement, et plu- tôt dans les montagnes, à une hauteur de 1000 à 1500 mètres. A Miez, au-dessus de Vouvry, j'en rencontrai une fois des cen- taines sur les haies vivantes et les barrières sèches le long du sentier; les pentes venaient d'être fauchées. A un autre en- droit, j'en trouvai des douzaines dans un petit champ de pom- mes de terre, à peu près à la hauteur de Vissoie, dans le \'al d'Anniviers. Pterolepis cinereus Zett. Pas rare sur les buissons à la li- sière de la forêt, ordinairement par paires. Le mâle se distin- gue par un son assez faible « tsig-tsig », prononcé à intervalles plutôt longs que courts. Pterolepis alpinus Vers. Annales de la Société entomolo- gique de France, 1858. Sér. III. Tome VI, p. 111, pi. 4, fig. I. Yersin a découvert cette espèce à la Dent-de-Morcles, sous la région des rhododendrons (Alpes d'Enhaut). Il est probable - 80 - que cet orthoptère se rencontrera aussi dans les montagnes voisines du Valais. Platycleis grise as Fabr. Voilà encore une espèce extrê- mement répandue et commune, depuis la plaine jusque dans les Alpes, sans pourtant dépasser la région des forêts. Platycleis hrevipennis Charp. Beaucoup plus rare que la précédente, cherchant de préférence des endroits moins secs; elle se trouve en sociétés peu nombreuses dans les prairies de la plaine et des Alpes, sans dépasser la région boisée. Platycleis hicolor Phil. Comme la précédente, mais pré- férant des gazons plus secs. Platycleis brachypterus L. Encore une espèce qui aime à vivre en sociétés et dans les beaux gazons des Alpes, entre 1000 et 2000 mètres. Platycleis Saiissurianus Fr. (Mitlheilungen der schweiz. entomol. Ges. Vol. IV, p. 8, tab. 1, fig. 1.) Partout dans les Alpes, entre 1500 et 2500 mètres: elle affectionne plutôt les endroits arrosés par un filet d'eau que les gazons secs. Je l'ai d'abord découverte en descendant depuis Luc par les moulins à Missions (Val d'An ni viers) ; mais, depuis lors, j'en ai ren- contré dans les vallées d'Entremont et de Bagnes, sur les pen- tes de la Dent-de-Nendaz, au Simplon, à la Furka, à l'Eggisch- horn, etc. Decticus verrucivorus L. Grande et grosse espèce, vivant dans les gazons secs ou humides sans distinction ; depuis le Bas-Valais jusqu'à la Furka, et des profondeurs des vallées jusqu'à bien au-dessus de la région des forêts. On distingue des nuances vertes, qui sont les plus communes, et des bru- nes. Les élytres et les ailes sont ordinairement courtes, ne dé- passant guère le corps; les individus amplement ailés sont assez rares, ce qui est le cas aussi avec les autres espèces de ce genre, excepté la première, dont les ailes sont toujours par- faitement développées. — 81 — Fam. Acridiens (Acridiodea). Ces orthoptères, appelés aussi criquets, ne montent pas sur les arbres; au contraire, on les trouve toujours dans les gazons par terre et en grandes sociétés. Ce sont eux. qui sont connus comme grands ravageurs des cultures. Leurs antennes sont filiformes, plus courtes que le corps; chez les femelles, il n'y a pas d'oviscapte visible en forme de lame ; les mâles font leur nmsique comme celle des instruments à cordes; ils frot- tent leurs jambes contre une série de nervures parallèlles et plus fortes placées dans un certain champ de leurs élytres. Ceux qui possèdent relativement les plus longues nervures sont aussi ceux dont le cri est le plus fort. Arcyoptera variegata Sulz. Voilà déjà un musicien à voix perçante. Il est assez commun dans les pâturages des monta- gnes jusqu'à une hauteur de 2000 à 3000 mètres, dans toute l'étendue du canton. Les femelles sont beaucoup plus grandes, leurs ailes sont courtes et sont impropresau vol, tandis que les mâles sont plus favorisés sous ce rapport et volent avec faci- lité. Stenohothrus (Gotnphocerus Chp.) sibiricus L. Un vérf- table habitant des hautes Alpes, au-dessus de la région des bois. Les Gomphocerus ont les antennes filiformes avec un ren- flement terminal comme les papillons diurnes. Les tibias anté- rieurs des mâles sont considérablement renflés, caractère qui ne se trouve chez aucune autre espèce des orthoptères suisses. MM. C. Rossetet L. Joris m'en ont envoyé des quantités du St- Bernard et du Simplon, et j'en ai récolté encore dans plusieurs endroits des montagnes du Valais. Stenohothrus rufus L. (Gomphocerus). Partout, mais pas si nombreux que St. higuttulus. On le trouve depuis le fond des vallées jusqu'au-dessus des bois des montagnes. Stenohothrus higuttulus Pz. (Gomphocerus), Habite de préférence les gazons courts et secs dans le fond de la vallée; je l'ai trouvé à Martigny (Tour de la Bâthiaz). à Sion, sur le Tourbillon, et dans les environs de Sierre. 6 — 82 — Stenobothrua biguttalus L. Sous le nom de (Chorthippus) variahilis, Fieber réunit les anciennes espèces biguttulus L., arvalis Burni., bicolor Chp., fiaxu^scens Gm., mollis Chp., qu'il regarde, soit couinie s\nonynies, soit comme variétés d'une seule espèce, et il distingue et décrit encore d'autres va- riétés, surtout d'après les couleurs. On reconnaît tout de suite les mâles à la longue villosité laineuse qui couvre la poitrine et les pattes antérieures, et il est vraiment difficile, pour ne pas dire impossible, de trouver des caractères pour la sépara- tion de ces formes en plusieurs espèces. Yersin croyait avoir trouvé des différences dans le chant et soutenait l'existence des trois espèces : biguttalus, arvalis et mollis. Pour adirmer l'une ou l'autre opinion, il faudrait avoir le temps d'étudier ces insectes en plein air, de les observer dans leurs mœurs et dans leur accouplement, ce (|ui exige beaucoup de temps libre, et il n'> a que peu d'hommes qui puissent en disposer. Cette espèce est la plus couunune et la plus répandue de toutes; elle diminue en nombre en montant dans les hautes Alpes, où une autre espèce la remplace en sens inverse relati- vement à la distribution verticale. Stenobothrus vagans Fieb. Cette petite espèce semble être assez rare au Valais: je ne l'ai rencontrée que sur quelques terrasses de la colline du château de Schinner (Goubin), près Sierre. Stenobothrus hœmorrhoïdalis Chp. Ce joli petit acridien est fréquent en septembre sur la colline de Tourbillon, à Sion, et dans des localités analogues. On distingue aussi chez cette espèce deux couleurs, brune et verte, vivant ensemble dans les mêmes endroits. Steaebothrus apricarlus L. Espèce très localisée et rare en Suisse. M. Mejer-Dur l'a trouvée à Viège, et je l'ai rencon- trée sur l'Eggischhorn. Stenobothrus morio Fabr. (inelanopterus De Br.). Com- mune sur les pentes bien exposées au soleil; le mâle est un chanteur de premier ordre. On rencontre le plus grand nom- bre d'individus entre 1000 et 2000 nièti-es de hauteur. — 88 — Stenohothrus lineatus Panz. Un joli aciidicn vert, l'ouge et blanc, dont le mâle fait aussi beaucoup de bruit, mais avec moins de force que le précédent, Il est encore plus répandu que celui-ci et sur des terrains analogues. Steuobothrus viridulus L. et » rafipes Zett. (Zetterstedti Fieb.). Deux es- pèces bien communes dans toute l'étendue du canton, la pre- mière surtout dans les montagnes depuis 1500 mètres et au- dessus, la seconde plus répandue dans la vallée; mais souvent on rencontre des ruflpes en compagnie du viridulus. Les m;iles se distinguent facilement j)ar la couleur de leur abdo- men, dont la partie postérieure et supérieure est rouge-cina- l>re chez les rufipes et verdàtre chez le viridulus. Les femelles sont presque identiques. Stenobothrus dorsatus Zett. Dans les terrains humides, souvent en grand nombre. Stenobothrus pratorum Fieb., avec sa variété : montnnus Fieb. Espèce extrêmement commune partout, surtout dans les pâturages des Al[)es; c'est cette espèce qui rivalise en nombre d'individus avec le St. biguttulus., le remplaçant presque complètement dans les hautes Alpes, et lui cédant le terrain peu à peu vers les parties inférieures et plus sèches des val- lées. Stenobothrus (Chri/sochraon Fisch.) dispar. Heyer. Assez rare; dans les prairies humides avec St. dorsatus Zett. Stenobothrus (Chrysochraon Fisch.) brachypterus Oczk, (Oczkagi Fieb.). Commun dans les pâturages à gazon sec et court de toute la région boisée. Mecostethus parapleurus Hagb. et » grossus L. Encore deux espèces dont la pre- mière habite les plaines, l'autre les Alpes; mais toutes deux les parties marécageuses ou du moins fort humides. Nombreux dans ces localités. Aiolopus thalassinus Fabr. Pas rare, mais singulièrement distribué par petites familles. En partie dans les terrains sa- blonneux des alluvioiis du Rhône, d'autres dans les vignes ou — 84 — les gazons courts. Les colonies de la variété : tergestinus Muhif., à tibias uniformément pâles, sont plus rares; j'en ai trouvé clans l'alluvion à Viège et à Sierre. Caloptenus italicus L. Jolie espèce à ailes roses, répandue dans tout le canton, sur toutes les pentes sèches et bien expo- sées au soleil, jusqu'à une hauteur de 1000-1^00 mètres. Podisma alpina Koll. Cette espèce commence à paraître à une hauteur de ICXK) mètres environ. C'est celle des orthop- tères qui pénètre le plus avant dans les forêts. On la trouve toujours en grandes sociétés. Podisma pedestris L., à tibias bleuâtres, et » frigida Boh.., à tibias rouges, sont deux, espèces à élytres rudimentaires, qui ne se trouvent que dans les pâtu- rages des hautes Alpes, au-dessus de la région des forêts ; mais elles sont répandues et nombreuses sur toute l'étendue des montagnes au sud et au nord du Valais. Pachyiylus cinerascens Fieh. Nous voilà enfin arrivés à notre migratoire. C'est le plus robuste acridien du Valais, ha- bitant permanent des alluvions sablonneuses du Khône: je l'ai rencontré en grand nombre à Viège, à Sierre et entre le pont de Chessel et Villeneuve. On trouve des variétés de couleurs, depuis le brun-foncé, presque noir, jusqu'au brun^clair et à un vert-mousse magnifique. J'ai déjà mentionné plus haut quel- ques particularités de ses mœurs. On peut lire des observations développées sur ce sujet dans le cahier de novembre 1858 des archives des sciences de la Bibliothèque universelle ^ où M. Yersin a exposé ses expériences concernant une des migra- tions. A cette époque, on ne savait pas encore que l'orthoptère en question n'est pas le véritable Pachytylus migratorius F'isch., comme il est nommé par l'auteur de l'article — Une petite note sur les migrations de 1858 et 1875 se trouve dans mon travail sur les orthoptères d'Argovie, publié dans les communications de la Société d'histoire naturelle de ce can- ton (1880. Cah. II, pag. 11), et j'ai sous les yeux une troisième note publiée par mon collègue. M. Albert Muller, sur l'arrivée de la sauterelle migratoire au bord du lac de Bienne, dans les - 85 — annales do la Société helvétique des sciences naturelles, à An- dermatt, 1875 (^Luzern 1876), paj^. 188-190. Il m'est impossible de réunir tout ce qui a été publié dans les journaux suisses sur le pacliytylus et ses migrations. Enfin, je crois que, pour la connaissance des mcBurs de notre orthoptère redouté, le meil- leur est d'avoir recours à la brochure de M. Yersin, Psophus stridulus L. Assez répandu dans les pâturages secs et sur les pentes à gazons courts. Comme chez le précé- dent et les suivants, on n'entend pas de stridulation; la ner- vure des élytres ne présente pas ces cordes et intervalles pro- noncés, mais le mâle de cette espèce produit en volant, à l'aide du battement de ses ailes, un bruit analogue à celui d'une cré- celle, et ce bruit dure pendant tout le temps de son vol. Les femelles sont grosses, à ailes peu développées; elles sautent lourdement entre les herbes Comme des crapauds. Les ailes postérieures sont rouges, avec l'extrémité noire. Œdipoda (Œdalens Fieh.) nigrofnsciata Latr. Une ma- gnifique espèce, répandue partout dans le bassin de la Médi- terranée, qui se trouve abondanmienl dans les gazons courts de la colline de la tour de la Bàthiaz, près de Martigny, et sur les collines autour de Sion et de Sierre. Elle varie pour les couleurs du corps comme la migratoire. Les ailes postérieures sont jaunâtres, avec une bande noire qui en sépare le dernier tiers. Œdipoda (Ctyjiohippus Fieh.) cœrulescens L. Acridien à ailes bleues, avec la bande noire placée aux deux tiers de la longueur des ailes. Commune partout, et à toutes les hauteurs. Œdipoda {CtyiKjliippus Fieh.) germanica Fabr, (Fahricii Fieh.). Moins commun que le précédent, et ne s'élevant pas si haut dans les montagnes; il se tient sur les pentes arides bien exposées au soleil. Espèce absolument semblal)le en grandeur et sculpture à la cœrulescens L., mais à ailes postérieures rouges au lieu de bleues. Certains auteurs réunissent ces deux espèces en une seule, et non sans raison; je serais presque tenté d'être du même avis, car j'ai dans ma collection deux individus des environs - 86 - de Sierre, dont les ailes postérieures montrent les deux cou- leurs rouge et bleue à côté l'une de l'autre. Œdipoda (Sphingonotus Fieb.) cœrulans L. Jolie espèce d'un gris tendre, à ailes postérieures bleu-clair, uni et sans bandes. Répandue aussi bien sur les pentes arides et rocheu- ses que dans les sables chauds des alluvions. Depuis Viège jus- qu'à l'embouchure du Rhône. Très commune, entre autres à Tourbillon, à Sierre, à Martigny et dans ses environs. TetrLv hipunctata L. Partout. iusf|u'à une hauteur de 2000 mètres: nulle part en sociétés, mais distribué par tout le pays sans distinction de terrain Tetrix suhulata Fabr. Moins con)nRme, mais dans les mêmes localités que la précédente. Ces deux espèces varient énormément dans la distribution de leurs couleurs eris. brun et noir. Fieber cite et décrit vinat et une variétés de la bipunctata et quinze de la subulata. Voilà enfin la liste terminée ; elle contient soixante-neuf es- pèces, dont l'existence en Valais a été observée et constatée, et trois dont on peut dire qu'il est problable qu'elles s'y trouvent aussi ; mais le Valais est si étendu, le nombre de ses vallées et de ses Alpes si considérable, et, de plus, certaines espèces d'or- thoptères sont tellement localisées, que je ne serais pas étonné qu'on trouvât un jour, dans des endroits non encore explorés de cette contrée, des espèces rares ou nouvelles à ajouter à celles qui font l'objet de ce petit travail. — 8^ Tel ou tel insecte est-il nuisible ou utile? On m'a souvent posé celte question. Or, il est fort difficile d'y répondre catégoriquement. En efïét, il y a des espèces qui sont généralement considérées comme utiles, parce qu'elles se nourrissent de mauvaises her- bes; mais quand la culture détruit ces végétaux et leur subs- titue des blés, des betteraves, des légumes, des vignes, etc., voici ce qui se passe dans le monde des insectes. Les espèces délicates, ne trouvant plus leur nourriture habituelle, péris- sent ; les espèces tenaces, par contre, s'accommodent fort bien des })lantes des cultures et deviennent d'autant plus ravageuses que les plantes cultivées leur fournissent une nourriture suc- culente et abondante. Alors, d'insectes utiles, elles deviennent insectes nuisibles. Par exemple, le Vanessa Cardui est ordi- nairement fort inoOensif, tant à l'état de chenille qu'à celui de papillon, et se nourrit de chardons; mais, il y a deux ans, à la suite de l'invasion qui a eu lieu, ces papillons ont déposé leurs œufs sur les artichauts aux environs de Genève, et les horti- culteurs ont poussé de grands cris de malédiction contre ces malfaiteurs. En Autriche, les larves d'un coléoptère, Silpha opaca, se nourrissent habituellement de racines ' des marais ( » alpestris). Orite à longue queue ( » longicaudus). Pigeon ramier (Palumbus torquatus). — 35 — *Pigeon colombin (Palunibus renas). "Tourterelle vulgaire (Turtur auritus). Tétras lyre (Tétras tetrix). » urogalle ( » urogallus). Gelinotte des bois (Bonasa sylvestris). Lagopède muet (Lagopus mutus). Perdrix bartavelle (Caccabis grtecaV » rouge ( » rufa). Caille commune (Coturnix major). 'Bécasse ordinaire (Scolopax rusticola). "^dicnème criard (J^dicnemus crepitaus). Héron cendré (Ârdea cinerea). » blongios ( » minuta). 'Butor étoile ( » stellaris). * Bihoreau d'Europe (Nycticorax euro[)ceus). 'Pluvier doré (Pluvialisapricarius). * Vanneau suisse (Vanellus helveticus). "Pluvier gravelot (Gharadius hiaticula). ' Vanneau huppé (Vanellus cristatus). Bécassine ordinaire (Gallinago major). Crexdes prés (Grex pratensis). Gallinule ordinaire (Gallinula chloropus). Râle d'eau (Ralus aquaticus). Canard sauvage (Anas boschas). » milouin ( » fera). Foulque noire ( Fulica atra). Grèbe castagneux (Podiceps miner). Plongeon lumme (Golymbus arcticus). Deux beaux exemplaires ont été capturés, l'un près du Bouveret, l'autre à Trois-Torrents. Toutes les espèces et varié- tés mentionnées ci-dessus et celles du lac se trouvent dans le musée de l'Abbaye de St-Maurice, où on peut les voir. Gliaiioine P. Besse, professeur. 26 Marbres antiques de Saillon. Dernièrement se sont réunis au Grand-Hôtel de Saxon-ies- Bains MM. les actionnaires de la Société anonyme des Car- rières de marbres antiques de Saillon. Cette société était présidée par M. Joseph Barman, docteur en droit, ancien mi- nistre de Suisse à Paris; elle a pour directeur M. Otto Ossent, ingénieur technique, et pour directeur commercial, M. Emile Krug, résidant à Saxon. Ses banquiers sont: à Bàle, MM. Veil- lard et C®, d'Aigle; à Saxon, M. Joseph Fama. Dès les cinq heures, le 5 juillet, MM. les actionnaires, au nombre de 20 environ, se sont rendus en voiture aux Carriè- res, en traversant le Rhône sur le pont dit « de Saillon. » Celte distance est franchie en moins de demi-heure. Quand je dis carrières, je veux parler de l'usine établie récemment au pied de la montagne, dans un bas-fond marécageux et tète de ligne du càble-chemin de fer aboutissant aux Carrières. Elles sont situées à 930 mètres d'altitude et 460 mètres au-dessus de la plaine du Rhône. Ce n'est guère que depuis le mois de mars que l'usine fonctionne. Pour l'isoler des eaux stagnantes, on a dû considérablement exhausser le sol ; elle est néanmoins soli- dement construite. On y remarque quatre scieries à cadre, deux refendeuses, deux polisseuses, un tour de forte dimension, le tout mis niécaniquementen mouvement par un arbre-essieu, longeant l'usine de part en part avec transmissions nécessaires, par le moyen d'une machine à vapeur très perfectionnée, de la force de vingt-cinq chevaux, et par une turbine, mise en mou- vement par les eaux intermittentes de la Sarvaz, nom d'une source merveilleuse sortant à gros bouillons du pied de la montagne, à 200 mètres environ en amont et vis-à-vis de l'u- — 27 — sine ; les eaux de celle source, captées à grands frais, Cornient une chule artificielle de 5 mètres, donnant 1000 litres par se- conde, et pouvant produire la force de 50 chevaux. Ces deux moteurs sont placés aux deux extrémités de l'u- sine et se suppléeront mutuellement, selon les circonstances et les nécessités du moment, puisque, comme nous l'avons dit, la Sarvaz est intermittente. On sait que les difficultés multiples, réputées insurmonta- bles, que présentait la descente des blocs, ont été longtemps un des principaux obstacles à l'exploitation régulière des car- rières de marbre de Saillon par leurs anciens propriétaires; mais ces difficultés sont aujourd'hui vaincues, grâce à rintelli- gence, au savoir et à la hardiesse audacieuse, on peut bien le dire, de M. Otto Ossenl, ingénieur delà compagnie. Un chemin de fer de 1000 mètres de longueur, de 80 centimètres de lar- geur, dont les pentes varient de 32 à 80 %, à voie unique, avec croisement au milieu, permet de descendre en moins d'une heure de temps des blocs de 8 à 10,000 kil. ; la résis- tance absolue du cable en fil d'acier étant de plus de 50 tonnes et permettant aux wagons chargés de remonter les wagons vides. Spectacle merveilleux! Si le moindre dérangement survient pendant la marche d'un convoi, il est arrêté instantanément par le moyen de freins puissants et reste conjme suspendu dans l'espace. Une autre difficulté, d'un caractère encore plus dangereux, c'est le mode actuel de transport de blocs aussi considérables depuis l'usine à la gare de Saxon, éloignée de 3/4 de lieue; à moitié distance entre ces deux points, on franchit le Rhône sur un vieux pont en bois, établi sur pilotis, et dont les plateaux vacillent un à un sous les pieds des chevaux. C'est un vrai miracle qu'il ne se soit encore produit aucun accident. Pour les prévenir, l'assemblée générale de MM. les actionnaires a voté, sur la proposition de la direction, le 5 juillet, une somme de i200,000 fr., à l'unanimité, m'a-t-on dit, pour construire un — 28 — chemin de fer avec pont sur le fleuve, destiné exclusivement aux divers services des carrières. C'est faire grandement les choses! Honneur et succès aux bailleurs de fonds. Le nombre des ouvriers employés à la carrière varie de 40 à 50, ceux de l'usine de 20 à !2o. Sous le rapport géologique, le gisement des marbres divers de Saillon est une curiosité géologique des plus remarquables. Pour l'architecture profane, mais surtout pour l'architecture religieuse, les marbres de Saillon sont une découverte pré- cieuse et une ressource de la plus haute importance, car, grâce à elle, "on peut, sans crainte de se tromper, affirmer que pas une cathédrale, pas un seul palais, voire même pas une seule église de village, ne s'élèvera désormais sans recourir à ce tré- sor caché par le Créateur dans les entrailles de la montagne de Saillon. Ce sera surtout la Suisse qui bénéficiera la première de cette riche trouvaille : on reproche volontiers aux Suisses de bâtir leurs demeures avec trop de luxe, de consacrer de trop fortes sommes à élever leurs monuments publics, et au clergé et à nos braves et religieuses populations d'orner trop somptueusement leurs églises et leurs temples. Que dira-t-on lorsqu'on verra à l'avenir dans nos nouvelles églises des autels gothiques en cipolin, des colonnades torses en turquin, des ta- bles de communion à jour en vert de Saillon resplendir dans tout leur éclat. Quelle admiration encore quand, pour honorer la mémoire de nos grands hommes ou les vertus modestes de nos parents et amis, nos cimetières se couvriront de mar- bres valaisans rivalisant, surpassant même en monuments funèbres les cimetières les plus richement dotés? Car c'est là le côté distinctif des marbres antiques de Saillon, que leur beauté, leur variété, leur finesse et leur ténacité sont un vrai trésor pour l'art décoratif. Pour moi qui ai eu l'inappréciable bonheur de visiter Rome et d'en admirer avec plaisir les richesses artistiques, je n'ai vu que dans la basilique de Saint-Pierre et Saint-Paul, hors des murs, des marbres qui puissent être comparés avec les merveilles marmoréennes de Saillon. Qu'on en juge plutôt par la nomenclature qui en a été - 29 - faite dans le rapport officiel de la commission chargée de l'exa- men des marbres de Saillon, lors de l'exposilion universelle de Paris en 1878, commission présidée par M. F. Flamant, de la 6e section, et par le célèbre feu M. E. Viollet-le-Duc, président de la Société des architectes. Voici un extrait de ce rapport. Première couche : Vert moderne. Ce banc, très compact, d'une teinte très régulière, a jusqu'à 2 m. SO d'épaisseui' ; la dimension des blocs n'est limitée que par les moyens de transport. Deuxième couche : Cipolin grand antique. Au-dessus du banc vert moderne, et sans intermédiaire, se trouve le cipolin grand antique, épaisseur de i mètre environ. Ce banc, dont le fond est blanc ou ivoire clair, avec des veines gris-bleu foncé, vertes et violettes, de coloration très vive, sur- passe de beaucoup en beauté tous les cipolins de l'antiquité. Marbre plus riche n'existe pas ; à grain très fin, il est suscep- tible d'un très beau poli. En longueur et en largeur les dimen- sions ne sont pas limitées. Troisième couche : Cipolin ruhané. Ce cipolin forme le troisième banc des marbres reconnus utiles jusqu'à ce jour, d'une épaisseur moyenne de 1 m. 30. Il se distingue du précédent par un coloris plus sévère, fond jaune ivoire, avec veines d'un gris violet et vert foncé; taillé en colonnes, il est d'un efTet des plus somptueux. Quatrième couche : Portor suisse ou Turquin de Saillon. Marbre gris-clair et foncé. Ces bancs qui se suivent sans intermédiaire sont composés d'un marbre gris, de nuances dif- férentes, uni ou veiné de blanc ou de jaune; ils forment un banc de trois mètres d'épaisseur très homogène, compacte et susceptible d'un très beau poli, qualité commune du reste à tous les marbres de Saillon. Première observation. — Il est à remarquer qu'entre les bancs de la deuxième et de la troisième couche (cipolin grand antique et cipoliti rubanné) il y a une couche d'un marbre noir très dense, et ensuite d'un marbre gris-jaunâtre, peu com- pact, dont l'épaisseur totale est d'environ 3 m. Yu leur état fissuré, ils n'ont pu être utilisés. Deuxième observation. — Au-dessus du cipolin rubanné, il existe une couche d'épaisseur variable d'un marbre blanc à grain très fin, très dense, très laiteux et très homogène; mais, malheureusement très fissuré aussi. 11 est plus pur que le sta- tuaire de Carrare; comme il est d'une extrême finesse, on es- père l'utiliser comme pierre lithographique. Cette couche me- sure 1 m. 60. Troisième observation. — Une autre couche intermédiaire forme le jaune, veiné de 1 m, 80 d'épaisseur. C'est un marbre à fond jaunâtre, veiné d'un gris violet, d'un très beau dessin, mais également fissuré et ne produisant pas des blocs d'assez forte dimension pour pouvoir être mis à profit. 11 forme la transition entre les bancs inférieurs et les couches de marbres gris du gisement supérieur. Par cet exposé succinct, le lecteur se fera facilement une idée de l'importance et de l'avenir prospère de la nouvelle indus- trie qui vient de surgir en Valais, ayant pour protecteurs et pour appuis des hommes courageux, rompus aux affaires et décidés aux plus grands sacrifices pour la mener à bien. Quand on a déjà exposé un demi-million pour les premières étu- des et l'outillage rigoureusement nécessaire et qu'on peut compter sur la réserve, on ne peut qu'admirer ces hommes de dévouement et faire des vœux pour que leur œuvre soit cou- ronnée d'un plein succès. Espérons que l'immense paroi de rochers abrupts qui domine au couchant la vieille tour de Saillon et qui contient dans ses flancs tant de richesses et d'es. pérances, ne disparaîtra pas comme tant d'autres filons du Va- lais, dont les bouleversements géologiques font le désespoir des minéralogistes. Nos vœux les plus sincères pour qu'il n'en soit pas ainsi des carrières de Saillon et qu'elles soient inépuisables, comme le — 31 - courage qui les exploite, comme la fortune qui les protège, les talents qui les dirigent, et la charité qui les inspire et les fera bénir. Le signataire de ces lignes est heureux de faire connaî- tre publiquement le magnifique don qu'il a reçu dernièrement de la 1 Société des marbres antiques de Saillon, » consistant en une croix monumentale de 2 m. i^5 de haut, en cipolin ru- banné.^ et de 15 cm. de diamètre, forme cylindrique, supportant un Christ de deux tiers de grandeur naturelle, placés aujour- d'hui l'un et l'autre sur le maître-autel de l'église du B. Nicolas de Flue, d'Aigle, dont ils sont le plus bel ornement. Que MM. les actionnaires, les membres de l'adminislralion et en pai-liculier les deux membres de la direction, MM. Ossent et Krua;, recoi- vent l'assurance des sentiments religieusement reconnaissants pour l'accueil si gracieusement empressé fait à sa supplique en laveur de l'église dédiée à Aigle à l'illustre pacificateur de la patrie suisse il y a 400 ans, dont l'anniversaire séculaire va se célébrer prochainement à Fri bourg. Aigle, le 16 juillet 1881. Leur très obligé serviteur, Chanoine Beck, desservant. — 39 — Dianthiis Wolîii S. Vetler. Iniuitlius Armeria x superlms. Pendant l'été 1879, mon fils, C, Vetter, pasteur à Yvonand, m'apporta une plante d'oeillet qu'il avait trouvée dans les clai- rières aux environs des Croisettes, au-dessus de Lausanne, qu'il regardait comme un hybride de Dianthus superbus. La seule fleur qui se trouvait encore sur cette plante était déjà trop gâtée pour pouvoir en dire quelque chose: c'est pourquoi je m'empressai de planter la précieuse trouvaille dans mon jar- din. L'année suivante, 1880, je me trouvais en voyage pendant la floraison de cet œillet. Cependant un échantillon, séché par ma femme, me montra clairement que c'était bien une plante h\ bride de Dianthus superbus. Quant à l'autre parent, j'hési- tais encore; mais un examen fait en commun avec MM. Bur- nat et Gremli nous donna comme résultat que ce devait être le Dianthus armeria. D'ailleurs dans la localité des Croisettes, on ne pourrait guère trouver d'autres Dianthus que D. super- bus, qui est en grande quantité, et D. Armeria. Pendant l'été 1880, la plante s'était tellement développée dans mon jardin d'Aubonne, que, lors de mon déménagement à Yvonand, je pouvais la diviser en 15 plantes. C'est de ces 15 plantes dis- posées en bordure que proviennent les échantillons distribués aujourd'hui. Dès le printemps de cette année, la bordure pro- mettait une floraison extra-riche; et en efTet, au commence- ment de juillet, elle présentait, sur une longueur de 4 mètres environ, et d'un mètre de largeur, une surface demi-cylindri- que de fleurs splendides qui embaumaient tout le jardin. C'est sur une plante vivante de cette bordure que j'ai fait la des- cription qui suit. Sans doute, il se peut que d'autres hybrides de ces deux mêmes espèces présentent des caractères diffé- — 33 — rents; cependant, je n'ai pas jugé tout à fait inutile de donner une description de la plante, telle qu'elle a été découverte par mon fils. Diagnose : Souche vivace, assez forte^ émettant ordinai- rement une tige centrale dressée et ramifiée sur toute sa longueur^ et en outre des tiges latérales ascendantes, ra- mifiées dans leur tiers supérieur. Hauteur moyeyine de la 'plante : 60 à 80 centimètres. Panicule coryynhiforine, très fournie. Fleurs solitaires ou gétninées à l'extrémité des rameaux sur des pédoncules courts. Ecailles calyci- nales ovales, brusquement atténuées en longue arête her- bacée qui atteint la moitié du tube calycinal. Tube calyci- nal grêle, cylindrique., finement strié, terminé par des dents lancéolées et longuement subulées. Fleurs d'abord rose-pâle., puis de plus en plus rose foncé, très odorantes, de la grandeur de celles du D. Cfesius. Pétales non conti- gus, barbus à la base du limde, fendus dans leur tiers an- térieur en lanières linéaires, entières ou bifides. Anthères oblongues. Capsules grêles, cylindriques, s'ouvrant ordi- nairement pendant qu'elles sont encore vertes, renfermant j)eu ou point de graines développées. Feuilles à 3, à 5 ner. vures, linéaires-lancéolées, planes, légèrement sillonnées à la nervure principale , longues de 6 à 8 cent., et, au mi- lieu, larges de 1 cent.., rudes sur les bords. On a signalé d'autres Dianthus hybrides, mais celui-ci n'a pas encore été trouvé, que je sache, et je le nomme, en l'hon- neur de mon cher et savant ami, président de notre Société, M. le professeur Wolf, à Sion : Dianthus Wolfii. .1. Vetter. Note de la Rédaction : Il a été constaté plus tard, par MM. Burnat, Gremli et Vetter, que la plante ci-dessus décrite est le Dianthus Courtoisii Rchb., c'est-à-dire un Dianthus^ barba- tus X superbus. (Conf. Rchb. fl. germ. excurs. p. 806). — 34 Noies sur quelques plantes rares du Valais. Bràba ynuralis L. que MM. Gaudin et Murith indiquent au pied du mont d'Ottan « ad clivum arduum vice qua pagulus seu suburbium la Batiaz intratur impendentem , monti Ottan et colli les Marques contiguuni » pourrait y avoir disparu ou être l'objet d'un lapsus calami^ comme indication, car les docteurs Dupin et Fauconnet, de Genève, ont décou- vert, il y a plus de vingt ans, cette plante rare pour la Suisse, près du village du Guercet, où elle se trouve en certaine abon. dance. Cette année, au moment où elle se trouvait en pleine floraison dans cette localité, j'ai été à plusieurs reprises la chercher dans la localité classique, mais en vain. Peut-être que Gaudin et Murith auraient dû dire : au pied du mont Che- min, au lieu du mont d'Ottan. Du reste, Bàle est la seule autre localité indiquée en Suisse pour cette plante. Calepina Corvini Desv., indiquée par Murith près du vil- lage de Branson, s'y trouve réellement et en bonne quantité. Je doute fort qu'elle se trouve à Saint-Maurice. Elle est moins erratique qu'on le dit, car à FuUy elle se maintient d'une ma- nière constante dans une prairie, sous le village de la Colom- bière. Qu'elle soit plus ou moins erratique dans les champs et vignes de Branson, cela se comprend, vu que nos laboureurs arrachent cette plante de leurs cultures comme toute autre mauvaise herbe. Ailleurs, en Suisse, elle n'a encore été trou- vée qu'à la Leopoldshohe, près de Bàle. Trigonella monspeliaca L., indiquée par Murith à Fully, se trouve en quantité au bord de la route, entre le pont du Rhône et le village de Branson. On la rencontre encore çà et là vei's le village de la Coloml)ière et près de Sion. Plante endé- mique pour le Valais. - 35 - Lathyrus sphœricus Retz., que Lagger indique à Branson, et Gaudin en Valais, n'est pas rare sur les pelouses incultes et rocheuses des vignes des Folleterres, entre le pont du Rhône et le village de Branson. Je l'y ai récoltée cette année en bonne quantité. Nos auteurs ne l'indiquent ailleurs en Suisse que près de Genève. Oalium pedemontanum Ail., que Murith et Venetz indi- quent au-dessus du village de Branson, se trouve aussi dans les mêmes localités que le Lathyrus sphœricus et le Calepina Corvini L. Il n'est pas commun sous la Colombière. Il est in- diqué aussi au Tessin. Poa dura Scop. se trouve en abondance dans plusieurs lo- calités de Fully (Colombière, Fory), à Leytron, Saillon, Rid- des, Saint-Pierre, Ardon, Sion, etc. ; mais pas ailleurs en Suisse. Sisymhrium pannonicum Jacq., indiqué à Iserabloz, se trouve toujours en abondance dans cette station; je l'ai récolté cette année en outre sur Mazembroz. Ranunculus Rionii Lagger. Détruit dans la localité clas- sique près de Sion, par suite du dessèchement de l'étang où il végétait luxurieusement, se trouve en masse entre le village du Guercet et celui de Charrat. Chanoine E. Favre, secrétaire. - 36 — NOTICE HISTORIQUE sur les petits poissons du lac du Grand-SaM-Bernard. Quelle est l'origine des petits poissons du lac du Grand-Saint- Bernard? Voici les quelques renseignements que je puis don- ner à ce sujet, après avoir frappé à toutes les portes. En premier lieu, me dit feu le chanoine Dorsaz, ancien pro- cureur général de la maison du Saint-Bernard, on y a apporté de Martigny, vers l'année 1817, un mauvais poisson du petit Hhàne, meunier, tanche ou carpe. Cette année-là tout alla pour le mieux, mais l'année suivante déjà ce poisson avait disparu. Comme on avait pris en hiver quelques individus congelés avec la glace, et qu'ils avaient repris vie au dégel, on se di- sait : ce poisson réussira sur le mont Jou, Mais en cela on s'é- tait trompé. En 1820, on en apporta du lac de Champey (meunier?). Le succès ne fut pas meilleur. Enfin, deux ans plus tard, donc vers 182i!, un paysan de la vallée d'Aoste eut la bonne idée de nous en apporter d'un lac qui se trouve du côté du Petit-Saint-Bernard. Est-ce sur terri- toire savoisien ou aostain? C'est ce que j'ignore, vu que je n'ai pu obtenir ni l'indication du lieu, ni le nom du lac d'où ils provenaient. Le fait est qu'ils étaient gros comme de petits lézards, et que c'est précisément de cette dernière espèce que descend le poisson que nous voyons dans le lac du Grand- Saint-Bernard, et qui est excellent à manger. Quelques années plus tard, probablement en 1827, nous y avons apporté quatre truites prises dans une nasse à Ceresay, sous le village de Saint-Rémi (Aoste). On en a revu une seule l'aunée suivante, près de l'issue du lac, puis elle a aussi dis- paru. Comme la truite aime les eaux courantes, il est probable — 37 — qu'elle est redescendue par le couloir pour re2;